Quelles sont les nouvelles – Janvier 2011

La coopérative de tisserandes continue de se développer !

Fin novembre, je vous racontais comment nous avions décidé avec Kitirot de nous lancer dans l’aventure de la création d’une coopérative de tisserandes, pour lancer les opérations sur un exemple concret. Après six semaines de fonctionnement riches en expérience et l’intégration de trois nouveaux villages à la structure, nous proposons aujourd’hui du travail et du fil à une soixantaine de femmes. Elles ont accès aux meilleures matières premières de la région à un prix unitaire en-dessous de celui du marché ; et peuvent aujourd’hui commercialiser leurs pièces de tissu jusqu’à Bangkok. Last but not least, si tout se passe bien, on trouvera bientôt des produits confectionnés à partir de tissus karens … en France ! Tous les détails dans cette partie !

Quelques mots pour se remettre en tête le fonctionnement de notre coopérative :

Une idée simple : s’organiser pour travailler ensemble

Acheter ensemble

Le projet est fondé sur une idée toute simple : si toutes les femmes se fédèrent, elles acquièrent un pouvoir économique qui leur permet de faire des économies importantes en achetant leurs matières premières à des prix de gros. Dans cette logique, elles peuvent aller acheter du fil de meilleure qualité à un prix unitaire plus bas.

En pratique, Kitirot et moi sommes allés enquêter dans les villes de la province ; et nous avons fait affaire avec un négociant de la ville de Chang Mai, à plus de 500 kilomètres de Mae Woei Clo. Monsieur Ngamlertrat, que nous appelons maintenant par son prénom (Ratana), nous envoie du fil à MaeSot en nous faisant profiter des accords qu’il a passés avec une entreprise de transport industriel thaï. Ce fil, de la meilleure qualité que l’on puisse trouver sur le marché, peut ainsi ensuite être revendu à Mae Woei Clo à un prix de bobine unitaire de 11 Baths. Une petite révolution pour nos tisserandes qui devaient faire deux heures de route pour acheter du fil de moins bonne qualité … à 15 Baths la bobine !

Vendre ensemble

En fonctionnant ensemble, les femmes acquièrent une structure pour vendre leurs produits sur les marchés. Seules, elles ne peuvent réunit suffisamment de tissu pour amortir le prix du transport jusqu’aux marchés thaïs ; et n’ont donc pas d’autres possibilités que de vendre leurs pièces d’artisanat aux villages alentours.

Petit souci : il y a peu de débouchés commerciaux pour les chemises traditionnelles karens…

Nous leur avons donc proposé de tisser des lais (c’est l’unité de mesure du tissu : une pièce de 3 mètres de long sur 45 centimètres de large) unies, et récemment plus compliquées, que nous nous chargeons de vendre, principalement à Esprit Karen, une association qui imagine et commercialise des produits à partir de tissu karen dans les réseaux expatriés de Bangkok.

S’organiser

Les femmes se réunissent tous les dimanches soirs pour prendre les décisions ensemble. Ce sont elles qui fixent les prix de rachat des pièces finies (en fonction des possibilités de vente et de la complexité des tissus) ; et qui sanctionnent le cas échéant les tissus de mauvaise qualité (chose que ni Kitirot ni moi n’avons le courage de faire).

La semaine, chacun peut se référer à Eyrimoh, cheffe élue de la nouvelle structure, qui doit prendre les décisions avec au moins deux autres tisserandes. Ces décisions devront être validées par tous à la fin de la semaine, mais il n’y a généralement pas de soucis.

Eyrimoh, la cheffe élue de la coopérative de tisserandes

Trois nouveaux villages s’intègrent au projet

Ayant eu vent des changements, des femmes des villages alentours ont voulu s’intégrer à cette nouvelle organisation pour profiter des prix de rachat du fil et trouver de nouvelles sources de revenus pour leurs foyers. Nous les avons acceptées avec joie, et elles ont élues leur responsable, qui se rendent toutes les semaines à MaeWoei pour participer aux réunions.

Toutes les tisserandes de ces nouveaux villages peuvent venir acheter leur fil à MaeWoei, et participer aux commandes de lais de tissu.

Ces trois villages, MaePoKi, PoMuBaLeKo et MaeOuLaKlo, sont situés à moins d’une heure de piste.

Un nombre croissant de tisserandes

Partant, ce sont aujourd’hui une soixantaine de femmes qui participent aux activités de la toute nouvelle coopérative, qui en achetant simplement quelques bobines de fil, qui en devenant tisserande à plein temps pour les commandes … Les choses avancent très vite ! Chacune est libre de tisser quand elle veut, mais il faudra veiller à faire suffisamment de stock pour proposer un service continu toute l’année à nos partenaires commerciaux, service qui ne tienne pas compte des saisons agricoles.

Cela fait des réunions plus joyeuses qu’aux tous débuts !

Qui tisse pour la coopérative de Mae Woei Clo ?

Diversification des achats et des ventes

Nous avons fait un catalogue qui donne un aperçu du savoir-faire des tisserandes ; il a fallu pour cela photographier tous les motifs de toutes les tisserandes, chacune ayant sa compétence propre… Une fois que chacune avait bien compris ce que la coopérative pouvait proposer comme produits à l’extérieur (des pièces de tissu normées et de bonne qualité), et avait fait ses preuves en tissant une lai unie de bonne qualité, nous lui proposons de tisser des pièces plus compliquées, qui, vendues plus chères, permettent d’augmenter ses revenus.

Un aperçu du catalogue

En conséquence, nous avons du nous procurer d’autres types de fil pour produire des tissus bien spécifiques (Kitirot et moi sommes devenus de véritables spécialistes : nous connaissons mieux que beaucoup de vieilles femmes les fils et les motifs traditionnels, leurs noms et leurs points de vente. Inutile de dire que tous les hommes ne se privent pas de se moquer de ces deux gaillards qui sont devenus plus renseignés que leurs propres femmes sur ces sujets bien féminins. C’est une source intarissable de blagues en tout genre…).

Pour vous donner un petit aperçu, nous nous procurons par exemple du fil karen (« prakegno ») dans un village de la montagne assez inaccessible (Poblaki), et du fil délavé bicolore (« a ki ») auprès de la Karen Women Organisation (KWO), une association qui travaille avec les femmes des camps de réfugiés. Heureusement, l’essentiel du fil est maintenant acheté au téléphone à Chang Maï. C’est plus simple : le réseau téléphonique n’est qu’à deux heures de piste…

Une meilleure qualité de fil au service d’une production haut-de-gamme

Aujourd’hui, il semble que nous devions nous placer sur un marché haut-de-gamme, qui tienne compte à la fois de la qualité de nos fils et de l’exigence de notre artisanat (qui implique une valorisation importante du travail de la tisserande). En ce sens, Esprit Karen, qui propose des produits aux réseaux expatriés de Bangkok, est un interlocuteur adapté.

Des commandes, enfin !

Si nous avons déjà vendu un premier stock de tissus unis, nous avons reçu la semaine dernière notre première commande de tissus complexes ! Elle vient de Bangkok, Esprit Karen. Nous la répartirons dimanche entre toutes les tisserandes. C’est, il faut l’espérer, le début d’un partenariat de long terme !

Et puis, si l’équipe de Bangkok parvient à séduire le marché expatrié, pourquoi ne pas développer une ligne de produit vers les marchés français ?

Un projet de commerce équitable : K4K (Karens for Karens)

Ce serait bien dommage de ne pas tenter l’aventure ! La nouvelle équipe fraichement élue de Terres Karens se lance à l’assaut de ce nouveau projet : plus de détails dans les paragraphes qui suivent …

Une nouvelle équipe pour Terres Karens

L’équipe de Terres Karens à Paris s’est réunie pour élire une nouvelle équipe : merci à tous les anciens, et place au nouvel organigramme !

L’association vivra cette année autour du commerce équitable, pour relayer la toute nouvelle coopérative de Mae Woei Clo. Parole à Nicolas Boutin, nouveau président de l’association :

 » Nous formons cette année une équipe de 8 étudiants issus d’écoles d’ingénieur et  de commerce,  et nous nous sommes ralliés à l’association Terres Karens d’Alexis avec pour objectif de créer une filière de commerce équitable. Nos compétences, conjuguées à l’expérience de volontariat que certains d’entre nous ont déjà faite au service de cette ethnie minoritaire, les Karens, nous permettent de bien cerner les enjeux de ce projet.

L’objectif à ce jour est de relayer la mise en place à Mae Woei Clo d’une coopérative de tisserandes, et de structurer un atelier de couture permettant de confectionner toute une gamme de produits karens : coussins, chemins de table, trousses, hamacs, sacs aux mille et une couleurs de ce peuple. Dans un second temps, importer ces produits sur le marché français permettra d’aider toujours plus de femmes karens (et tous leurs foyers…). Cette entreprise portera le nom de K4K (Karen for Karen).

Foulques, un membre de notre équipe, part rejoindre Alexis mi-janvier. Sa mission va être de définir un statut juridique à notre entreprise, afin que celle-ci soit conforme à la législation thaïlandaise, et d’assurer la cohésion et le travail d’équipe de toutes les parties-prenantes potentielles du projet sur le terrain : Esprit Karen (notre projet vient compléter le leur), coopératives de tisserandes, ateliers de couture… 

 De notre côté depuis Paris, fin février, nous pourrons commencer à démarcher les boutiques en France et voir comment les produits karens sont perçus sur le marché, pour confectionner des produits qui s’adaptent au marché français. « 

Un nouveau volontaire sur le terrain : Foulques LE TARNEC

Vous l’avez lu : nouveau projet, nouveau volontaire ! Foulques LE TARNEC, étudiant en école de commerce à EUROMED (Marseille), mettra donc pour cinq mois ses compétences au service de l’action de Terres Karens sur le terrain, pour aboutir, il faut l’espérer, à la création d’une entreprise permettant de proposer un nouveau débouché pérenne à la coopérative de tisserande de Mae Woei Clo. Pourquoi une entreprise ? C’est une structure plus pérenne et plus professionnelle qu’une association, qui sera plus crédible auprès des marchés français.

J’accueille Foulques à l’aéroport samedi, et nous fonçons dans les montagnes pour que je lui explique tout ce que je sais du terrain et des karens. Nous y définirons plus précisément les détails pratiques de sa mission, toujours en accord avec les Missions Etrangères de Paris, pour qui nous sommes tous les deux volontaires cette année.

Plus de nouvelles de ce projet dans la prochaine newsletter !

La coopérative de tisserandes : un exemple concret au service de la mise en place d’une structure plus large

Vous l’aurez compris, la création d’une coopérative de tisserandes n’est pas mon objectif principal. L’enjeu est de tester un modèle de coopérative qui permettrait, outre les tisserandes, d’apporter une structure pour organiser et moderniser la vie agricole ; et, à long terme (5 ou 10 ans), être suffisamment solide financièrement pour supporter des activités de crédit. Ces trois activités sont les trois activités qu’autorise la loi thaïlandaise.

Le projet initial de Terres Karens : une coopérative, mais pas seulement pour les femmes

Si vous avez lu les dossiers de présentation du projet ‘coopérative’, téléchargeables sur le site internet de Terres Karens (www.terres-karens.org, rubrique Nos Projets), vous savez déjà qu’une coopérative développant ces trois activités apporterait des solutions concrètes aux problèmes rencontrés par les villages karens de la région de Tak. L’objectif, pour cette année, plus humble, est de créer une coopérative à l’échelle d’un village.

L’enjeu est le suivant : si la structure est effectivement adaptée aux besoins de la région et trouve un accueil favorable (ce qu’on peut espérer au vu des premiers résultats de la coopérative de tisserandes), elle se développera facilement aux villages alentours, « naturellement », c’est-à-dire de la même manière que la coopérative de tissage se développe : en répondant aux demandes concrètes des habitants des villages voisins. Si tout se passe bien, ce sera l’objet d’un second projet qui commencera avec un nouveau volontaire à la rentrée prochaine.

Il faut donc qu’à un moment ou un autre la structure, profitant de l’exemple très concret des tisserandes, applique les mêmes principes pour développer d’autres activités.

Le déclic : « Mais, Alexis, pourquoi on ne ferait pas pareil pour le riz, ou pour l’essence ? »

La phrase est de Kitirot. Elle montre que l’idée fait son chemin dans les esprits des uns et des autres, et permet d’espérer une diversification des activités de la coopérative sous peu. Si l’organisation des tisserandes a encore besoin d’un accompagnement à plein temps pour au moins un bon mois, on peut espérer pouvoir appliquer les mêmes principes pour organiser un cadre pour la vie agricole ou l’approvisionnement en produits ‘non concurrentiels’ (il ne s’agit pas de priver les trois épiceries du village de leurs sources de revenus) : le riz, le piment, l’essence … Ce sera sans doute en ce sens que nous progresserons dans les prochaines semaines. Plus de détails, encore, dans la prochaine newsletter !

Gros plan sur …

Le logiciel de gestion de la coopérative

Dans la rubrique ‘innovation’, je vais vous présenter plus particulièrement aujourd’hui le logiciel de gestion de la coopérative. Je vous avais écrit dans les premières semaines que je me formais au langage de programmation d’Excel (ce qui n’a pas forcément du vous passionner) ; je peux vous donner aujourd’hui un aperçu de ce que ce travail m’a permis de faire (ce qui est un peu plus intéressant).

La problématique est la suivante : nous créons une structure économique un peu complexe à destination d’un public qui n’a pas forcément eu la chance de se former pour la gérer. A titre d’exemple, Kitirot ne connait pas les chiffres décimaux… Il faut donc créer un outil simple très simple d’utilisation qu’il sache utiliser. S’il pouvait me faciliter la vie dans le village, ce serait un avantage.

Sur la page d’accueil du logiciel, on trouve une carte du village.

Page de garde de notre logiciel de gestion

En cliquant sur une maison, on accède à une page qui présente un trombinoscope de ses habitants (ça, c’est pour moi, histoire de ne pas faire trop d’impairs diplomatiques quand on m’annonce avec un grand sourire : « Tu es invité à dîner chez Mouwimoh ! ». Réaction des premières semaines (intérieure) : « Au secours ! Qui est-ce !? ». Maintenant, plus détendu, je trouve la photo de Mouwimoh et l’emplacement de sa maison en quelques coups de clics).

Les 56 maisons du village ont le droit à une page analogue

En cliquant sur la maison du volontaire, on accède à un onglet de gestion de la coopérative.Le logiciel calcule le prix de revient des intrants en répercutant le coup des transports, garde en mémoire les tisserandes qui participent aux commandes en leur attribuant la bonne quantité de fil, gère les stocks de la coopérative, tient la comptabilité et gère le magasin de fil. Tout ça en quelques clics, que Kitirot, malin comme il est, a très rapidement maîtrisé.

Un petit aperçu de l’onglet de gestion de la coopérative, avec ce petit espace de vente

Nous sommes allés un peu plus loin en donnant des cartes de la coopérative à nos tisserandes (coût de la carte : 4 Baths = 10 centimes d’euros). Le logiciel, grâce à une poussette, lit le code barre et sait identifier la tisserande. On gagne du temps, et les tisserandes sont relativement fières de leurs cartes…

La carte de Nowawamoh, que le logiciel connaît sous le numéro 79 …

Dans l’onglet ‘Récapitulatif’, on a accès aux tisserandes à qui l’on a donné du fil et qui n’ont pas encore terminé de tisser. Lorsque qu’elles ont terminé, elles viennent nous trouver, le logiciel les identifie dans la liste, reporte le mouvement comptable et met à jour les stocks.

Personne ne pourra s’échapper dans la nature avec son fil

Bledimoh, toute heureuse de tisser à plein temps

Bledimoh m’a annoncé toute heureuse mercredi que grâce aux commandes de la coopérative, elle n’aurait pas à faire la rizière cette année. « Avec Blédipah –sic : son mari-, nous avons calculé que, si je tisse à plein temps, nous pouvions employer quelqu’un pour cultiver le riz à ma place, et nous sommes gagnants ». Puis elle m’a fait le descriptif de toutes les douleurs aux jambes que la rizière avait infligé à sa cinquantaine d’années, pour conclure par un joyeux : « Tu me sauves la vie, petit frère ! ». Outre de proposer une activité plus respectueuse de la santé des femmes du village, la coopérative crée donc une forme d’activité économique dans la montagne. Un effet tout à fait heureux que nous n’espérions pas aussi rapide.

On demande un ingénieur !

Le logiciel une fois terminé, il s’avère que la gestion de la coopérative ne prends pas beaucoup de temps. J’ai donc pu mettre mes compétences d’ingénieur au service des uns et des autres.

De la conception assistée par ordinateur

Voilà un aperçu des bâtiments que j’ai dessiné sur mon ordinateur thaïlandais. L’église est destinée au village de Poblaki, comme le pensionnat dont la construction a d’ailleurs déjà commencé. La maison est celle de Layo, qui, après quatre ans d’économies, a amassé de quoi se construire un véritable palace à l’échelle du village ! J’ai gagné un renom pas possible, et je me retrouve à devoir faire les plans de quatre autres maisons… (plus humbles, heureusement).

Le futur pensionnat de Poblaki

Une maison en dur pour Layo

La future église de Poblaki

Quelques statistiques de Mae Woei Clo

Grâce au logiciel, nous avons pu établir des statistiques à l’échelle de Mae Woei Clo. Les principaux résultats sont reportés dans le tableau suivant :

On remarque que les conclusions de nos études sont pertinentes : la pyramide des âges comporte un creux dans la branche des 18 – 35 ans. Tous les jeunes sont partis à la ville faute de ressources économiques dans la montagne, et le village n’est plus habité que par les personnes âgées et les enfants. Voilà de quoi nous redonner de l’ardeur à la tâche, pour essayer de créer une activité économique qui propose une vraie alternative à l’exode rural.

L’expérience karen du mois : alimentation

En rentrant de la pêche au masque la semaine dernière (la technique consiste, équipé d’un masque et d’un harpon, à explorer les dessous de berge pour y dénicher son déjeuner. Pour l’anecdote, les karens emploient l’expression consacrée « regarder les poissons »…) Loubopah a rapporté … un boa !

Loubopah

– Il y en avait deux sur le chemin, nous dit-il avec fierté, mais je n’ai réussi qu’à avoir le petit.

Petit qui mesurait quand même deux mètres de long. Après avoir fait la blague classique qui consiste à le jeter sur les nouveaux arrivants en criant « Serpent ! », il nous l’a … cuisiné. On le déguste avec les os et une bonne dose de piments ; et ce n’est pas mauvais. Il m’a décrit pendant un bon moment toutes les maladies que j’évitais en acceptant de manger le reptile, connu pour ses vertus médicinales ; et son discours a été si convaincant que je me suis resservi plusieurs fois. Depuis, je me porte comme un charme !

La directrice est, dans le même genre, passionnée d’araignées. Quand on est invité à dîner chez elle et qu’elle veut vous faire plaisir, on n’y coupe pas : vous avez dans votre assiette des araignées géantes.

Chrisamoh, directrice de l’école primaire de MaeWoei

Voilà pour quelques nouvelles du terrain ! Vous l’aurez sans doute deviné à la longueur de la newsletter, j’ai pris trois jours de repos après ces quelques mois sans pause … Inutile de vous dire donc que je suis en pleine forme !

N’hésitez pas à m’envoyer de vos nouvelles à l’adresse suivante :

Alexis BALMONT
92 / 9 Catholic Church MaeTowo
Tha Song Yang
C.Tak 63150 Thaïlande

Alexis BALMONT, Volontaire pour les Missions Etrangères de Paris
alexis.balmont@terres-karens.org
+ 668 00 31 53 57

 PS : Si vous voulez venir me voir, le village de Mae Woei Clo s’est récemment équipé d’une Guest House ! Toutes les informations en téléchargeant le document suivant :

Informations sur la Guest House

Publicités

Premier bilan après six semaines en Thaïlande !

Après trois semaines passées à Bangkok, je me suis enfin installé dans le village de Maewe, dans la province de Tak, au coeur des montagnes qui forment la frontière avec la Birmanie.

Bref retour sur mes premières semaines à Bangkok : j’ai passé l’essentiel de mon temps à apprendre les bases du thaï et à m’acclimater à ce nouveau pays et à sa culture. J’en ai aussi profité pour prendre contact avec les personnes susceptibles de participer à un projet de coopérative agricole, et je me suis fait connaître des administrations.

Le changement de mode de vie et l’acclimatation à la société thaïlandaise s’est bien passée, bien que j’ai eu la chance (!) d’attraper la grippe A après seulement deux semaines à Bangkok. Si la maladie avait beaucoup fait parler d’elle en France, elle est ici beaucoup plus commune. Après cinq jours de quarantaine et quelques doses de tamiflu, j’étais à nouveau en pleine forme !

Parallèlement, je me suis équipé et formé pour construire les outils qui permettront de faciliter la gestion des projets : apprentissage du langage VBA pour construire des logiciels simples d’utilisation sous excel, construction de bases de données … Des savoir-faire qui, je l’espère, seront utiles le moment venu.

J’ai ensuite passé trois semaines à Maewe, pour un nouveau temps d’immersion. L’objectif, après avoir appris à me débrouiller en thaï, est d’apprendre à parler karen (la plupart des villageois ne parlent que ce dialecte).

Il faut maintenant prendre le temps de confirmer les résultats des études qui fondent le projet ‘Terres Karens’. L’ensemble du projet repose sur ces travaux que nous avions faits à Paris, et sur les quelques semaines que j’avais passées dans le village l’an dernier.

Cette expérience et ces travaux sont encore insuffisants pour mettre en place un projet qui  corresponde vraiment aux besoins et aux attentes des karens du village.

C’est une première phase assez longue et compliquée, notamment parce que la communication reste encore difficile, L’apprentissage du thaï et du karen n’est pas évident : Les langues utilisent en particulier des tons que les phonèmes occidentaux ne connaissent pas, ce qui ne facilite pas les choses : par exemple, en thaï, les mots ‘proche’ et ‘loin’ s’écrivent en alphabet latin de la même manière, mais se distinguent par une légère différence d’intonation…

Pendant ces trois semaines, je donnais le matin des cours d’anglais, et l’après-midi je prenais des cours de karen. Mon professeur s’appelle Kitirot, un karen qui m’accompagnera cette année dans nos projets. Le soir, j’allais dans les maisons pour faire connaissance avec les familles. Je suis aussi allé faire quelques enquêtes sur le terrain dans les rizières de montagne, invité par les uns et par les autres.

Ici, je suis le seul occidental, et tout le monde est très accueillant. Dans ma maison, il n’y a pas encore l’électricité, mais je suis installé confortablement. Le village est à un peu plus d’une heure de piste de la première route goudronnée, et souvent il faut faire les derniers kilomètres à pied parce que le 4.4 patine dans la boue, saison des pluies oblige. La beauté des paysages et la gentillesse des gens compensent très largement les conditions de vie difficiles.

Ces six semaines ont donc essentiellement été un temps d’écoute et d’apprentissage. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant de pouvoir être opérationnel pour réunir une équipe de création d’une coopérative agricole. C’est l’objectif que je me fixe pour ces six prochaines semaines.

Ici, il n’y a pas internet et le téléphone ne capte pas, aussi je ne pourrai répondre à vos messages que toutes les deux semaines, quand je redescends à MaeSot pour prendre un bol d’air et parler un peu français avec les autres volontaires. Vous aurez sinon des nouvelles de la vie à Maewe et de nos projets toutes les six semaines.

Voilà pour quelques nouvelles du terrain !

À Paris, l’association s’organise désormais autour de Nicolas Boutin, Nicolas Neiman et Noël Barjon, des centraliens de deuxième année. Elle continue de réunir toutes les bonnes volontés qui souhaitent donner un peu de leur temps en mettant leurs compétences au service des karens. Ce seront eux qui organiseront la vie de l’association, donneront vie à vos projets ou relayeront à Paris le travail du terrain. Pour les contacter, écrivez leur à l’adresse contact@terres-karens.org.

À très bientôt, pour plus de nouvelles de notre projet ‘Terres Karens’ !

Alexis Balmont, volontaire pour les Missions Étrangères de Paris 

Premières nouvelles du projet Terres Karens !

Je suis bien arrivé à Bangkok ce matin. Je loge à la maison des Missions Étrangères de Paris sur l’avenue Silom, et je commence demain matin à apprendre les bases de la langue thaï à l’école linguistique de la ville. J’y côtoierai d’autres volontaires, mais aussi du personnel diplomatique ou des expatriés.

C’est la fin de la phase de préparation de ce projet, place maintenant à la mise en pratique ! Cette première phase aura été marquée par la création de l’association Terres Karens, la construction de son site internet, la publication des travaux de l’association et de son projet, la recherche de fonds pour le réaliser, et l’exposition photo pour le faire connaître et promouvoir l’association. C’est déjà un long chemin parcouru depuis le mois de janvier, et il convient ici de remercier tous ceux qui ont permis que ce travail ait pu se faire dans une ambiance efficace et chaleureuse, ceux qui ont accordé leur confiance à notre jeune organisation pour soutenir son projet et permettre qu’il se réalise, ceux qui ont accordé un peu de leur temps pour nous donner leurs conseils, ou qui ont mis à notre disposition leurs compétences ou leurs locaux… Il faut espérer aujourd’hui que leur confiance ne sera pas déçue !

Je rejoindrai dans deux semaines le village de Maewe, le village-pilote de notre projet, où je logerai au sein du pensionnat de l’école primaire, notamment pour continuer plus facilement mon apprentissage des langues en vivant avec des karens.

Pendant ces quinze jours d’étude à Bangkok qui me séparent de mon installation là-bas, j’en profiterai pour faire connaissance avec les responsables de la filière ‘Esprit Karen’ : un projet de valorisation et de commercialisation des produits issus du tissage traditionnel des femmes de la montagne porté par des femmes expatriées de Bangkok. Une coopérative de femmes tisserandes, dont les principes de fonctionnement se calquent sur ceux des coopératives agricoles, apportera des solutions concrètes à certains des problèmes rencontrés par la marque. Elle permettra notamment de fédérer les femmes en un unique interlocuteur structurel à même de gérer des stocks ; et des réductions de coût liés aux économies d’échelle et à l’organisation de l’approvisionnement en matières premières sont à prévoir.

Pour le projet ‘Terres Karens’, c’est aussi un moyen très concret de préparer les familles à réfléchir aux bénéfices liés à une organisation sous forme coopérative, en mettant pratiquement une telle organisation en place dans un secteur très spécifique. Il faut en outre espérer que l’organisation globale permette de proposer aux femmes de la montagne un prix de rachat de leur artisanat plus élevé que celui du marché. Cette hausse des prix pourrait provoquer un dynamisme local vertueux.

Je profiterai également de ces quinze jours pour identifier les administrations thaïlandaises qui seront à solliciter dans le cadre du projet, et prendre contact avec la mission économique française et les principaux acteurs qui pourront s’y investir.

Pendant ces quinze jours, je serai joignable par internet sur l’adresse électronique suivante : alexis.balmont@terres-karens.org. Par la suite, c’est à Bangkok que je serai cette année joignable par courrier, à l’adresse suivante :

Alexis BALMONT,
chez les Missions Étrangères de Paris
254 Silom Road
Bangkok, THAILAND

Les volontaires de passage ou les permanents me feront suivre ce courrier, et je vous promets de répondre à toutes les lettres. Je n’aurai en revanche accès à internet que trois ou quatre fois par mois. Je vous communiquerai d’autre part le numéro de téléphone mobile que je me serai procuré ici, mais les problèmes de réseaux seront les mêmes. Vous serez cependant tenu au courant des avancements du projet régulièrement.

En France, l’association Terres Karens continue de vivre et de relayer le travail effectué ici sur le terrain, et toutes les bonnes volontés sont les bienvenues !

À très bientôt pour plus de nouvelles de notre projet ‘Terres Karens’

Alexis Balmont, volontaire MEP

www.terres-karens.org