Terres Karens au plus grand triathlon du monde le 6 août !

— Petit mot de Florian après sa première course pour Terres Karens —

« Aujourd’hui petit topo sur un des projets du moment dont vous avez forcément entendu parler si vous nous suivez : la campagne de dons pour la création d’une nouvelle coopérative de tisserandes dans le village de Ponouaypou !

Pour le contexte, je suis ancien volontaire MEP parti en 2013-2014 pour suivre les projets de Terres Karens dans le village de Mae Wei Clo, lieu de la première coopérative de tisserandes et d’un des ateliers de couture de l’asso, situé au cœur des montagnes karens. Il se trouve aussi que je suis passionné de sport et que j’ai voulu relever le défi de participer à mon premier semi-IronMan cette année (un triathlon longue distance si vous n’en avez jamais entendu parler !), ainsi qu’à un triathlon distance Olympique plus tard dans l’été, le tout en portant les couleurs de l’association.

Terres Karens, qui se démène chaque jour avec les MEP pour développer, soutenir et mettre en avant des projets qui valorise le savoir-faire des Karens et leur permettre d’en vivre, a ce nouveau projet à Ponouaypou en tête depuis un moment et nous nous sommes donc dit que ces deux courses pourraient être l’occasion de donner un petit coup de boost au lancement !

Je vous fais donc ici un petit bilan à mi-chemin : le premier triathlon a eu lieu la semaine dernière et c’est très bien déroulé. La Moselle où nous devions nager était malheureusement inondée et les 2km de natation ont donc été remplacés par 5km de course à pieds : pas de chance, ce ne sera pas un « vrai » triathlon mais ça fait d’autant plus mal aux jambes et des kilomètres en plus ! Sur le vélo, le temps était capricieux, avec des grosses averses de grêle ce qui motive pour terminer les 90km en moins de 3h… Le semi-marathon final, pas mal redouté car la fatigue s’accumule et les jambes sont lourdes après le vélo, s’est bien déroulé sous un temps enfin clément : j’avais encore de la ressource pour doubler tous ceux qui avaient trop forcé sur le vélo ! Je fais le malin mais vous pouvez voir sur les photos avant et après la course (avec le t-shirt TK bien évidemment) qui montrent qu’il ne restait pas trop de ressources à la fin quand même…

Le 6 août ce sera direction Londres pour le plus grand triathlon au monde avec plus de 10,000 participants. Cette fois-ci ce sera un olympique (1.5km de natation, 40km de vélo, 10km de course), donc plus court mais aussi plus intense. Cela vous laisse le temps de faire un don sur la page HelloAsso du projet, ou bien de la partager avec vos amis et famille si vous nous avez déjà soutenus, pendant que moi je retourne m’entraîner pour continuer à porter fièrement les couleurs Karens !

« Tableu dodo » et à bientôt « 

Florian

Terres Karens se met au sport ! #SwimBikeRun4Karens

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Terres Karens se met au sport cet été, tout ça pour vous encourager à nous soutenir : nous comptons sur vous pour suivre le mouvement !

Forte du succès de ses projets, l’association soutient aujourd’hui la création d’une nouvelle coopérative de tisserandes dans le village de Ponouaypou et nous avons besoin de vous pour la financer !

C’est pour participer à ce lancement que Florian, ancien volontaire Terres Karens dans le village de Mae Woei Clo, a décidé de participer à non pas un, mais bien deux triathlons cet été (les Karens donnent des ailes), comptant bien sûr sur vos dons en soutien à sa quête de courbatures !

Le premier aura lieu le 18 juin au Luxembourg : il s’agit d’un semi-Ironman, ce qui implique 1.9km de natation, 90km de vélo et 21km de course à pied.

Le deuxième aura lieu à Londres le 6 août et sera (seulement) un Olympique, soit 1.5km de natation, 40km de vélo et 10km de course.

Au total beaucoup d’efforts et près de 165km parcourus sur terre et dans l’eau !

Notre objectif est donc de lever environ €10 pour chacun de ces kilomètres : ça les vaut bien, non ?! Surtout pour financer un projet de développement viable et de long terme.

Vous souhaitez participer ? Rejoignez la campagne de dons sur HelloAsso !

Florian arborera les couleurs de Terres Karens et nous vous tiendrons informés en « live » au travers de notre blog et page Facebook : n’hésitez pas à nous suivre et à partager avec vos proches !

Les T-shirts sont déjà là, et les entraînements intensifs aussi !

 

Nouvelle vente TERRES KARENS – Samedi 11 juin, métro Sèvres-Babylone

Pour cet été, Terres Karens pense à vous ! Le soleil a du mal à s’installer ? Rien ne nous empêche de préparer l’été, avec des produits gorgés de soleil de Thaïlande.

Venez découvrir les nombreux produits tissés par les femmes Karens du village de Mae Woei Clo : pochettes, housses de coussins, poufs, sacs week-end, sacs plage, cartables, sacs à main, foutahs, écharpes, housses d’ordinateur, etc. le SAMEDI 11 JUIN de 10h à 19h au 124 rue du Bac, métro Sèvres-Babylone.

> Découvrez les collections Terres Karens et SWAÏ

Pour plus d’infos, rejoignez l’Event !

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Va et vient au fil du tissage et de la vie.

— par Thaïs & Clément, volontaire MEP pour Terres Karens à Maesot –

Faire son sac, partir, être accueillis, rencontrer des gens, vivre, rire, remercier, rentrer, défaire son sac, faire la lessive, être à deux, puis refaire son sac et repartir…

Telle est notre vie de ces dernières semaines avec 5 voyages et 70h de transport en bus, songtéo, motos, benne de pickup, tuktuk… ! Voilà un petit récapitulatif qui vous fera sans doute bien voyager ! Photos en fin d’article !

Après un petit séjour à Maewoei […] nous avons pris un bus longue distance pour Savannakhet, au Laos pour refaire nos visas. 30h de voyage aller-retour, 47°C ambiants, une nuit sur place chez un prêtre ami des MEP, de longues files d’attente au soleil, et un bon repas français, c’est ce qu’il faut pour valider nos 3 prochains mois au Royaume du Siam !

Après un repos bien mérité, nous voilà repartis pour… Ponouaypou ! Petit village Karen à 3 heures au nord de Maesot, avec un centre pour enfants sous la responsabilité d’un autre volontaire MEP, 3 sœurs de Maepon (une congrégation karen), une petite église en haut de la colline, et un prêtre MEP ! Un autre petit paradis où nous sommes accueillis comme des rois. Mais nous ne venons pas que pour profiter du paysage et des habitants ! C’est en effet Terres Karens qui nous envoie ici pour un nouveau projet : la mise en place d’une nouvelle activité de tissage pour l’association. Le challenge est grand, et les bénéfices humains encore plus ! Les femmes karens apprennent le tissage de mère en fille et notre but est le même qu’a Maewoei : Permettre aux femmes de rester dans leur village tout en gagnant leur vie sans avoir besoin de partir travailler en ville, tout en préservant le savoir-faire traditionnel. Nous voilà donc dans un nouveau village, avec 3 mots de karens, nos bobines de fils, toute notre volonté et surtout avec Pierre-Yves, ancien volontaire qui connait bien le village et la langue karen. Nous sommes donc allés chez Héprémo, une tisserande douée qui a l’habitude de travailler avec des blancs. C’est elle qui parlera du projet dans le village et qui mènera l’entreprise de l’intérieur. Une fois le fil et les explications données, nous lui donnons rendez vous 10 jours plus tard.

Le week-end dernier, nous avons donc refait nos sacs et nous sommes repartis pour Ponou, avec du nouveau fil et de l’argent pour payer la tisserande. Cette fois-ci, nous étions seuls avec les karens, personne pour traduire ! Nous avions donc appris quelques mots et les nombres en karens… ! Le rendez-vous était donné à Héprémo à la sortie de la messe. Dimanche matin, petite appréhension, et si elle ne venait pas ? Et si le contact ne passait pas, et si on n’arrivait pas à se comprendre ?

Mais elle est bien venue et après la messe, la transaction s’est transformée en effusion karen, toutes les femmes et les sœurs ont regardé le lé tissé avec nous, et il était parfait ! Un joli T226 d’une couleur vert-émeraude ! Nous avons donc payé la tisserande et amené les nouveaux fils : Deux autres tisserandes ont accepté de tisser pour nous et ont pris des pelotes que nous avions préparées. Héprémo a joué son rôle à merveille et leur a expliqué nos exigences et nos prix. Tout le monde s’est bien compris, dans un mélange de karen, de thaï, d’anglais et de français… Au fond, il ne pouvait pas en être autrement un dimanche de Pentecôte ! Nous repartons alors le cœur en joie, avec le premier lé de Pounouaypou, et 6 autres commandés ! Une nouvelle aventure commence pour Terres Karens qui soutient le projet, et pour nous qui allons aller toutes les semaines acheter des lés tissés, distribuer du fil à des tisserandes, et nouer des liens avec elles ! Avant de rentrer à Maesot, nous sommes allés cueillir des mangues dans le jardin du centre : bien jaune et gorgées de soleil, nous en avons emporté une belle quinzaine avec nous, de quoi tenir la semaine !

Visite des projets de Terres Karens en Thaïlande – suite

— par Pierre-Yves, membre de Terres Karens —

Après une semaine entre Mae Sot et Mae Woei pour visiter les projets de Terres Karens, je me dirige vers Ponouaypou le samedi 30 avril. Je fais un rapide passage à Mae Tan pour y visiter le chantier d’un nouveau centre, auquel Terres Karens apporte son soutien.

Ponouaypou est un petit village karen où j’ai effectué mon volontariat avec les MEP en 2011-2012. Il faut quitter la route principale 15 minutes avant d’arriver à Mae Tan en descendant de Mae Woei. La piste s’élance, bordée de nombreuses maisons de Karens ayant fui la guerre en Birmanie et installés depuis une quinzaine d’années. Je croise un premier pick-up qui me prend dans sa benne. La route descendant donne cette impression que l’on s’enfonce toujours plus profondément dans la montagne. La voiture me dépose un peu avant le village, aux premières habitations avant de prendre un autre chemin. Je continue ma route à pied avant d’être dépassé pars un second pick-up. Le conducteur me lance de grands « Hello! Where are you going ? ». Il me dépose ensuite devant le pensionnat de Ponouaypou, de l’autre côté du village, un peu à l’écart. Ce pensionnat, une ancienne école d’agriculture, accueille aujourd’hui sur un grand terrain et dans de magnifiques bâtiments, une vingtaine de jeunes élèves de primaires et de collégiens, issus de villages de montagne souvent sans école. Ils suivent leurs cours à l’école primaire du village puis au collège de Mae Tan, à 25 min en voiture. A Ponouaypou, mon objectif est de rencontrer de potentielles tisserandes et d’amorcer une nouvelle coopérative. Oui, rien que ça !

Le dimanche soir, je visite Héprémo (oui, il est normal que ce nom vous dise quelque chose, c’est le nom donné à une de nos pochettes). Héprémo est une amie. Elle à 4 grands enfants, et quand j’étais volontaire à Ponouaypou elle enseignait la couture dans un atelier que je gérais. Nous nous connaissons bien et après de belles retrouvailles je lui parle du tissage. Originaire de Mae Woei elle a cependant suivi son mari dans son village natal (ce qui ne se fait pas, en règle générale, chez les Karens, société matrilinéaire dans laquelle les hommes viennent habiter chez leurs femmes). Elle connait donc le projet de Terres Karens à Mae Woei. Rapidement elle se montre enthousiaste à l’idée de tisser. Je lui demande alors de réfléchir à quatre de ses amies qui pourraient répondre à une première commande de la part de la coopérative.

Je suis rejoint le lundi par Thaïs, Clément (volontaires pour Terres Karens à Maesot), Jean (volontaire de Mae Woei), et Guillaume, (nouveau volontaire pour Ponouaypou). L’après-midi, c’est réunion Terres Karens Thaïlande. Après un rapide résumé à Jean de nos précédents travaux avec Thaïs et Clément, nous passons en revue les derniers points : comptabilités, indépendance du projets, formation de la gérante de la coopérative et de l’atelier de couture. Un beau moment de travail. Il est décidé que Thaïs & Clément suivront le lancement du tissage à Ponouaypou.

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Le lendemain matin, nous allons à la rencontre d’Héprémo pour faire les présentations. Elle nous montre le stock de chemises et jupes karens qu’elles tissent sans pouvoir les vendre et les écouler rapidement. Elle se plaint aussi de son fil de mauvaise qualité. Nous lui réexpliquons le projet. Le soir-même je lui passerai la première commande. Finalement pour cette première, elle ne tissera qu’avec sa belle-sœur, n’ayant pu rencontrer les autres potentielles tisserandes. Nous avons en effet décidé de commencer petit et de développer au fur et à mesure cette nouvelle structure.

Je m’offre deux jours de vacances dans un village un peu perdu, Takodei, chez des amis. Le soir, en haut de cette montagne, regardant tisser les jeunes mariées de l’année comme les grands-mères, j’imagine le jour où nous pourrons aussi proposer de l’emploi dans ce village très reculé. Il y a encore beaucoup de travail et de belles perspectives !

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Vendredi je redescends à Mae Sot chez Thaïs & Clément. Dernière réunion puis je rends visite à Cynthia. Cynthia est une Karen. Elle habite à Mae Sot et a un petit commerce d’artisanat local de son ethnie. Elle est partie avec Terres Karens aux USA l’été dernier représenter l’artisanat karen au marché de l’IFAA. Partenaire de Terres Karens, elle revend sur Mae Sot des produits issus de la coopérative de tisserandes et de l’atelier de couture de Mae Woei. Nous vous en reparlons très bientôt. Elle nous fait découvrir les différences de tissages entre les groupes et les sous-groupes karens, et nous explique que le tissage de Mae Woei a quelque chose de particulier que ceux des autres villages n’ont pas.

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Le magasin de Cynthia, à Mae Sot

Le départ s’annonce pour Bangkok puis Paris avec plein d’images en tête. C’est toujours une grande joie de partager des moments avec les Karens, et donc forcément c’est avec un petit (énorme) pincement au cœur que l’on rentre en France (où nous vous donnons rendez-vous le 21 mai pour une nouvelle vente. L’occasion d’échanger directement avec vous sur les projets !!!)

Visite des projets de Terres Karens en Thaïlande

— par Pierre-Yves, membre de Terres Karens —

Arrivé le vendredi 22 avril au soir à Bangkok, je saute dans un taxi, traverse la cité des anges, pour attraper mon bus de nuit, direction Mae Sot. Le bureau m’a missionné pour visiter les projets de Terres Karens en Thaïlande et accompagner le lancement de nouveaux défis ! Deux semaines avec un programme bien ficelé ! J’arrive à 5h00 du matin à Mae Sot chez Thaïs et Clément, volontaires MEP et responsables de Terres Karens en Thaïlande.

Après une fin de nuit bien méritée, nous passons en revue l’ensemble des projets de l’association. Tout y passe : fiche de poste, comptabilité, processus, communication interne. Nous essayons d’identifier tous les problèmes comme les bonnes pratiques. L’après-midi, la chaleur nous oblige, si nous voulons être productifs, à aller travailler dans un café climatisé, avec pour seule boisson un grand café glacé ! Nous y parlons projets pour Terres Karens, et pour les Karens surtout. Projets dont, j’espère, nous pourrons vous parler très rapidement.

Lundi matin, après nous être mis d’accord sur nos objectifs à court et moyen terme et après avoir distribué les tâches à réaliser, je pars en songthaew (transport local, deux bancs à l’arrière d’un pick-up) pour rejoindre le village de Mae Woei, village des projets pilotes de la coopérative et de l’atelier de couture. Arrivé à Mae Tan, je trouve une voiture pour Mae Woei. J’y serai le soir même, avec plus de 200km de voiture derrière moi.

Commence alors une petite semaine de travail avec les couturières et les tisserandes.Ma première surprise est la maison de Sémouklémo. Sémouklémo est une des premières couturières de l’atelier de couture. Seule avec sa fille, abandonnée sans un sous par son mari, elle vivait jusqu’alors dans une toute petite cabane de bambou. Aujourd’hui, grâce à ses économies réalisées en travaillant à l’atelier de couture, elle a pu se payer une nouvelle maison, plus grande et plus résistante aux intempéries, et même un cochon, signe significatif de richesse chez les Karens.

Je retrouve Lily, ancienne volontaire MEP à Mae Woei pour notre projet, et styliste de Terres Karens (vous lui devez, entre autres, la trousse Olouti, ou encore le sac qui porte son nom karen, le sac Nauporé). Elle est arrivée il y a une semaine pour travailler sur de nouveaux produits et enseigner de nouvelles techniques aux couturières. Ses dernières sont ravies de (re)travailler avec elle. C’est beau d’observer la grande complicité qu’elle a avec chacune. Le bruit des machines à coudre à pédale est mêlé désormais à de grands éclats de rires. Les nouveaux produits seront disponibles en France en fin d’année et vous pourrez être assurés qu’ils ont été cousu dans un atelier débordant de joie. Très motivées pour apprendre à faire de nouveaux produits et acquérir de nouvelles techniques, les couturières ont même demandé à faire des heures supplémentaires plusieurs jours par semaine ! Nous avons hâte de vous présenter leur travail !

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Le mardi après-midi, je fais le point avec la responsable de la coopérative et de l’atelier de couture, une jeune maman, Philipmo qui travaille pour les projets de Terres Karens depuis maintenant 4 ans ! Toujours aussi motivée, elle se démène pour mener vie de famille et travail, ce qui ne l’empêche pas d’être pro-active et de proposer de nouvelles pistes de développement des projets qu’elle administre. Elle continue ses études, plusieurs week-end par an.

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Si le nombre de tisserandes régulières semble avoir un peu diminué, il semble être un signe que le besoin d’argent a diminué dans le village. Un rythme de croisière s’est installé et le projet fonctionne bien. L’indépendance recherchée approche, même si la présence d’un volontaire est toujours nécessaire. Cela nous permet de nous concentrer sur le développement de structures identiques dans des villages demandeurs et dans le besoin. Développement qui occupera la deuxième partie de mon déplacement.

Ici la saison chaude est à son paroxysme. Les premières pluies se font attendre, mais cela nous permet de justifier si il le fallait, de longues baignades en fin d’après-midi, baignade bien méritée par des journées de travail sous plus de 40°c.

Les grandes vacances se finissent tout doucement et les professeurs des écoles de montagnes viennent de passer quatre jours à préparer la rentrée et les objectifs de l’année.

Les enfants des couturières profitent de ce temps de vacances pour passer du temps à l’atelier et observent, attentifs, leurs « Mohmoh » travailler.

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Merci aux Tréteaux Lyriques

Depuis 46 ans maintenant, la troupe de théâtre les Tréteaux Lyriques « s’est fixée pour mission d’assurer bénévolement la promotion de l’art lyrique, de mettre en scène et faire revivre le meilleur du répertoire oublié des opéra-bouffes à la française, d’offrir un tremplin à de jeunes talents semi-professionnels et de reverser l’intégralité des bénéfices de ses spectacles à des oeuvres humanitaires. »

Cet hiver, les Tréteaux Lyriques ont joué douze représentations de La Vie Parisienne d’Offenbach. Douze représentations d’une très grande qualité de ce classique de l’opérette à la française qui ont réuni plusieurs milliers de spectateurs enchantés !

Comme chaque année, les bénéfices ont été remis à trois associations, sélectionnées par la compagnie théâtrale parmi lesquelles Terres Karens. L’argent récolté permettra à l’association de financer une nouvelle moto pour la coopérative afin d’aller visiter et d’associer de nouveaux villages et de nouvelles femmes karens à notre premier grand projet : la coopérative de tisserandes. Il permettra aussi de développer le système coopératif dans de nouveaux villages dans les prochaines années et de soutenir des projets plus ponctuels dans les années à venir.

Toute l’association Terres Karens, en France et en Thaïlande remercie du fond du cœur l’ensemble des acteurs, des musiciens, des membres de l’association Les Tréteaux Lyriques pour leur dynamisme, leur professionnalisme  et leur sympathie !

Merci à tous les spectateurs qui ont contribué grâce aux représentations des Tréteaux Lyriques au développement des projets de Terres Karens ! Et à tous ceux qui n’ont pu aller admirer la troupe cette année, restez connectés, le prochain spectacle devrait avoir lieu dans deux ans !

Camp annuel du personnel de l’école de Mae Woei et de la coopérative.

C’est la fin de l’année scolaire en Thaïlande. Dans le village de Mae Woei, le pli a été pris de partir fêter l’arrivée des vacances entre professeurs et personnel de la coopérative de tisserandes et de l’atelier de couture, lors d’un week-end de pêche et de détente au cœur de la jungle. Jean, volontaire à Mae Woei pour Terres Karens nous raconte.

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Comme chaque année, c’est un moment d’excitation pour les professeurs de l’école et les couturières de la coopérative. Mocafe, l’éléphant, est sollicité pour porter les lourds cartons de petites douceurs; le cochon de 130 kg sait déjà qu’il ne finira pas la journée et toute l’équipe est rapidement dans l’ambiance dès le lieu du départ.

A 1h30 de marche, le long de la rivière, une place de bivouac est depuis des années le lieu de cette rencontre de 3 jours et 2 nuits. Tout au long du trajet, fidèles à leurs racines de cueilleurs, les karens remplissent leurs paniers au fur et à mesure de la marche d’herbes et autres éléments de dame Nature qui compléterons nos agapes.

Le camp se monte, la machette coupe et taille le bambou, dressoir à vaisselle, grille du cochon, verre, réserve d’eau –et même bouilloire-, cuillère, tout cela apparaît sous la dextérité ancestrale de nos chers karens. Les hamacs sont tendus, les pidas –bambou transformé en planche- couvre le sol et les chras –ficelle de bambou- tiennent le tout.

La bière fait pchitt, le cubi de vin se perce, le Spy sucré coule dans les gosiers et pour les plus téméraires, c’est l’alcool de riz. Le cochon arrive dans de lourd sac à dos d’hommes. Les femmes aux abats, les hommes sur les gros cartiers. On rigole et les yeux pétilles de la fricassée à venir. Elle ne tarde pas ! ! !

Le temps s’écoule doucement, cueillette, pêche au filet, harpon. La jeunesse qui accompagne les parents n’est pas en reste et passe la journée les fesses dans l’eau.

On joue à des jeux de hasard, on parie, on lit et échange les potins croustillants entre filles…

La dernière matinée, l’estomac gargouille un peu, la digestion est un peu indisposé. On a trouvé le coupable : l’eau de la petite source que l’on a bu durant 3 jours ! Mais au fond de nous, tout le monde sait que c’est une excuse et que l’on ne préfère pas s’avouer la quantité colossale de graton et autre friture de cochon engloutie durant ces 3 jours de fêtes ! ! !

Petit film sur l’édition de 2014.

Un socle de croyances animistes et de traditions bouddhistes 2/2

 

Les logiques comportementales héritées du bouddhisme

Si peu de karens se sont convertis au bouddhisme, leur confrontation avec les thaïs a fortement influencé leur manière de penser ou de se comporter à l’aune du mode de vie de leurs voisins. Pour le bouddhiste, les dieux ne sont pas les plus importants. Ce qui compte davantage, c’est l’harmonie dans laquelle chacun vit, qui augmente à mesure que l’on se détache des sentiments ou des passions. Bouddha, par sa rencontre avec un mendiant, un malade et un vieillard, a découvert une voie qui mène au bonheur, c’est-à-dire à l’absence absolue de soucis ou de dépendances spirituelles, l’ataraxie. Par le jeûne, la méditation et le don, il apprend à se détacher de tout ce qui le retient loin des paradis de l’esprit sans attache. Le premier, il a atteint l’indépendance absolue de la contemplation parfaite. Dans ce paradigme, il faut apprendre à se détacher de toutes les passions violentes qui parsèment la vie d’un homme, et de toutes les matérialités qui le retiennent loin de l’abandon spirituel à la contemplation. Ce faisant, on augmente la force de son âme, son “karma”, qui conditionne la manière dont, à la mort, on intégrera un nouvel état.

De cette manière de comprendre la condition humaine, on peut mettre en relief deux points importants, qui sont présents dans les mentalités karens :

  1. L’importance de l’harmonie relationnelle. Il est hors de question de s’énerver : celui qui s’emporte peut mettre en danger l’harmonie qui existe au sein d’une famille ou d’une communauté, et provoquer des passions dommageables pour tous. Il est en outre déconsidéré en ce qu’il se révèle incapable de maîtriser les siennes propres : il “perd la face”. En cas de conflit, on préférera donc utiliser des intermédiaires pour, à tout prix, éviter les réglements de comptes frontaux. La préservation de l’harmonie au sein de la communauté et pour chacun avec soi est parfois jugée plus importante que la résolution des problèmes eux-mêmes.
  2. La notion de “karma”, ou de mérite dû exclusivement aux actes d’une vie antérieure, explique pour une part l’acceptation silencieuse de bien des choses incompréhensibles dans les modes de pensée occidentaux traditionnels. La corruption, par exemple, n’est pas choquante en ce que ceux qui possèdent les postes les plus élevés ont mérité le poste qu’ils occupent par les actes de leur vie antérieure. Il n’est pas sans raison qu’ils touchent une part des revenus qu’ils perçoivent : c’est la règle tacite des réincarnations qui a décidé pour eux.

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Un socle de croyances animistes et de traditions bouddhistes 1/2

La grande majorité des karens de Thaïlande est de religion animiste, c’est-à-dire que les populations croient et rendent un culte aux esprits. Le mode de pensée karen est d’autre part fortement teinté du terreau culturel bouddhiste des thaïs et de logiques comportementales propres à l’Asie. Ces deux aspects, comme l’évolution historique du peuple ou les habitudes de son mode de vie, permettent d’expliquer quelques-uns des traits de caractère caractéristiques de l’ethnie.

L’animisme

La religion animiste est la plus répandue parmi les karens de Thaïlande : un peu plus de 80% des karens le sont. Ils rendent un culte aux esprits en mettant à leur disposition des petites maisons où ils disposent des cadeaux ou de la nourriture aux lieux où ils situent les esprits, le plus souvent une source, une grotte, un vieil arbre… Les esprits peuvent présider au mouvement d’une rivière, s’incarner sous la forme d’oiseaux, résonner au dedans d’un éléphant ou déchaîner les pluies. Ils participent de tout ce que l’homme ne peut expliquer et, d’une autre nature, ils interviennent dans des lieux et des phénomènes interdits à la présence ou à la raison humaine. La nuit, par exemple, où l’homme ne peut voir, est supposée contenir la vie cachée de ces êtres de mystère. Dans la religion animiste, il n’existe pas de puissance unique disposant d’un pouvoir de coercition sur le collège des esprits, ou du moins cette puissance est voilée et n’exerce pas le pouvoir qui est le sien.

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Si l’idée d’un espace premier contenant des êtres supérieurs aux esprits, auxquels ces derniers devraient obéir existe dans les pensées animistes, cette réalité est indifférente aux hommes et ne participe pas à la vie religieuse. Partant, chaque esprit a un pouvoir propre, par nature intrinsèquement limité, bien qu’il doive lui-même se soumettre aux êtres supérieurs évoqués ci-dessus. Leur sagesse n’est pas absolue. Il est donc envisageable que lesdites puissances se trompent, ou se confrontent à d’autres plus puissantes qu’elles. Leur sphère d’action n’étant pas totale, elles se confrontent toujours à une autre qu’elles-mêmes, et évoluent dans un univers complexe où, si elles disposent du pouvoir de soumettre la nature que n’ont pas les hommes, elles doivent le partager entre elles au gré de leurs relations et de leurs charismes propres. Dans ce contexte, l’homme a la capacité de gagner l’amitié de certains des esprits pour s’opposer à d’autres.

En rendant des sacrifices ou en effectuant des actions qui plaisent aux esprits, il peut se concilier leur faveur pour acquérir leur protection ou gagner par leur alliance les pouvoirs qu’ils détiennent. En ce sens, le sorcier d’un village joue un rôle prépondérant : il connaît les esprits et est capable d’entrer en communication avec eux. Il se fait ainsi l’interprête de la communauté pour intercéder auprès des puissances qui régissent les récoltes, maîtrisent les dangers de la jungle… Il est nécessaire de se concilier les esprits, sans quoi ceux-ci s’acharneront à rendre la vie des producteurs difficile en provoquant catastrophes naturelles ou épidémies. C’est l’esprit qui a le pouvoir sur les fourmis et qui décide que ces dernières iront dévaster une rizière. C’est un esprit qui placera un serpent sur la route de celui contre qui il a un grief. Ce sont des esprits qui meuvent les nuages et décident de la pluie qui viendra féconder les semences… Ils ont pouvoir sur toutes les choses de la nature, aussi leur est-on particulièrement soumis. La soumission absolue aux esprits, pour les animistes, comporte une part de fatalisme. Si c’est un esprit qui a décidé que ma rizière serait ravagée par les fourmis, est-il vraiment nécessaire que je me batte contre elles ? Est-ce que je ne risque pas davantage d’attiser son courroux en m’opposant à ce qu’il a décidé pour moi et pour ma production ? Pratiquement, les cérémonies religieuses consistent en des sacrifices d’animaux au cours desquelles l’ensemble d’une famille ou d’une communauté est réunie autour d’un repas. Les esprits y sont supposés prendre leur part avec les hommes.

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Le repas est organisé en cercle, pour célébrer le noyau protecteur que constitue la communauté et l’ensemble de ses liens face à l’hostilité du monde extérieur. On peut aussi lire le présent dans les oracles, qui décident si les problèmes que rencontrent les uns ou les autres sont résolus. À la mort, le corps d’un homme libère son esprit. Celui-ci peut théoriquement participer à l’existence de ces êtres à qui l’on rend des cultes, et intervenir dans la vie du village ou concilier les autres puissances auxquelles on n’a pas accès vivant. Outre le respect dû à la sagesse et à l’expérience accumulée par les plus anciens, il n’est donc pas inutile de se concilier leur respect et de gagner leur amitié. Cela peut expliquer une part de la soumission aux plus âgés au sein d’une communauté. Il n’existe pas d’organisation de la vie religieuse qui dépasse le cadre d’un village, et encore les choses se cantonnent-elles le plus souvent à la dimension d’une famille.

L’ensemble des croyances est en revanche organisé selon les poèmes d’une longue tradition orale, qui n’a aujourd’hui fait l’objet d’aucune étude. La difficulté réside en ce que tout ce qui concerne la vie religieuse ou affective est exprimé grâce aux mots d’une langue dédiée, poétique et imagée. Ce sont les mots que l’on utilise pour décrire la vie des esprits ou entrer en communication avec eux ; et ce sont les mots que l’on dit quand on parle d’amour, de naissance ou de mort. Il existe traditionnellement des fêtes réunissant plusieurs villages à l’occasion desquelles on organise des joutes oratoires. Semblables compétitions peuvent en outre être l’occasion d’éprouver les capacités et le connaissance des esprits de ceux qui briguent les postes exécutifs d’une communauté.

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