Saison des pluies – Mae Woei Clo

Aujourd’hui le village de Mae Woei Clo s’est réunit pour le grand nettoyage de printemps …euh… saison des pluies disons ! Chacun, homme, femme, enfant s’est armé de pioches, machettes et bonne humeur à revendre, pour rendre au village le caché que la jungle s’approprierait volontiers.

Ainsi donc des centaines de mètres de bambou et plusieurs mètres cube de terre ont été terrassés. Les bambous serviront à la réalisation de clôture autour de l’école empêchant ainsi aux buffles de venir déguster les fleurs. Les derniers terrassements autour des nouveaux bâtiments de la coopérative ont été réalisés sous les ordres de Krishopa, l’entrepreneur du village, donnant ainsi un aspect finit a l’ouvrage. On croirait presque entendre les couturières chanter des chansons karen rythmées par les machines à coudre.

De leur coté, les machines à coudre se portent a merveille, aiguilles affutées, mécanique bien huilée, oui, je crois qu’on peut dire qu’elles tournent comme des montres !! Et heureusement, car les couturières se lancent dans 6 nouveaux produits : la trousse « polochon », la corbeille a pain, le sac « fraise » en forme de fraise, le sac trapèze, le sac « Mae Woei Clo » et le « gros sac ! » pure manque d’imagination…, heureusement les couturières en ont et n’ont pas finis de nous la montrer !

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Dernières semaines de Claire à MaeWoei

– Par Claire Scaramus, volontaire Terres Karens à Mae Woei Clo –

Bonjour a tous,

Je reviens vers vous pour une dernière newsletter, début décembre ma mission se terminera.

Novembre : la récolte du riz

Ce mois ci, les Karens sont allés couper le riz, ils sont plutôt contents, la récolte est bonne. Travail harassant, il fait chaud, les sangsues vous grimpent sur les jambes, les plans entaillent les mains et donne des démangeaisons sur les bras, les insectes piquent, mal au dos…le riz coupe, il faut ensuite le battre pour en récolter les grains, puis le redescendre a dos d homme au village. Ensuite il faudra le piler pour le séparer de sa coque, puis le tamiser. Les villageois arrivent au bout de leur réserve de bois, les femmes reviennent chaque jour avec de lourds fagots sur le dos. Chaque jour il faut aussi aller chercher à manger dans la jungle, laver le linge à la rivière, aller chercher et préparer la bouffe pour les cochons, s’occuper des enfants…pas de repos pour un Karen.

Il n y a presque plus de manioc dans la forêt, l’activité tissage a donc un peu repris, mais sans être à fond puisque les femmes vont à la rizière pour la récolte.

Dernières nouvelles de l’atelier de couture

Les 4 couturières ont décidé de s’acheter une machine à coudre. L’une d’entre-elles veut en acheter une neuve, les autres rachèteront à moitie prix nos anciennes machines, elles paieront de manière échelonnée. Durant ces dernières semaines, nous en profitons pour apprendre a créer un produit d’après photo, revoir les produits dont elles ne sont pas sures de se souvenir, traduire en Karen le cahier de patrons et ses fiches techniques et aussi passer du bon temps ensemble comme une journée pêche, cueillette et pique-nique dans la jungle.

Quelle chance j’ai eu de travailler avec ce groupe de femmes ! Elles ont accompli un travail formidable en 10 mois de formation, sont restées engagées, appliquées, motivées jusqu’au bout, elles ont défait et refait leur ouvrage des centaines de fois sans jamais râler ni se décourager, le résultat de leur persévérance est là aujourd’hui. Leur niveau est très satisfaisant et, surtout, elles sont autonomes, grâce entre autres à la belle entraide et complémentarité qu’il y a entre elles. L’arrivée de Bleshri dans le groupe est une chance, elle va assurer la pérennité du projet grâce à son travail de gestion et de coordination.

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Merci !

Une merveilleuse année passée avec les Karens, à partager leur quotidien, leurs joies, leurs peines, leurs traditions. La vie en immersion dans le village et dans leur culture a été pour moi une expérience humaine très profonde. Ici on est dans l instant, dans le cœur à cœur, dans le vrai. Un grand merci au Père Alain et à Terres Karens de m’avoir soutenue dans ce projet, à l’école Sainte Louise et sa coopérative d’élèves (Paris) qui nous ont donné les fonds pour le démarrer et à tous les villageois de Mae Woei, pour m’avoir accueillie avec tant de gentillesse et de générosité dans leur village, leur maison et leur cœur.

Jean Baptiste qui me succède est arrivé, je lui souhaite autant de bonheur que tout ce que j’ai vécu ici et plein de courage et d’énergie pour poursuivre ce beau projet.

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Des nouvelles de la coopérative et de l’atelier de couture !

– Par Claire Scaramus, volontaire Terres Karens à Mae Woei Clo –

Bonjour à tous,

Ça y est, me revoilà pour quelques nouvelles de la coopérative de tisserandes et couturières de Mae Woei Clo City!

Des nouvelles des tisserandes

Depuis plusieurs semaines, le travail des tisserandes tourne au ralenti. Il y a le travail à la rizière bien-sur, mais surtout, tout le monde part dans la forêt à la recherche de manioc. Leur récolte est rachetée le jour-même par une famille, qui elle, les revend à la ville la plus proche, c est une source de revenu rapide pour tous. Du coup, dimanche, au rachat des tissus, résultat : cinq tissages nous reviennent (pour une trentaine auparavant) et trois femmes qui viennent pour chercher du fil pour tisser. Gloups ! Et cela, juste à la période où les commandes affluent… Il faut donc s’organiser et jouer avec le réseau des villages de la montagne.

La coopérative lance malgré-elle une nouvelle mode à Mae Woei. Je m’explique, lorsque une tisserande fait des erreurs dans le tissage du lès, elle doit racheter le fil, le retisser et du coup, ce lès loupé lui appartient. Depuis quelques temps, les femmes transforment ce lès en sarong pour leur mari. Je croise alors des hommes avec des sarongs colorés, aux rayures absolument pas traditionnelles (les lés tissés sont des rayures que les femmes ont inventées pour la coopérative, mais ne sont pas des motifs utilisés pour les vêtements Karens). De même que je me suis mise à tisser des sacs en empruntant des motifs de la coopérative, les femmes ont trouvé que c était joli et se mettent à tisser de nouveaux sacs. (D’autres infos sur le projet coopérative ici).

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– l’apprentissage du tissage aux plus jeunes –

Des nouvelles des couturières

Ça y est, nous avons racheté les deux dernières machines à coudre. Dorénavant, il ne devrait plus y avoir de problème. Les conditions de travail des couturières en sont nettement améliorées ainsi que la qualité de leur travail. Bleshri se met aussi à l’apprentissage de la couture puisque les anciennes machines sont maintenant disponibles. C’est une bonne chose puisqu’elle sera amenée à juger de la qualité de la production. En même temps, elle continue à se former à la gestion de la coopérative.

Les couturières sont autonomes ! Dernière étape de leur apprentissage, je leur ai demandé de coudre des produits de leur choix avec tissus de leur choix en mon absence. A mon retour, le bilan est très positif : elles ont bien compris l’harmonisation des couleurs (au goût des occidentaux !), ont choisi des produits pas très faciles et la qualité est bonne. Bref, elles se lancent et se débrouillent comme des chefs ! Lorsque je suis à l’atelier, nous en profitons pour apprendre à créer de nouveaux produits.

Dans un mois, leur formation touchera à sa fin. Ma mission se termine et elles devront alors poursuivre leur travail seules. J’ai confiance en elles et ça aura été une grande chance pour moi de travailler avec ce groupe qui a appris vite et qui a montré sans relâche motivation, engagement et application. Mais ça aura été avant tout une belle aventure humaine avec des liens forts qui se sont tissés. (Plus d’infos sur l’atelier de couture ici).

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Des nouvelles de Mae Woei : mai 2012

Par Claire Scaramus, volontaire à Mae Woei Clo depuis le mois de décembre 2011. Claire initie la création d’un atelier de couture pour la coopérative. 

Ce mois ci a été marqué par la rentrée des classes. On sent vraiment que la vie du village est de nouveau rythmée par la scolarité des enfants. Avec ça, l’arrivée des pluies que l’on attendait avec impatience : la chaleur était devenue insoutenable. Marie et Vincent Roqueplo sont venus quelques jours à Mae Woei pour faire un reportage sur la coopérative. Interviews de Porimoh, Posemoh et Kitirot, à l’aise devant la camera qu’ils n’avaient pourtant jamais vue. Ils ont ainsi pu parler de leur travail, de leur motivation, échanges très intéressants.

Lorsqu’on demande à Kitirot comment il envisage son avenir au sein de la coopérative, il répond qu’il aimerait y travailler toujours et étendre ce projet à d’autres villages. Il aimerait que le monde connaisse les Karens et ses savoir-faire comme le tissage, partie intégrante de leur culture. Porimoh remercie le Père Alain de leur apporter de nouveaux métiers dans le village et dit que si les karens avaient des sources de revenu, cela éviterait la déforestation pour faire la rizière. Ils pensent aussi que ce projet aide à la sauvegarde de leur culture.

J’apprends qu’hier, lors d’une réunion des villageois avant l’élection des Obautos (fonctionnaire qui s’occupe de l’aménagement du terrain, des routes…), leur chef a posé beaucoup de questions sur la coopérative et aurait dans l’idée de reproduire le projet dans d’autres villages de la montagne. Il a beaucoup entendu parler de la coopérative qui commence a être connue de tout le secteur.

L’atelier couture marche toujours aussi bien. La marque de nos créations s’appellera Takinya (ce qui, en karen, signifie « tissu », « tissage »). Les produits réalisés sont de plus en plus difficiles mais les couturières ne se découragent pas et progressent rapidement. Nos conditions de travail ne sont pas toujours évidentes : chaleur, manque de lumiere parfois, machines pas très bonnes (heureusement que Posepah est toujours là pour nous les réparer !), fers a charbon moyenâgeux, trop chauds ou vite froids…

On espère que vous avez recu notre début de production en France et que les créations seront appréciées. Voilà maintenant trois mois que les femmes se forment a la couture, elles devraient commencer à toucher un revenu sur leurs produits le mois prochain. Revenu qui sera bien apprécié, par Semuklemo entre autres, qui vit dans une toute petite maison de bambou et qui élève seule sa fille, sans aide de personne. La courageuse a refait son toit de feuilles seule et tisse sur son temps libre pour avoir un peu d’argent.

Porimoh en plein travail

Nous travaillons aussi sur la pérennité du projet afin que l’atelier continue à tourner après mon depart. Bleshri, qui vient de finir ses études et qui est rentrée au village, a été employée par la coopérative et est formée à la coordination de l’atelier de couture. Elle a déjà appris à calculer le coût de revient d’un produit, sera formée à la comptabilité, c’est elle qui jugera (avec Kitirot et moi) de la qualité des produits, paiera les couturières chaque semaine, tiendra le cahier de production, sera le lien entre Mae Sot et Mae Woei, portera la production, achètera la mercerie dont les couturières auront besoin, prendra les commandes auprès des volontaires… il reste sept mois pour la former à tout ça. Je vais préparer aussi petit a petit les couturières à leur autonomie, je vais les laisser petit à petit coudre seules et observer là où elles rencontrent des difficultés. Petit à petit, une partie de la production de la filière de commerce équitable Esprit Karen faite a Mae Sai et vendue en France, sera sous-traitée à Mae Woei.

Encore merci à tous pour votre soutien et rendez-vous le mois prochain pour d’autres nouvelles !

Des images du terrain

À 3 au bout du monde : Marie-Alix et Vincent Roqueplo

Grâce à Vincent et Marie-Alix Roquplo et au soutien de la Bac Asso, vous pouvez maintenant suivre les dernières avancées de nos projets … en images !

Trois reportages sur

Voilà un peu plus d’un an que Vincent et Marie-Alix sont mariés, le même goût du voyage chevillé au coeur.

Mercredi 29 février 2012, ils ont quitté Paris, familles, métros-boulot pour aller réaliser une trentaine de reportages vidéos sur les trois “continents” où sont présentes les deux associations qui s’associent à leur projet : l’ordre de Malte et la BacAsso (Missions Etrangères de Paris). L’objectif est de mettre en lumière les initiatives positives méconnues.

Ils publient leurs reportages sur leur blog, et le plus largement possible dans les médias.

BacAsso regroupe les initiatives portées par des anciens volontaires des Missions Etrangères de Paris, comme notre projet Terres Karens.