En terre karen #2

Vidéo

Premier projet soutenu par l’association, la coopérative de tisserandes regroupe aujourd’hui 70 tisserandes réparties sur 7 villages. Elle leur permet de se regrouper pour répondre à des commandes de tissus importantes, apportant ainsi un revenu régulier supplémentaire dans le foyer.

Nouvelles de Mae Sot

Guyonne et Hubert, jeunes mariés, viennent d’arriver pour un an en volontariat pour Terres Karens à Mae Sot ! Voici de leurs nouvelles.

 » Taillo taillo : une fois le OUI prononcé, nous nous sommes élancés gaiement dans le Royaume de Thailande !

Les Missions Etrangères de Paris nous ont confié une mission de couple pour un an. Nous prenons la suite de Benoît et Yzé qui ont retrouvé leur chère Belgique. Quelques événements heureux nous ont empêchés de nous croiser en Thaïlande : c’est donc Solenne qui a été responsable de gérer le tuilage. Merci à elle pour ces très bons moments.

Après un mois d’apprentissage de la langue Thaï à Bangkok, nous avons suivi le Père Nicolas et le Père Alain pendant quelques jours. Chacun d’entre eux essaye d’être présent dans les villages Karens, reculés au fin fond de la jungle, pour célébrer une messe de Noël ! Chapeau à vous chers Pères !

Maintenant à nous de jouer : gonflés par cette joie reçue de Noël et par le brief très pro de Solenne, nous découvrons petit à petit l’univers du tissage Karen.

Belle année 2014 ! Qu’elle soit grande !

Guyonne et Hubert  »

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Du nouveau chez les volontaires Terres Karens!

Mae Sot

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Après 1 an passé à Mae Sot, Benoit & Yzé sont rentrés en Belgique. Durant toute cette année, ils se sont occupés de la gestion des projets Terres Karens en Thaïlande. Entre réception et envoi pour transformation des lès de tissus, gestion de la comptabilité en Thaïlande, création de produits et envoi de plus de 4000 produits en France ils ont aussi pu donner des cours dans une école de Mae Sot.

Merci encore à vous deux pour cette année, et bon retour en Belgique !

Depuis novembre, c’est Solenne, qui a pris le relais pour 2 mois.

Mae Woei Clo

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Jean-Baptiste et Cyrille ont terminé leur volontariat à Mae Woei. Ils ont accompagné le fonctionnement de la coopérative et de l’atelier de couture depuis respectivement 9 et 3 mois.

Avec eux ce sont plusieurs milliers de mètres de tissus qui ont été tissés, achetés, et acheminés à Mae Sot. Ils ont pu participer à la vie du village, au rythme des saisons, des fêtes et des activités des karens.

Début octobre, c’est Florian qui a repris la gestion de la coopérative pour quelques mois.

Le rôle des volontaires est primordial pour Terres Karens, car ils sont le relais entre la France et la Thaïlande. Terres Karens est avant tout une association d’anciens volontaires de terrain au service du terrain.

Merci encore à Yzé, Benoit, Cyrille et Jean-Baptiste pour leur investissement, leur disponibilité et leurs compétences apportées aux projets TK ! Et bonne mission à Solenne et Florian !

Deux belges à Mae Sot, à la découverte de la coopérative de tissus Terres Karens

– Par Yzé et Benoit Thillaye, volontaires Terres Karens à Mae Sot –

 Après une longue lignée française de volontaires sur le terrain représentée par Foulques Le Tarnec, Thibault et Adélaïde Asselot ainsi que par François-Xavier Lot, voici enfin deux belges pour reprendre la gestion de la coopérative de tissus de Mae Woei Clo.

Nous sommes arrivés le 13 novembre à Bangkok. Après une semaine de tuilage avec le volontaire précédent, un mois de cours de thaï dans la capitale, nous emménageons enfin à Mae Sot, dans notre petite cabane pleine de lés.

Quelques jours après notre arrivée, Jean-Baptiste Lassalas a repris le poste de Claire Scaramus à Mae Woei Clo. Il s’occupe de la gestion de l’atelier de couture avec l’aide de Blechrie et Kitirot, deux salariés Karens.

Notre quotidien à Mae Sot 
Le travail de la coopérative est passionnant et prenant. Nous avons passé nos premiers mois de mission à découvrir la coopérative et voir comment nous pourrions améliorer davantage son fonctionnement. Il faut dire que Thibault et Adélaïde Asselot nous avaient laissé d’excellentes bases. Par exemple, la création du logiciel de comptabilité BOB, qui nous est d’une aide précieuse. Nous avons donc continué leur travail en nous penchant tout d’abord sur les supports visuels, en reproduisant plusieurs nuanciers de couleurs (à distribuer à nos partenaires), nous avons commandé des étiquettes en tissu afin de régulariser l’envoi des produits en France. De plus, nous sommes actuellement en train de réaliser un nouveau catalogue en anglais, sur base de celui réalisé précédemment par François-Xavier Lot, pour les produits de Mae Woei Clo. Celui-ci nous aidera lors de la recherche de nouveaux points de vente en Thaïlande. Nous élargissons aussi le panel de couleurs suite à des demandes de clients. Nous sommes également en train de négocier un partenariat avec un magasin Karen, situé au cœur de Mae Sot.

Nous recevons régulièrement des commandes de lés des expatriées d’Esprit Karen Bangkok ainsi que de Terres Karens France. Depuis quelques semaines, nous travaillons sur notre première collection, qui a pour thème « la plage ». En effet, suite à une demande de l’un de nos clients situé à Koh Tan (minuscule île située près de Koh Samui, dans le Golfe de Thaïlande), nous nous sommes attelés à réaliser des produits marins. Par la suite, nous espérons pouvoir toucher d’autres points de ventes dans les îles car les touristes sont souvent avides de produits réalisés localement. Benoît, ancien étudiant en marine marchande, se sent comme un poisson dans l’eau dans cette nouvelle tâche.
Nous avons récemment été à Bangkok pour l’achat de cotonnades des produits destinés à Terres Karens France. En effet, ils sont en train de concocter de belles collections avec l’aide de Laure Macé de Lépinay, ancienne volontaire styliste, créatrice de la collection SWAI (qui signifie « beau » en thaï).

Volontaires à Mae Sot - Terres Karens

Escapade prochaine à Mae Woei Clo et Mae Sai

La semaine prochaine, nous recevrons les expatriées d’Esprit Karen à Mae Woei Clo. Durant leur séjour de trois jours, elles auront la chance de rencontrer les tisserandes et les couturières du village. Ces dernières leur montrerons leur atelier, leurs métiers à tisser, etc. Jean-Baptiste Lassalas, quant à lui, les invitera à la vente des fils qui a lieu tous les dimanches après la messe. Cette expérience leur donnera une idée plus précise du processus de confection des lés qu’elles nous commandent.
Après ce séjour, nous nous rendrons à Mae Sai, dans le nord du pays, afin de rejoindre les couturières de Terres Karens France. Nous nous réjouissons de les rencontrer et de leur soumettre les idées de produits de la France. A la suite de cette rencontre, nous réaliserons un catalogue des produits confectionnés là-bas.

Et la suite sera pour de nouvelles aventures belgo-franco-thaïo-karen…Tcheu khan maï comme on dit ici (« à très bientôt ») !

A la découverte du Siège Asie de Terres Karens : Mae Sot City.

Il est 6h22 quand l’hôtesse dans son tailleur pas du tout taillé à sa taille vous tapote sur l’épaule avec un grand sourire pour vous réveiller. Elle vous invite à descendre du bus. Ce réveil vous l’avez déjà vécu lorsque vous aviez 5 ans. A la fin d’un voyage de nuit familial en voiture, on vous arrache votre doudou et votre sommeil, vous grommelez, on vous dit que le voyage est fini mais vous en voulez à toute la terre(s) (Karens) entière.

Vous sortez donc du bus et vous êtes agréablement surpris par la douceur du temps, loin de l’humidité de Bangkok quitté 9 heures auparavant. Vous êtes enfin arrivé à la gare de bus de Mae Sot avec ses moto-taxis, ses Sangtheo, ses pubs Pepsi et ses odeurs de poissons. Une fois votre sac sorti de la soute vous prenez un taxi-moto qui vous amène au 184 Intharakheeree Road. Il vous dépose devant un petit portail en bois après avoir traversé la ville et croisé 15 chiens errants, 3 temples bouddhistes, 7 magasins de massage, 2 thaïlandaises en pyjama et 17 moines en train de mendier leur nourriture pour la journée.

Vous poussez le portail et continuez tout droit sur 25 mètres pour tomber sur une magnifique petite maison en bois sur pilotis de 30 m² ; (roulements de tambour) vous voici enfin arriver devant le « Terres Karens Asian Head Office » !! Vous ne cachez pas votre joie et un grand sourire illumine votre visage de volontaire MEP heureux et radieux et crasseux aussi.

A l’intérieur, l’ancien couple gérant de l’exercice 2011-2012 a vraiment fait un super boulot, tout est parfaitement agencé. Dans une seule et même pièce on trouve un « espace réception » avec une table basse de 50 cm², deux sofas (coussin en fait), portrait du roi, de JP2 ; un « espace bureau » avec ordinateur, imprimante, pot à crayons et clés USB et enfin un « espace stock » avec une armoire de tissus pleine à craquer.  On trouve également dans la maison une chambre et une salle de bains ; bref le grand luxe pour une belle mission.

C’est dans cet environnement que le PDG-volontaire travaille pour l’association. Au programme : gestion des comptes, analyse financière des cours du tissu, gestion des stocks de lés, enregistrement des commandes, création de nouveaux supports de com, marketing vestimentaire, réceptions des produits et envoi à Bangkok et en France. En définitive, cette maison est une vraie plateforme pour la gestion de la production et pour l’envoi.

Si vous voulez devenir le prochain PDG de Terres Karens Asie, inscrivez-vous rapidement sur : http://volontariat.mepasie.org/.

François-Xavier Lot, PDG de Terres Karens Asie

Des nouvelles de Claire ! Mars 2012

Claire Scaramus, volontaire à Maewe

Voila quelques nouvelles toutes fraîches arrivant de Mae Woei ! Enfin, toutes fraîches … Il commence a faire bien chaud !

Ca y est : les villageois ont brûlé les terres pour faire la rizière. Ce jour-là personne ne tisse : les anciens disent que ça apporterait de mauvais presages pour la riziere.

Ce sont maintenant les grandes vacances, les enfants sont heureux et passent leur journée à se baigner dans la rivière, à pêcher, à s’amuser, ce qui n’empêche pas leurs mères de travailler. C’est aussi l’époque où les villageois refont leurs toits de feuilles avant l’arrivée de la saison des pluies, l’époque des réserves de bois et des mariages.

La cooperative fonctionne bien et les tisserandes ont du travail. Elles sont une quinzaine à Maewe à tisser toutes les semaines et demandent du fil avec impatience. L’autre jour, alors que je m’étais absentée pour aller refaire faire mon visa,  que je revenais d’une longue route, à peine un pied dans la maison et les villageoises m’ont alpaguées, réclamant du fil pour tisser. Elles ne me ménagent pas !

Claire et les tisserandes, dans le magasin coopératif de fil

Une trentaine de lés sont donc tissés par semaine, parfois plus, sans compter les autres vilages. Kitirot est vigilant sur la qualité des tissages. Nous avons essayé de trouver des moyens pédagogiques pour expliquer à celles qui ne connaissent pas les mesures, la largeur des frises… pour les tissus de Laure, qui est venue cette semaine.

L’autre jour, une femme me racontait que des villageoises de Mepohki (un village voisin, à deux heures de marche) ont voulu aller acheter leur fil à Mae Tan (la grande ville la plus proche, à 90 kilomètres). Elles ne l’ont pas trouvé de bonne qualite et, sont donc revenues a Mae Woei pour faire leurs achats en disant qu’elles préféraient le fil de la coopérative. La bonne blague !

A mon avis il va y avoir plus de femmes qui tisseront le mois prochain avec le retour au village, pour les vacances, des jeunes filles qui étudient à la ville.

L’atelier couture fonctionne bien ! Ca y est,la quatrième machine à coudre a été achetée, elles ont donc maintenant chacune leur outil de travail.

La quatrième machine à coudre, en route pour la montagne

Les couturières progressent chaque jour et restent motivées et investies. Elles ont fait une jolie production joyeuse et colorée que l on vous enverra pour la vente de Mai. Il a été décidé que les couturières pourraient continuer à tisser une fois qu’elles commenceront à toucher un revenu sur la vente des produits. Elles sont quatre, s’entendent bien, se complètent et s’entraident.

Porimoh en plein travail

Maintenant que l’atelier a commencé, d’autres voudraient venir apprendre mais nous manquons de place. L’une des couturieres a décidé de s’acheter une machine pour coudre chez elle, une autre le prévoit aussi.

J’ai prévu d’organiser des cours le samedi pour les villageoises de Mae Woei qui aimeraient venir apprendre en dilettantes, et coudre par exemple leurs jupes.

Bientôt Sonkran, la fête de l’eau, des jours fériés à respecter, qui vont me permettre de partir me promener.

Tout va bien, je suis toujours aussi heureuse !

En savoir plus sur le projet d’atelier de couture 

Plus de photos du mois de mars

Un atelier de couture

Claire Scaramus, volontaire à MaeWoeiClo

 

 La formation Couture a commencé ! 

J’ai acheté tout le matériel pour commencer la formation (restent encore une machine à coudre, une armoire, un fer et une planche à repasser).  Mi-janvier, nous avons fait une réunion avec les femmes qui aimeraient se lancer dans la couture.  Après avoir pris connaissance du projet, des règles d’engagement… elles ont eu un temps pour réfléchir et parler ensemble, puis nous nous sommes à nouveau réunies.  Plusieurs aimeraient apprendre mais ont des enfants en bas âge avec personne pour les garder.

Pendant la réunion : “moi j’ai une question ! Est-ce qu’on pourra mâcher du bétel ? Non, mais parce que moi je ne tiendrai jamais une matinée sans chiquer !» Si ça ne tient qu’à ça … on peut chiquer !

In fine, quatre couturières : Pojimo (la chiqueuse), Tjepomo, Hkupomo et Semuklemo.

Une belle table de coupe a été faite par Emoupah ; nous avons acheté en plus une grande armoire de rangement à un thaï vendeur ambulant (visite rarissime). L’armoire a un grand miroir, quand les villageoises sont venues le dimanche chercher du fil, toutes riaient de se voir, parfois peut-être pour la première fois, en pied dans notre armoire !

Toutes sont très motivées, ponctuelles, appliquées, engagées. Un début qui promet.

Pourquoi une formation couture ? 

La création d’un atelier de couture au sein de la coopérative répond à des besoins locaux forts :

  1. Minimiser les coûts de la coopérative et les délais de production : la transformation des tissus se fait sur place, et la coopérative économise le temps et l’argent qu’elle investit pour se rendre à MaeSaï.
  2. Proposer une formation professionnalisante à des jeunes femmes : contrairement au tissage, la couture leur permet d’acquérir un savoir faire professionnel qu’elles pourront valoriser dans la vallée, si elles éprouvent le désir de quitter leur village.
  3. Participer à la pérennité de la coopérative : la coopérative internalise la transformation des tissus, et s’affranchit d’un intermédiaire extérieur. Le projet d’atelier de couture contribue à valoriser les savoir-faire traditionnels (le tissage) et à proposer de nouvelles sources de revenus aux femmes.
  4. Favoriser le lien social : les plus jeunes transforment le tissu de leurs mères ou de leurs grands-mères.

Cinq personnes … c’est tout ? 

Le projet est testé à une micro-échelle pendant un an. C’est de cette manière que nous aimons développer de nos projets : si le projet répond à un besoin fort, il se développera ; si c’est une erreur d’appréciation, il ne se poursuivra pas, et les dépenses auront été minimisées.

En savoir plus sur l’atelier de couture …


Quelles sont les nouvelles – Janvier 2011

La coopérative de tisserandes continue de se développer !

Fin novembre, je vous racontais comment nous avions décidé avec Kitirot de nous lancer dans l’aventure de la création d’une coopérative de tisserandes, pour lancer les opérations sur un exemple concret. Après six semaines de fonctionnement riches en expérience et l’intégration de trois nouveaux villages à la structure, nous proposons aujourd’hui du travail et du fil à une soixantaine de femmes. Elles ont accès aux meilleures matières premières de la région à un prix unitaire en-dessous de celui du marché ; et peuvent aujourd’hui commercialiser leurs pièces de tissu jusqu’à Bangkok. Last but not least, si tout se passe bien, on trouvera bientôt des produits confectionnés à partir de tissus karens … en France ! Tous les détails dans cette partie !

Quelques mots pour se remettre en tête le fonctionnement de notre coopérative :

Une idée simple : s’organiser pour travailler ensemble

Acheter ensemble

Le projet est fondé sur une idée toute simple : si toutes les femmes se fédèrent, elles acquièrent un pouvoir économique qui leur permet de faire des économies importantes en achetant leurs matières premières à des prix de gros. Dans cette logique, elles peuvent aller acheter du fil de meilleure qualité à un prix unitaire plus bas.

En pratique, Kitirot et moi sommes allés enquêter dans les villes de la province ; et nous avons fait affaire avec un négociant de la ville de Chang Mai, à plus de 500 kilomètres de Mae Woei Clo. Monsieur Ngamlertrat, que nous appelons maintenant par son prénom (Ratana), nous envoie du fil à MaeSot en nous faisant profiter des accords qu’il a passés avec une entreprise de transport industriel thaï. Ce fil, de la meilleure qualité que l’on puisse trouver sur le marché, peut ainsi ensuite être revendu à Mae Woei Clo à un prix de bobine unitaire de 11 Baths. Une petite révolution pour nos tisserandes qui devaient faire deux heures de route pour acheter du fil de moins bonne qualité … à 15 Baths la bobine !

Vendre ensemble

En fonctionnant ensemble, les femmes acquièrent une structure pour vendre leurs produits sur les marchés. Seules, elles ne peuvent réunit suffisamment de tissu pour amortir le prix du transport jusqu’aux marchés thaïs ; et n’ont donc pas d’autres possibilités que de vendre leurs pièces d’artisanat aux villages alentours.

Petit souci : il y a peu de débouchés commerciaux pour les chemises traditionnelles karens…

Nous leur avons donc proposé de tisser des lais (c’est l’unité de mesure du tissu : une pièce de 3 mètres de long sur 45 centimètres de large) unies, et récemment plus compliquées, que nous nous chargeons de vendre, principalement à Esprit Karen, une association qui imagine et commercialise des produits à partir de tissu karen dans les réseaux expatriés de Bangkok.

S’organiser

Les femmes se réunissent tous les dimanches soirs pour prendre les décisions ensemble. Ce sont elles qui fixent les prix de rachat des pièces finies (en fonction des possibilités de vente et de la complexité des tissus) ; et qui sanctionnent le cas échéant les tissus de mauvaise qualité (chose que ni Kitirot ni moi n’avons le courage de faire).

La semaine, chacun peut se référer à Eyrimoh, cheffe élue de la nouvelle structure, qui doit prendre les décisions avec au moins deux autres tisserandes. Ces décisions devront être validées par tous à la fin de la semaine, mais il n’y a généralement pas de soucis.

Eyrimoh, la cheffe élue de la coopérative de tisserandes

Trois nouveaux villages s’intègrent au projet

Ayant eu vent des changements, des femmes des villages alentours ont voulu s’intégrer à cette nouvelle organisation pour profiter des prix de rachat du fil et trouver de nouvelles sources de revenus pour leurs foyers. Nous les avons acceptées avec joie, et elles ont élues leur responsable, qui se rendent toutes les semaines à MaeWoei pour participer aux réunions.

Toutes les tisserandes de ces nouveaux villages peuvent venir acheter leur fil à MaeWoei, et participer aux commandes de lais de tissu.

Ces trois villages, MaePoKi, PoMuBaLeKo et MaeOuLaKlo, sont situés à moins d’une heure de piste.

Un nombre croissant de tisserandes

Partant, ce sont aujourd’hui une soixantaine de femmes qui participent aux activités de la toute nouvelle coopérative, qui en achetant simplement quelques bobines de fil, qui en devenant tisserande à plein temps pour les commandes … Les choses avancent très vite ! Chacune est libre de tisser quand elle veut, mais il faudra veiller à faire suffisamment de stock pour proposer un service continu toute l’année à nos partenaires commerciaux, service qui ne tienne pas compte des saisons agricoles.

Cela fait des réunions plus joyeuses qu’aux tous débuts !

Qui tisse pour la coopérative de Mae Woei Clo ?

Diversification des achats et des ventes

Nous avons fait un catalogue qui donne un aperçu du savoir-faire des tisserandes ; il a fallu pour cela photographier tous les motifs de toutes les tisserandes, chacune ayant sa compétence propre… Une fois que chacune avait bien compris ce que la coopérative pouvait proposer comme produits à l’extérieur (des pièces de tissu normées et de bonne qualité), et avait fait ses preuves en tissant une lai unie de bonne qualité, nous lui proposons de tisser des pièces plus compliquées, qui, vendues plus chères, permettent d’augmenter ses revenus.

Un aperçu du catalogue

En conséquence, nous avons du nous procurer d’autres types de fil pour produire des tissus bien spécifiques (Kitirot et moi sommes devenus de véritables spécialistes : nous connaissons mieux que beaucoup de vieilles femmes les fils et les motifs traditionnels, leurs noms et leurs points de vente. Inutile de dire que tous les hommes ne se privent pas de se moquer de ces deux gaillards qui sont devenus plus renseignés que leurs propres femmes sur ces sujets bien féminins. C’est une source intarissable de blagues en tout genre…).

Pour vous donner un petit aperçu, nous nous procurons par exemple du fil karen (« prakegno ») dans un village de la montagne assez inaccessible (Poblaki), et du fil délavé bicolore (« a ki ») auprès de la Karen Women Organisation (KWO), une association qui travaille avec les femmes des camps de réfugiés. Heureusement, l’essentiel du fil est maintenant acheté au téléphone à Chang Maï. C’est plus simple : le réseau téléphonique n’est qu’à deux heures de piste…

Une meilleure qualité de fil au service d’une production haut-de-gamme

Aujourd’hui, il semble que nous devions nous placer sur un marché haut-de-gamme, qui tienne compte à la fois de la qualité de nos fils et de l’exigence de notre artisanat (qui implique une valorisation importante du travail de la tisserande). En ce sens, Esprit Karen, qui propose des produits aux réseaux expatriés de Bangkok, est un interlocuteur adapté.

Des commandes, enfin !

Si nous avons déjà vendu un premier stock de tissus unis, nous avons reçu la semaine dernière notre première commande de tissus complexes ! Elle vient de Bangkok, Esprit Karen. Nous la répartirons dimanche entre toutes les tisserandes. C’est, il faut l’espérer, le début d’un partenariat de long terme !

Et puis, si l’équipe de Bangkok parvient à séduire le marché expatrié, pourquoi ne pas développer une ligne de produit vers les marchés français ?

Un projet de commerce équitable : K4K (Karens for Karens)

Ce serait bien dommage de ne pas tenter l’aventure ! La nouvelle équipe fraichement élue de Terres Karens se lance à l’assaut de ce nouveau projet : plus de détails dans les paragraphes qui suivent …

Une nouvelle équipe pour Terres Karens

L’équipe de Terres Karens à Paris s’est réunie pour élire une nouvelle équipe : merci à tous les anciens, et place au nouvel organigramme !

L’association vivra cette année autour du commerce équitable, pour relayer la toute nouvelle coopérative de Mae Woei Clo. Parole à Nicolas Boutin, nouveau président de l’association :

 » Nous formons cette année une équipe de 8 étudiants issus d’écoles d’ingénieur et  de commerce,  et nous nous sommes ralliés à l’association Terres Karens d’Alexis avec pour objectif de créer une filière de commerce équitable. Nos compétences, conjuguées à l’expérience de volontariat que certains d’entre nous ont déjà faite au service de cette ethnie minoritaire, les Karens, nous permettent de bien cerner les enjeux de ce projet.

L’objectif à ce jour est de relayer la mise en place à Mae Woei Clo d’une coopérative de tisserandes, et de structurer un atelier de couture permettant de confectionner toute une gamme de produits karens : coussins, chemins de table, trousses, hamacs, sacs aux mille et une couleurs de ce peuple. Dans un second temps, importer ces produits sur le marché français permettra d’aider toujours plus de femmes karens (et tous leurs foyers…). Cette entreprise portera le nom de K4K (Karen for Karen).

Foulques, un membre de notre équipe, part rejoindre Alexis mi-janvier. Sa mission va être de définir un statut juridique à notre entreprise, afin que celle-ci soit conforme à la législation thaïlandaise, et d’assurer la cohésion et le travail d’équipe de toutes les parties-prenantes potentielles du projet sur le terrain : Esprit Karen (notre projet vient compléter le leur), coopératives de tisserandes, ateliers de couture… 

 De notre côté depuis Paris, fin février, nous pourrons commencer à démarcher les boutiques en France et voir comment les produits karens sont perçus sur le marché, pour confectionner des produits qui s’adaptent au marché français. « 

Un nouveau volontaire sur le terrain : Foulques LE TARNEC

Vous l’avez lu : nouveau projet, nouveau volontaire ! Foulques LE TARNEC, étudiant en école de commerce à EUROMED (Marseille), mettra donc pour cinq mois ses compétences au service de l’action de Terres Karens sur le terrain, pour aboutir, il faut l’espérer, à la création d’une entreprise permettant de proposer un nouveau débouché pérenne à la coopérative de tisserande de Mae Woei Clo. Pourquoi une entreprise ? C’est une structure plus pérenne et plus professionnelle qu’une association, qui sera plus crédible auprès des marchés français.

J’accueille Foulques à l’aéroport samedi, et nous fonçons dans les montagnes pour que je lui explique tout ce que je sais du terrain et des karens. Nous y définirons plus précisément les détails pratiques de sa mission, toujours en accord avec les Missions Etrangères de Paris, pour qui nous sommes tous les deux volontaires cette année.

Plus de nouvelles de ce projet dans la prochaine newsletter !

La coopérative de tisserandes : un exemple concret au service de la mise en place d’une structure plus large

Vous l’aurez compris, la création d’une coopérative de tisserandes n’est pas mon objectif principal. L’enjeu est de tester un modèle de coopérative qui permettrait, outre les tisserandes, d’apporter une structure pour organiser et moderniser la vie agricole ; et, à long terme (5 ou 10 ans), être suffisamment solide financièrement pour supporter des activités de crédit. Ces trois activités sont les trois activités qu’autorise la loi thaïlandaise.

Le projet initial de Terres Karens : une coopérative, mais pas seulement pour les femmes

Si vous avez lu les dossiers de présentation du projet ‘coopérative’, téléchargeables sur le site internet de Terres Karens (www.terres-karens.org, rubrique Nos Projets), vous savez déjà qu’une coopérative développant ces trois activités apporterait des solutions concrètes aux problèmes rencontrés par les villages karens de la région de Tak. L’objectif, pour cette année, plus humble, est de créer une coopérative à l’échelle d’un village.

L’enjeu est le suivant : si la structure est effectivement adaptée aux besoins de la région et trouve un accueil favorable (ce qu’on peut espérer au vu des premiers résultats de la coopérative de tisserandes), elle se développera facilement aux villages alentours, « naturellement », c’est-à-dire de la même manière que la coopérative de tissage se développe : en répondant aux demandes concrètes des habitants des villages voisins. Si tout se passe bien, ce sera l’objet d’un second projet qui commencera avec un nouveau volontaire à la rentrée prochaine.

Il faut donc qu’à un moment ou un autre la structure, profitant de l’exemple très concret des tisserandes, applique les mêmes principes pour développer d’autres activités.

Le déclic : « Mais, Alexis, pourquoi on ne ferait pas pareil pour le riz, ou pour l’essence ? »

La phrase est de Kitirot. Elle montre que l’idée fait son chemin dans les esprits des uns et des autres, et permet d’espérer une diversification des activités de la coopérative sous peu. Si l’organisation des tisserandes a encore besoin d’un accompagnement à plein temps pour au moins un bon mois, on peut espérer pouvoir appliquer les mêmes principes pour organiser un cadre pour la vie agricole ou l’approvisionnement en produits ‘non concurrentiels’ (il ne s’agit pas de priver les trois épiceries du village de leurs sources de revenus) : le riz, le piment, l’essence … Ce sera sans doute en ce sens que nous progresserons dans les prochaines semaines. Plus de détails, encore, dans la prochaine newsletter !

Gros plan sur …

Le logiciel de gestion de la coopérative

Dans la rubrique ‘innovation’, je vais vous présenter plus particulièrement aujourd’hui le logiciel de gestion de la coopérative. Je vous avais écrit dans les premières semaines que je me formais au langage de programmation d’Excel (ce qui n’a pas forcément du vous passionner) ; je peux vous donner aujourd’hui un aperçu de ce que ce travail m’a permis de faire (ce qui est un peu plus intéressant).

La problématique est la suivante : nous créons une structure économique un peu complexe à destination d’un public qui n’a pas forcément eu la chance de se former pour la gérer. A titre d’exemple, Kitirot ne connait pas les chiffres décimaux… Il faut donc créer un outil simple très simple d’utilisation qu’il sache utiliser. S’il pouvait me faciliter la vie dans le village, ce serait un avantage.

Sur la page d’accueil du logiciel, on trouve une carte du village.

Page de garde de notre logiciel de gestion

En cliquant sur une maison, on accède à une page qui présente un trombinoscope de ses habitants (ça, c’est pour moi, histoire de ne pas faire trop d’impairs diplomatiques quand on m’annonce avec un grand sourire : « Tu es invité à dîner chez Mouwimoh ! ». Réaction des premières semaines (intérieure) : « Au secours ! Qui est-ce !? ». Maintenant, plus détendu, je trouve la photo de Mouwimoh et l’emplacement de sa maison en quelques coups de clics).

Les 56 maisons du village ont le droit à une page analogue

En cliquant sur la maison du volontaire, on accède à un onglet de gestion de la coopérative.Le logiciel calcule le prix de revient des intrants en répercutant le coup des transports, garde en mémoire les tisserandes qui participent aux commandes en leur attribuant la bonne quantité de fil, gère les stocks de la coopérative, tient la comptabilité et gère le magasin de fil. Tout ça en quelques clics, que Kitirot, malin comme il est, a très rapidement maîtrisé.

Un petit aperçu de l’onglet de gestion de la coopérative, avec ce petit espace de vente

Nous sommes allés un peu plus loin en donnant des cartes de la coopérative à nos tisserandes (coût de la carte : 4 Baths = 10 centimes d’euros). Le logiciel, grâce à une poussette, lit le code barre et sait identifier la tisserande. On gagne du temps, et les tisserandes sont relativement fières de leurs cartes…

La carte de Nowawamoh, que le logiciel connaît sous le numéro 79 …

Dans l’onglet ‘Récapitulatif’, on a accès aux tisserandes à qui l’on a donné du fil et qui n’ont pas encore terminé de tisser. Lorsque qu’elles ont terminé, elles viennent nous trouver, le logiciel les identifie dans la liste, reporte le mouvement comptable et met à jour les stocks.

Personne ne pourra s’échapper dans la nature avec son fil

Bledimoh, toute heureuse de tisser à plein temps

Bledimoh m’a annoncé toute heureuse mercredi que grâce aux commandes de la coopérative, elle n’aurait pas à faire la rizière cette année. « Avec Blédipah –sic : son mari-, nous avons calculé que, si je tisse à plein temps, nous pouvions employer quelqu’un pour cultiver le riz à ma place, et nous sommes gagnants ». Puis elle m’a fait le descriptif de toutes les douleurs aux jambes que la rizière avait infligé à sa cinquantaine d’années, pour conclure par un joyeux : « Tu me sauves la vie, petit frère ! ». Outre de proposer une activité plus respectueuse de la santé des femmes du village, la coopérative crée donc une forme d’activité économique dans la montagne. Un effet tout à fait heureux que nous n’espérions pas aussi rapide.

On demande un ingénieur !

Le logiciel une fois terminé, il s’avère que la gestion de la coopérative ne prends pas beaucoup de temps. J’ai donc pu mettre mes compétences d’ingénieur au service des uns et des autres.

De la conception assistée par ordinateur

Voilà un aperçu des bâtiments que j’ai dessiné sur mon ordinateur thaïlandais. L’église est destinée au village de Poblaki, comme le pensionnat dont la construction a d’ailleurs déjà commencé. La maison est celle de Layo, qui, après quatre ans d’économies, a amassé de quoi se construire un véritable palace à l’échelle du village ! J’ai gagné un renom pas possible, et je me retrouve à devoir faire les plans de quatre autres maisons… (plus humbles, heureusement).

Le futur pensionnat de Poblaki

Une maison en dur pour Layo

La future église de Poblaki

Quelques statistiques de Mae Woei Clo

Grâce au logiciel, nous avons pu établir des statistiques à l’échelle de Mae Woei Clo. Les principaux résultats sont reportés dans le tableau suivant :

On remarque que les conclusions de nos études sont pertinentes : la pyramide des âges comporte un creux dans la branche des 18 – 35 ans. Tous les jeunes sont partis à la ville faute de ressources économiques dans la montagne, et le village n’est plus habité que par les personnes âgées et les enfants. Voilà de quoi nous redonner de l’ardeur à la tâche, pour essayer de créer une activité économique qui propose une vraie alternative à l’exode rural.

L’expérience karen du mois : alimentation

En rentrant de la pêche au masque la semaine dernière (la technique consiste, équipé d’un masque et d’un harpon, à explorer les dessous de berge pour y dénicher son déjeuner. Pour l’anecdote, les karens emploient l’expression consacrée « regarder les poissons »…) Loubopah a rapporté … un boa !

Loubopah

– Il y en avait deux sur le chemin, nous dit-il avec fierté, mais je n’ai réussi qu’à avoir le petit.

Petit qui mesurait quand même deux mètres de long. Après avoir fait la blague classique qui consiste à le jeter sur les nouveaux arrivants en criant « Serpent ! », il nous l’a … cuisiné. On le déguste avec les os et une bonne dose de piments ; et ce n’est pas mauvais. Il m’a décrit pendant un bon moment toutes les maladies que j’évitais en acceptant de manger le reptile, connu pour ses vertus médicinales ; et son discours a été si convaincant que je me suis resservi plusieurs fois. Depuis, je me porte comme un charme !

La directrice est, dans le même genre, passionnée d’araignées. Quand on est invité à dîner chez elle et qu’elle veut vous faire plaisir, on n’y coupe pas : vous avez dans votre assiette des araignées géantes.

Chrisamoh, directrice de l’école primaire de MaeWoei

Voilà pour quelques nouvelles du terrain ! Vous l’aurez sans doute deviné à la longueur de la newsletter, j’ai pris trois jours de repos après ces quelques mois sans pause … Inutile de vous dire donc que je suis en pleine forme !

N’hésitez pas à m’envoyer de vos nouvelles à l’adresse suivante :

Alexis BALMONT
92 / 9 Catholic Church MaeTowo
Tha Song Yang
C.Tak 63150 Thaïlande

Alexis BALMONT, Volontaire pour les Missions Etrangères de Paris
alexis.balmont@terres-karens.org
+ 668 00 31 53 57

 PS : Si vous voulez venir me voir, le village de Mae Woei Clo s’est récemment équipé d’une Guest House ! Toutes les informations en téléchargeant le document suivant :

Informations sur la Guest House

Premier bilan après six semaines en Thaïlande !

Après trois semaines passées à Bangkok, je me suis enfin installé dans le village de Maewe, dans la province de Tak, au coeur des montagnes qui forment la frontière avec la Birmanie.

Bref retour sur mes premières semaines à Bangkok : j’ai passé l’essentiel de mon temps à apprendre les bases du thaï et à m’acclimater à ce nouveau pays et à sa culture. J’en ai aussi profité pour prendre contact avec les personnes susceptibles de participer à un projet de coopérative agricole, et je me suis fait connaître des administrations.

Le changement de mode de vie et l’acclimatation à la société thaïlandaise s’est bien passée, bien que j’ai eu la chance (!) d’attraper la grippe A après seulement deux semaines à Bangkok. Si la maladie avait beaucoup fait parler d’elle en France, elle est ici beaucoup plus commune. Après cinq jours de quarantaine et quelques doses de tamiflu, j’étais à nouveau en pleine forme !

Parallèlement, je me suis équipé et formé pour construire les outils qui permettront de faciliter la gestion des projets : apprentissage du langage VBA pour construire des logiciels simples d’utilisation sous excel, construction de bases de données … Des savoir-faire qui, je l’espère, seront utiles le moment venu.

J’ai ensuite passé trois semaines à Maewe, pour un nouveau temps d’immersion. L’objectif, après avoir appris à me débrouiller en thaï, est d’apprendre à parler karen (la plupart des villageois ne parlent que ce dialecte).

Il faut maintenant prendre le temps de confirmer les résultats des études qui fondent le projet ‘Terres Karens’. L’ensemble du projet repose sur ces travaux que nous avions faits à Paris, et sur les quelques semaines que j’avais passées dans le village l’an dernier.

Cette expérience et ces travaux sont encore insuffisants pour mettre en place un projet qui  corresponde vraiment aux besoins et aux attentes des karens du village.

C’est une première phase assez longue et compliquée, notamment parce que la communication reste encore difficile, L’apprentissage du thaï et du karen n’est pas évident : Les langues utilisent en particulier des tons que les phonèmes occidentaux ne connaissent pas, ce qui ne facilite pas les choses : par exemple, en thaï, les mots ‘proche’ et ‘loin’ s’écrivent en alphabet latin de la même manière, mais se distinguent par une légère différence d’intonation…

Pendant ces trois semaines, je donnais le matin des cours d’anglais, et l’après-midi je prenais des cours de karen. Mon professeur s’appelle Kitirot, un karen qui m’accompagnera cette année dans nos projets. Le soir, j’allais dans les maisons pour faire connaissance avec les familles. Je suis aussi allé faire quelques enquêtes sur le terrain dans les rizières de montagne, invité par les uns et par les autres.

Ici, je suis le seul occidental, et tout le monde est très accueillant. Dans ma maison, il n’y a pas encore l’électricité, mais je suis installé confortablement. Le village est à un peu plus d’une heure de piste de la première route goudronnée, et souvent il faut faire les derniers kilomètres à pied parce que le 4.4 patine dans la boue, saison des pluies oblige. La beauté des paysages et la gentillesse des gens compensent très largement les conditions de vie difficiles.

Ces six semaines ont donc essentiellement été un temps d’écoute et d’apprentissage. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant de pouvoir être opérationnel pour réunir une équipe de création d’une coopérative agricole. C’est l’objectif que je me fixe pour ces six prochaines semaines.

Ici, il n’y a pas internet et le téléphone ne capte pas, aussi je ne pourrai répondre à vos messages que toutes les deux semaines, quand je redescends à MaeSot pour prendre un bol d’air et parler un peu français avec les autres volontaires. Vous aurez sinon des nouvelles de la vie à Maewe et de nos projets toutes les six semaines.

Voilà pour quelques nouvelles du terrain !

À Paris, l’association s’organise désormais autour de Nicolas Boutin, Nicolas Neiman et Noël Barjon, des centraliens de deuxième année. Elle continue de réunir toutes les bonnes volontés qui souhaitent donner un peu de leur temps en mettant leurs compétences au service des karens. Ce seront eux qui organiseront la vie de l’association, donneront vie à vos projets ou relayeront à Paris le travail du terrain. Pour les contacter, écrivez leur à l’adresse contact@terres-karens.org.

À très bientôt, pour plus de nouvelles de notre projet ‘Terres Karens’ !

Alexis Balmont, volontaire pour les Missions Étrangères de Paris