Pour Noël, Terres Karens pense à vous !

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En manque d’idées-cadeaux pour Noël ? Terres Karens a pensé à vous !

Venez découvrir les nombreux produits tissés par les femmes Karens du village de Mae Woei Clo : pochettes, housses de coussins, poufs, sacs week-end, cartables, sacs à main, foutahs, écharpes, housses d’ordinateur, etc.

> Collection SWAÏ
> Collection Esprit Karen

Pour plus d’infos, rejoignez l’Event !

Pour Noël, Terres Karens pense à vous !

Août 2013 – virée à Mae Sai, lieu de l’école de couture

Après 12 heures de bus, nous sommes enfin arrivés à Maesai, la ville la plus au Nord de la Thaïlande, où se trouve l’atelier de couture qui fabrique les produits destinés à la France. La responsable de l’atelier, Pee Noy, a créé il y a une trentaine d’années un centre catholique pour accueillir des enfants défavorisés avec le Père Alberto de la communauté de Bétharram.

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Il y a actuellement 200 enfants âgés de 4 à 12 ans, qui vivent quasiment en autonomie, puisque seulement 12 encadrantes les supervisent. C’est dans ce centre que se trouve l’atelier où des jeunes filles apprennent la couture. Elles sont environ 50 étudiantes et reçoivent un peu d’argent de poche grâce aux produits qu’elles confectionnent. L’atelier de couture est composé également de 6 salariés à temps plein. Les étudiantes font les découpes de tissus tandis que les salariés s’occupent des tâches plus complexes, comme le découpage du cuir pour les lanières de certains sacs…

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L’atelier se professionnalise au fil des années et le stock de tissus, cotonnades, fils, fermetures éclaires et autres accessoires de couture s’agrandit à une vitesse vertigineuse, et en feraient même pâlir une grande boutique de couture. Le centre comporte également son propre magasin dans lequel sont vendus les produits réalisés hors commande, qui permettent aux apprenties couturières de laisser libre cours à leur imagination. Le magasin comporte de vraies merveilles et propose des articles pour tous les goûts.

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Nous sommes donc arrivés avec trois gros sacs de tissus karen, un power point et quelques cotonnades. Cette collection commence bien : Pee Noy et nous avons pris l’habitude de travailler ensemble, ce qui facilite la communication et la bonne réalisation des produits. Heureusement qu’elle calme nos ardeurs lorsque notre côté de « stylistes passionnés en herbe » s’enflamme. Certains produits seront labélisés « Esprit Karen », et d’autres « SWAI » (une « marque » imaginée par une jeune styliste dynamique et ancienne volontaire). On vous promet donc beaucoup de couleurs, de l’exotisme, des coussins flashs, des chapeaux de plage, pochettes d’ordi, des trousses de toutes sortes… Tout le monde y trouvera son bonheur.

Découverte du village de Mae Woei Clo par les dames d’Esprit Karen Bangkok

– Par Yzé et Benoit Thillaye, volontaires Terres Karens à Mae Sot –

Le 16 mars, nous avons eu la joie d’accueillir 5 expatriées d’Esprit Karen au village de Maei Woei Clo. Après un long trajet de 5 heures, d’abord en mini-van et puis en pick-up, nous arrivons enfin vers 15h dans ce magnifique petit village au bord de la rivière. Une fois installées dans la guesthouse, les 5 dames sont parties à la rencontre de Jean-Baptiste Lassalas (volontaire à Mae Woei). Il nous a fait une visite du village et de l’atelier de couture. La rencontre entre les 5 dames de Bangkok et les 4 couturières (+ Blechrie) s’est très bien déroulée. Une petite séance « shooting photo » s’est imposée, tout le monde était ravi de prendre sa plus belle pose pour immortaliser le moment.

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Le lendemain, dimanche, la journée commença par une messe, à la fin de laquelle eut lieu la « cérémonie » d’accueil par les villageois. Distribution de sacs et vestes karens ainsi qu’un petit mot pour présenter le village. Direction ensuite vers une grande salle en bois où un spectacle haut en couleurs, créé pour l’occasion, avait lieu. Au programme : danses traditionnelles, pièces de théâtre mettant en scène la réalisation du fil de coton à la création des lés.  Chacun pouvait participer aux différentes étapes et aider au tissage des lés. Ce fût une très belle expérience !

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La fin de matinée était consacrée à la vente de fils et à l’achat des lés des tisserandes par la coopérative. Tout était contrôlé : qualité du tissage, propreté et longueur du lé… Si le résultat n’était pas jugé satisfaisant, une petite amende de 20 THB était donnée à la tisserande, et elle était priée de revenir la semaine d’après pour donner un lé impeccable.

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Avant de quitter le village, Jean-Baptiste nous a montré le chantier où avait lieu la construction du nouvel atelier de couture. Situé juste derrière l’école, il sera plus grand et plus lumineux que l’ancien.

14h, heure de départ vers Maetane où les expatriées avaient rendez-vous avec leurs couturières afin de discuter des collections futures. La réunion dura jusqu’au soir !

Lundi matin, le Songthew (taxi collectif) nous ramena jusqu’à l’aéroport de Maesot où les dames prirent leur avion pour rentrer chez elles, à Bangkok, la tête pleine de beaux souvenirs.

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Terres Karens s’étend en Allemagne !

– Par Marion le Coz, volontaire de retour (Enfants du Mekong 2010-2011) –

En 2010-2011 j’ai eu la chance de participer au développement de Terres Karens dans le Nord Ouest de la Thaïlande. L’aventure venait tout juste de commencer : création de la coopérative de Mae Woei Clo, développement de la filière de commerce équitable Esprit Karen. Rentrée en Novembre 2011, je me suis installée à Munich où je travaille désormais. Les Karens n’ont jamais quitté mon cœur, et après mon retour je souhaitais continuer à m’investir pour Terres Karens. Le succès des ventes en France m’a convaincue d’essayer de développer l’activité ici, en Allemagne.

Marion le coz à Mae Woei CloMarion, Kitirot et Alexis – aout 2012

Une première vente a eu lieu le 24 Novembre à Munich et fut un réel succès. Les retours sur les produits étaient tous très positifs et encourageants pour le futur. Très récemment, l’association a convaincu une première boutique allemande de distribuer ses produits. Une vente sur un marché est aussi prévue pour le printemps. Ce n’est que le début de l’aventure outre-Rhin et nous devons encore faire connaître les produits ainsi que les projets soutenus par Terres Karens.

Si vous avez des connaissances en Allemagne, n’hésitez pas à leur parler du développement de Terres Karens !

 

Vente Terres Karens – samedi 8 décembre à Paris

Noël approche et vous n’avez pas encore fait vos achats ?
Pas de panique, Terres Karens s’occupe de vous et vous propose de nouvelles idées cadeaux !

Samedi 8 décembre, venez découvrir la nouvelle collection Esprit Karen : pochettes, sacs, foutah, pochons, coussins, etc., des accessoires mode & maison tissés à la main par les femmes de la coopérative de MaeWoei Clo (Thaïlande).

Plus d’infos sur l’event facebook :Vente Terres Karens – Nouvelle collection

 

Nouvelles au coeur de la saison des pluies

Par Claire Scaramus, volontaire Terres Karens à Mae Woei Clo

Bonjour à tous,

Nous sommes ce mois-ci au plus fort des pluies, elles sont incessantes jours et nuits. Il a fallu charier les lés de tissu à dos d’éléphant, la voiture ne pouvant plus traverser la rivière en crue et atteindre la coopérative. Au retour, le fil a été porté à dos d’homme, ainsi que les deux nouvelles machines à coudre que nous avons achetées.
L’entraide est une évidence chez les karens : tout le monde vient aider dans la joie et la bonne humeur, même sous une pluie battante.
Les tisserandes sont moins nombreuses ce mois-ci : il faut aller défricher la rizière ou les plantations de piment tous les jours.

Kitirot et Bleshri apprennent à maîtriser le nouveau Coco que Thibault nous a concocté (logiciel de gestion de la cooperative) et que nous avons traduit en thai.
Côté atelier de couture, nous avons donc décidé de racheter de nouvelles machines à coudre de meilleure qualité, étant donné l’investissement des couturières et les problèmes que nous rencontrons depuis des mois. Nous en avons déjà acquises deux, restent encore deux machines en commande. Les autres seront revendues à bas prix aux villageoises intéressées et une sera gardée pour que Bleshri puisse s’initier elle aussi à la couture.

Les couturières assurent ! Alors que j ai du m’absenter, je leur avais confié du travail qu’elles avaient à réaliser pour la première fois seules. A mon retour, bilan de ce qu’elles ont produit : c’est super ! Résultat vraiment encourageant pour la suite. Nous avons aussi commencé la sous-traitance de produits faits faire habituellement à Mae Sai par Terres Karens, elles s’en sortent pour le moment très bien. Cette forme de sous-traitance était l’objectif à l’origine du projet couture à Mae Woei. Les couturières auront à l’avenir des commandes comme celle-ci venant de Terres Karens et leurs créations en periode creuse, vendues ensuite en France. C est Bleshri qui s’occupera de prendre les commandes a Mae Sot auprès des volontaires et qui les transmettra aux couturières.

Fin de mois, le soleil revient et nous offre de belles journees, la saison des pluies touche a sa fin, ca fait du bien !!!

Rendez-vous le mois prochain pour d’autres nouvelles et bonne rentrée a tous !

Une styliste dans la jungle !

Mercredi 14 mars, Laure s’envole pour Bangkok. Styliste de formation, elle part mettre ses compétences au service du projet Esprit Karen, pour valoriser les tissus karens et le transformer en produits et accessoires de mode qui soient beaux, utiles, et qui correspondent aux attentes d’un marché … à la pointe de la mode !

Sur le terrain, elle ira rencontrer l’association Esprit Karen, à Bangkok, qui est à l’origine du projet.

Elle ira rencontrer Thibault et Adélaïde, à MaeSot, qui ont déjà coordonné la réalisation de deux collections de produits pour la France.

Elle ira rencontrer les tisserandes de la coopérative de Mae Woei Clo dans la montagne, et concevoir des tissus qui valorisent leur savoir-faire traditionnel, ces motifs que seules deux ou trois femmes par famille savent tisser. Un trésor ethnique et textile, que Laure cherchera à traduire dans les canons de mode français.

Plus de nouvelles dans les prochains posts !

Tout va bien ! Novembre 2011

Coopérative, on rentre dans la cours des grands !

 Par Augustin Duport, volontaire pour les Missions Etrangères de Paris à Mae Woei Clo, le village de la coopérative de tissus dont la création a été initiée par Terres Karens il y a maintenant 14 mois. La coopérative continue de se professionaliser et de se développer sur le terrain. 

Augustin Duport, volontaire à Mae Woei Clo

Production sur commande

Depuis quelques semaines maintenant, la coopérative n’organise la production de tissus qu’en réponse aux commandes pour la conception de produits finis. Les tissus sont désormais réalisés à la ligne près et nous pouvons répondre à un nombre important de commandes tout en garantissant notre qualité. Kitirot et les trois responsables élues y veillent !

Withoupih

Un an d’activité déjà…On tient le coup. 

La coopérative est bénéficiaire sur sa première année d’activité économique, grâce au soutien d’Esprit Karen Bangkok et des partenaires de la coopérative. Nous avons aujourd’hui une vue globale sur les variations de productions dues aux différentes activités des villages, de la rizière à la cueillette de fruits et légumes diverses. Ce premier retour d’expérience est précieux pour pouvoir nous organiser pour répondre au mieux à nos commandes ! Quand les unes ne sont plus disponibles, nous savons que nous pouvons compter sur le réseau des tisserandes de nos six villages.

Blédimoh

Vannerie … vous n’en verrez qu’en photos !

Le projet vannerie ne se développera qu’en Thaïlande, la législation thaïlandaise étant trop protectionniste pour l’export du bambou. Il y a actuellement quatre familles de produits en production a Mae Woei Clo : Ustensiles de cuisine, Arts de la table, Maison et Décoration d’intérieur. N’hésitez pas à nous contacter si vous connaissez des marchés en Thaïlande pour les produits de Mae Woei Clo !

Vannerie

Mae sot, un mois chargé

Par Thibault et Adélaïde Asselot, volontaires pour les Missions Etrangères de Paris à MaeSot. Thibault et Adélaïde soutiennent le travail d’Augustin dans la vallée en organisant la transformation des tissus de Maewe en produits et accessoires de mode. 

Thibault et Adélaide Asselot, volontaires à MaeSot

Lancement d’une nouvelle collection à Maesaï

Voilà un mois que nous sommes à Mae Sot, ayant pour mission de faire le lien entre la coopérative de Mae Woei Clo, Bangkok et la France. Après avoir fait le tri, le classement, l’inventaire et le rangement de tous les lès stockés dans notre maison, nous sommes allés à Mae Saï, dans le Grand Nord Thaïlandais, à l’atelier de couture, afin de lancer une nouvelle production destinée à la France. Nous y avons passé trois jours complets à peaufiner les produits avec Pee Noy, la responsable de l’atelier, pour qu’ils soient le plus réussis possible. Ce fut aussi l’occasion pour nous de profiter d’un cadre incroyable, niché aux pieds des montagnes, habité par 200 enfants de 3 à 18 ans qui semblent être totalement autonomes dés le plus jeune âge… et de prendre des douches CHAUDES !

Escapade à Mae Woei Clo

A peine de retour chez nous, nous sommes partis avec Augustin découvrir enfin LE village de Mae Woei Clo. Hissés à l’arrière d’un pickup nous avons profité pendant six bonnes heures, en plus du vent, des paysages époustouflants de la région ! Nous avons pu rencontrer les tisserandes de la coopérative et mieux comprendre l’environnement dans lequel elles évoluent.

Récolte

Ce voyage à Maewoei Clo a aussi été l’occasion de participer à la coupe du riz pendant une matinée entière. Malgré la difficulté de la tâche sous un soleil de plomb, nous avons bien « riz » et profité de l’hospitalité légendaire des Karens au cours d’un délicieux déjeuner préparé en notre honneur.

Recherche de débouchés en Thaïlande

Pour ce qui est du démarchage en Thaïlande, nous sommes retournés dans la boutique de Mae Sot ou nos prédécesseurs avaient négocié un dépôt vente de certains de nos produits. Nous bénéficierons lors d’un prochain rendez vous d’un état des lieux précis. D’autres magasins semblent également intéressés par le projet et souhaiteraient entreposer pour nous. Nous travaillons donc à l’élaboration de supports de communication en anglais et allons tâcher d’exploiter toutes les opportunités qui s’offrent à nous !

Un atelier de couture 

Dans trois semaines, Augustin reviendra en France, et c’est Claire Scaramus qui prendra le relais à Mae Woei Clo. Claire a déjà passé deux années comme volontaire dans la région, et est couturière de formation.

Sa mission, en plus de la gestion de la coopérative de tissu, sera donc d’initier la création d’un atelier de couture à Maewe, pour permettre à quatre ou cinq femmes du village de se former pour apprendre à coudre. C’est la réponse à un besoin de la coopérative qui doit aujourd’hui solliciter des ateliers de la vallée pour valoriser les tissus et les transformer.

Un projet d'atelier de couture à Maewe

Ce nouveau projet est en cohérence avec l’évolution de la coopérative, qui cherche à gagner en autonomie et à pouvoir répondre, à terme, à des commandes de produits et accessoires de mode sur mesure.

Plus de nouvelles de ce projet dans les prochaines newsletters !

En France, toute l’équipe se mobilise 

Vente des produits 

Nous continuons à nous organiser pour vous proposer les produits de la gamme Esprit Karen, et vous permettre de soutenir concrètement les tisserandes de Maewe, en achetant des produits qui vous plaisent.

Bientôt, nous pourrons réunir un stock suffisant de produits identiques qui vous permettra de commander sur une boutique en ligne.

Aujourd’hui, parce une meilleure gestion de notre stock, nous continuons à fonctionner par ventes privées.

Merci à tous ceux qui ont accepté de nous accueillir pour en organiser chez eux, et à tous ceux qui ont répondu à notre invitation. La coopérative continue de se développer en grande partie grâce à vous.

Terres Karens en vente privée

Pour connaître les lieux et horaires de nos ventes, n’hésitez pas à consulter le site internet rubrique Agenda : vous accédez à l’ensemble des points de vente des produits de la collection d’automne.

En particulier, à la veille de Noël, nous serons présents à la boutique des Missions Etrangères de Paris (128 rue du Bac, à Paris) tous les samedis, et à la Christmas Gallery, les 17 et 18 décembre. Nous vous attendons nombreux !

Un carnet de voyage 

Pour découvrir le village de Mae Woei Clo et comprendre le fonctionnement du projet coopérative, nous avons conçu un carnet de voyage, en partenariat avec Véronique Duflos. Plongez au coeur de Terres Karens !

Terres Karens rejoint la BacAsso 

BacAsso ? Une association cadre pour tous les projets portés par des anciens volontaires de solidarité internationale en Asie. Le lancement de la BacAsso a eu lieu samedi et dimanche aux Missions Etrangères de Paris ! Les membres de l’association Terres Karens en France ont pu assister à des conférences sur l’engagement associatif en France et dans le monde, avec l’Ordre de Malte, Lazare, Simon de Cyrène, ou des intervenants prestigieux du monde de l’entreprise (Henri Cattala et Pierre de Lauzun). Un événement riche, et un partenariat qui s’annonce fructueux !

Bac Asso

Passation réussie ! Octobre 2011

Par Augustin Duport, volontaire pour les Missions Etrangères de Paris. Augustin est arrivé depuis maintenant deux mois. Impressions et premiers bilans…

Arrivé le 19 août à la coopérative de Mae Woei Clo, Augustin est laissé seul par Alexis (depuis rentré en France) 4 jours plus tard. Il a donc entre ses mains la responsabilité d’un projet entamé il y a plus de dix mois. Face à lui, un immense défi empreint d’incertitudes mais aussi d’espérances. Une inquiétude naturelle l’habitait mais sa volonté et son engagement l’ont aidé à relever cet objectif et répondre ainsi aux espérances des Karens. Cette adaptation a été facilitée par trois aspects essentiels : le soutien et la rassurante présence de Marion venue a Mae Woei Clo une semaine durant après le départ d’Alexis ; la prise en main du projet par les karens eux-mêmes ; et le soutien de l’équipe française : Alexis n’étant parti que physiquement, et conseillant Augustin tous les WE, ainsi que du soutien de tout les acteurs investis dans le projet. Après 2 mois de mission, Augustin prend ses marques tout en continuant d’apprendre (la langue, les coutumes, le fonctionnement de la coopérative, etc.)

Augustin et Kitirot

La coopérative a aussi beaucoup évolué durant cette période. Après avoir laissé les tisserandes confectionner les lés de leur choix pour évaluer l’étendue de leur créativité, la coopérative répond désormais à des commandes déterminées. Depuis deux semaines, un tableau indiquant les commandes d’Esprit Karen Bangkok et d’Esprit Karen France a ainsi été installé dans la coopérative. La prise de conscience de la rigueur qu’impliquent les commandes est maintenant effective pour l’ensemble des tisserandes de Mae Woei Clo. D’autre part, Augustin s’est penché sur la question de la vannerie, qui pourrait concerner les hommes du village. La coopérative s’est ainsi dotée de 70 paniers pour ranger les fils et les protéger. La prochaine étape sera d’évaluer les différents produits pouvant être réalisés et leur possible commercialisation en Thaïlande.

Des paniers dans la coopérative !

Maesot :

Par Adélaïde Asselot, volontaire pour les Missions Etrangères de Paris ; et Marion Le Coz, volontaire pour Enfants du Mékong.

En mission d’un an pour Enfants du Mékong, Marion Le Coz a participé au projet Esprit Karen qui a vu le jour il y a 4 ans en Thaïlande. Pendant cette année, ce projet a beaucoup évolué, notamment avec la création de la coopérative de tisserandes et le développement de la filière française. Cela a demandé beaucoup de coordination entre chacun des pôles : équipe de Bangkok, coopérative, atelier de coutures, équipe en France, etc. Marion a été ravie de participer au développement de ce projet. Il reste encore de nombreux défis à relever et la perspective de pouvoir s’investir lors de son retour en France est très motivante.

Marion et Kitirot

Thibault et Adélaïde Asselot sont arrivés à Bangkok le 6 septembre et remplaceront Foulques Le Tarnec (parti en juillet) et Marion Le Coz. Après un mois de cours de thaï, ils vont enfin rejoindre Maesot le 22 octobre pour un an. Leur mission sera de faire l’intermédiaire entre la coopérative de Mae Woei Clo, les ateliers de couture, Esprit Karen Bangkok et Esprit Karen France. Il y a actuellement deux ateliers de couture chargés de confectionner des produits avec les lés. L’un est situé à Maetan, à 1h30 en voiture de Maesot et fait travailler trois couturières Karens à plein temps. Les produits sont destinés à Esprit Karen Bangkok. L’autre atelier se trouve à Maesai, ville la plus au nord de la Thaïlande située à 9h en voiture de Maesot. Cet atelier appartient à une école fondée par la communauté de Bétharam où des étudiantes apprennent notamment la couture. Les produits qui y sont confectionnés seront destinés à la France. Actuellement, la collection de Noël est bloquée à Maesai à cause des inondations qui frappent la Thaïlande depuis plusieurs mois. Les routes joignant le nord au sud du pays sont presque toutes fermées empêchant l’acheminement des produits jusqu’à Bangkok.

Néanmoins, Bangkok est une des rares villes à être encore épargnée par l’eau ; mais n’étant qu’à deux mètres au dessus du niveau de la mer et étant traversée par le Chao Praya, qui peut sortir de son lit à tout moment, la capitale est loin d’être à l’abri. Des quartiers entiers se barricadent derrière des murs de sacs de sable et des centaines de pompes à eau ont été déployées aux abords du Fleuve. De plus, suite à la demande du Roi, des milliers de bateaux  ont parcouru le fleuve pour créer un fort courant et ainsi permettre à l’eau de s’écouler plus rapidement vers la mer. Ces inondations ont déjà fait plus de 300 morts et des millions de victimes.

Inondations à Bangkok (photo : lemonde.fr)

 

En France :

C’est la rentrée ! Après un ralentissement des activités dû aux retours des volontaires et aux vacances, l’association repart de l’avant ! Grâce à des volontaires reposés et disponibles, le projet va pouvoir se développer plus amplement. C’est dans cette optique que toute l’équipe s’est réunie le vendredi 7 octobre. Au programme de la réunion : la réorganisation des pôles et les événements à venir. En ce qui concerne le premier point, l’association s’est agrandie ! (pour plus d’information, consultez l’organigramme sur http://www.terres-karens.org/pages/notre-organisation/notre-organisation.html). Cette réorganisation a aussi permis une meilleure affectation des volontaires selon leurs compétences.

Les événements à venir sont quant à eux dans la continuité des démarches effectuées l’an dernier : multiplication des ventes de produits karens (consultez l’agenda !) et démarches relationnelles et administratives pour développer au mieux le projet et aider ainsi un maximum de femmes dans la montagne.

Au suivant ! Août 2011

Petit bilan d’une année sur le terrain …

Par Alexis BALMONT, volontaire pour les Missions Etrangères de Paris, créateur de l’association Terres Karens et de la coopérative de Mae Woei Clo. Arrivé en Thaïlande le 1er septembre 2010, son temps de volontariat touche à sa fin.

La fin ?

Demain soir, mon avion m’emmène à Paris. C’est la fin de mon année à Mae Woei Clo.

La fin d’une aventure entrepreneuriale de terrain, aux côtés de ceux qui m’ont ouvert leurs maisons et leurs cœurs. La fin d’une année très dense, à tous points de vue.

Une dernière semaine à Mae Woei Clo, avec un seul mot d’ordre : la joie. Ils disent qu’on aura bien le temps de pleurnicher plus tard. C’est un peu comme quand ils enterrent quelqu’un : ils jouent de l’argent aux cartes toute la nuit, pour ne pas que la tristesse s’installe.

La fin ? En fait, tout vient à peine de commencer. Le projet Terres Karens n’a que 18 mois d’existence, et la coopérative fonctionne depuis moins de 9 mois. Le chemin parcouru depuis un an et demi est important, mais nous venons à peine de l’emprunter.

Quelques chiffres

En cette fin de mois d’août, la coopérative propose ses services à plus d’une centaine de femmes réparties sur sept villages. Ils sont tous très isolés, sans réseau téléphonique, sans internet, accessibles uniquement par pistes de terre, non carrossables pendant la saison des pluies.

Elles ont accès à un fil 30% moins cher que celui du marché, et peuvent répondre à des commandes qui leur donnent une vraie source de revenus supplémentaires, au point que le village de Mae Woei Clo vit cette année sans rizières, pour les raisons que vous connaissez déjà.

La coopérative organise l’acheminement d’une tonne et demie de riz dans la montagne par mois.

Le capital de la coopérative est de l’ordre de 13 000 euros. Cela correspond strictement à l’ensemble des dons que nous avons reçus depuis le début du projet. Il appartient à ses membres : des karens vivant pour la très grande majorité en dessous du seuil de pauvreté.

La coopérative est à l’équilibre financier depuis le mois de mars. Elle a même dégagé un bénéfice net de 1000 euros cette année, notamment grâce à l’envoi de produits en France et à l’expérience de l’association Esprit Karen à Bangkok. Nous le réinvestissons dans le projet en achetant ‘Keuboyou’, notre nouvelle moto. ‘Keuboyou’, en karen, cela signifie ‘avion’. En karen, on peut donc dire que l’on va de villages en villages en avion, un trait d’humour qui nous console après une saison de pluies plus qu’épuisante dans la montagne.

Le projet est pris en main par les karens

Le projet est pris en main par les tisserandes. Depuis plus d’un mois, je joue au mort : je ne parle plus aux réunions, je ne donne pas mon avis en cas de problème. La cheffe des tisserandes me demande si je suis malade. Non, je suis juste content et un peu vexé à la fois : tout à l’air de bien se passer.

L’organisation, qui repose sur l’autorité des trois cheffes, semble fonctionner. Pour le riz, pas de problèmes importants non plus pour le moment.

Un autre bénéfice du projet : le lien social

La coopérative a permis de créer un vrai lien social entre les femmes de Mae Woei Clo, et entre les tisserandes des autres villages. Tout le monde se réunit dans une bonne ambiance le dimanche. Ca rigole et ça papote. Ca tranche avec les mauvaises nouvelles de l’année, et notamment avec l’impossibilité de faire les rizières. Elles s’organisent entre elles et vont tisser les unes chez les autres, se chambrent sur la qualité des tissus. Les hommes ne sont pas en reste. Ils disent que leurs femmes se sont toutes remariées avec moi, et qu’ils vont organiser des trafics de riz en bandes pour faire couler la coopérative et retrouver une situation conjugale qui les mette mieux en valeur. Parce que c’est leurs femmes qui ont maintenant les moyens d’acheter le riz. Tout ça par ma faute.

Un social-business de type II

J’ai lu la semaine dernière le dernier livre de Mohammad Yunus : Pour une économie plus humaine. J’ai compris que l’initiative Terres Karens n’était pas isolée, mais qu’elle apportait sa petite pierre à un mouvement de beaucoup plus grande ampleur. La coopérative de Mae Woei Clo est typiquement ce que Yunus appelle un social-business de type II : une structure économique appartenant aux plus démunis, qui permet de lutter durablement contre la pauvreté. C’est un fonctionnement bien distinct de celui des ONG ou des organisations de bienfaisance : le projet acquière une indépendance financière qui lui donne de la pérennité. Le don n’est pas une perte : il est investi économiquement, donne du travail à ceux qui n’en ont pas et fructifie pour le bénéfice de ceux qui le reçoivent.

L’essentiel du travail consiste à apporter un soutien de compétences à la création et au suivi du projet. C’est par exemple ce que nous avons fait en mettant en place un système informatique de gestion de la coopérative : les logiciels BOB (MaeSot) et COCO (Mae Woei Clo), et la clé USB qui assure leurs synchronisations : HERMES. C’était un vaste chantier de cette année, qui est maintenant terminé. Aucun salarié local n’aurait pu programmer COCO, mais Kitirot sait en revanche le faire fonctionner. Et sait comment nous contacter en cas de problème, par le réseau des Missions Etrangères de Paris, par l’association d’anciens volontaires Terres Karens.

Le mot de la fin : une semence qui ne demande qu’à croître

Le projet ne prétend pas résoudre les problèmes rencontrés par les communautés karens de la région de MaeSot, mais il contribue à apporter quelques propositions de solutions à son échelle. On peut considérer que c’est du gâchis de consacrer autant de temps pour un petit village de 300 habitants, et des tisserandes isolées des montagnes qui forment la frontière entre la Birmanie et la Thaïlande.

Mohammed Yunus répond à sa manière : « Même si vous n’améliorez la vie que de cinq personnes, cela vaut la peine d’être fait. Il n’est pas nécessaire de trouver des formules permettant d’atteindre des millions d’individus. Mais si vous réussissez à exercer un impact positif sur cinq ou dix personnes, vous aurez inventé une semence que vous pourrez planter un million de fois ».

Nous avons déjà planté deux graines. La coopérative ne demande aujourd’hui qu’à grandir, comme l’association Terres Karens.

Il faut espérer que le projet donnera envie à d’autres de se lancer dans des aventures analogues. Les organismes qui proposent l’envoi de volontaires sont nombreux, et vous pouvez par exemple postuler, comme moi, aux Missions Etrangères de Paris. Ou vous engager dans des projets correspondant mieux à votre profil ou à vos disponibilités. En tout cas, les opportunités, et surtout les besoins ne manquent pas !

Ce n’est en tout cas pas le genre d’expérience qui déçoivent, ou que l’on regrette. Et, contrairement à ce que beaucoup pensent, on peut espérer que la réussite soit au bout du chemin, ce qui ne représente pas une petite chose pour les personnes que l’on vient aider.

Et comme dit Brel « Au suivant ! » :

Par Augustin Duport, volontaire pour les Missions Etrangères de Paris. Augustin vient d’arriver en Thaïlande : il restera quatre mois à Mae Woei Clo et s’occupera à mi-temps de la coopérative. Premières impressions après une semaine dans la montagne.

J’ai découvert avec joie et admiration l’impressionnante structure que constitue la coopérative : tous les gens qu’elle rassemble et fait travailler ensemble, les espoirs qu’elle nourrit etc… Pas de points négatifs à relever en une semaine en tout cas. Le projet semble assimilé et j’ai avant tout un rôle de maintien de l’ordre.

Mais un système bien rôdé ne signifie pas pour autant un volontariat inactif. Nous avons déjà développé cette semaine avec Alexis un projet proposant d’utiliser les capacités masculines du village (pas de sexisme !) : le tressage de paniers en bambou. Nous avons ainsi commandé environ 70 paniers pour contenir le fil en présentation dans le magasin de la coopérative. Une première initiative !

Voici une belle aventure qui s’annonce et j’ai encore aujourd’hui bien plus de chose à faire qu’à raconter : plus de nouvelles dans un mois un demi !

Et Esprit Karen France : on en est ou ?

En France, les mois de Juillet et Août signifient pour beaucoup départ en vacances et baisse de l’activité. En Thaïlande, c’est un peu le contraire, il nous fallait préparer la rentrée : des ventes privées sont prévues à partir du mois de septembre, et il faut donc des produits ! Le stock de lés actuel nous permettait d’en faire beaucoup, alors nous n’avons pas hésité. Foulques, Matthieu, Lorraine et Nicolas ont d’abord consulté l’équipe de Bangkok qui vend des produits Esprit Karen, à Bangkok, depuis trois ans. Nous avons pu utiliser leurs prototypes et grâce à leur expertise, une production de plus de 700 produits a été lancée à l’atelier de couture de Mae Saï. Ceux-ci sont maintenant en route, par bateau, vers le port du Havre.

Le 6 septembre, une nouvelle volontaire, Adélaïde, arrivera à Mae Sot. Elle remplacera Foulques (rentré en France en juillet) et sera chargée de la coordination entre la France et la Thaïlande ainsi que de la confection de produits qui seront ensuite vendus en France.

Le mot du bureau

La rentrée s’annonce chargée : de nouveaux volontaires, de nouvelles ventes et des nouveaux projets. Alexis revient en France, et va mettre son talent au profit du projet Esprit Karen France, qui est en train de se structurer. Les solutions pour le développement de la coopérative peuvent être trouvées ici, sur un terrain entrepreneurial plus accessible et plus connu pour l’ensemble de notre équipe.

Foulques est également rentré en France. Son travail, en collaboration avec l’équipe de Bangkok, nous a permis de réaliser la première vente de produits transformés en France. L’activité ne demande maintenant qu’à grandir pour le développement économique des Karens, en espérant que notre collaboration dure et s’enrichisse.

Un grand merci à eux deux pour leur investissement cette année sur le terrain, aux Missions Etrangères de Paris qui continuent à nous faire confiance et à nous soutenir, et à l’association Esprit Karen à Bangkok, qui inspire nos deux projets et nous aide à les mettre en place.

Nous mettons d’autre part en place des outils pour soutenir le travail des volontaires sur le terrain, et les accompagner comme nous le pouvons par nos expériences ou nos compétences.

Nous accueillons donc deux nouveaux volontaires, preuve du dynamisme de Terres Karens, et de la confiance des Missions Etrangères de Paris. Adelaïde remplacera Foulques pour la coordination d’Esprit Karen et Augustin remplacera Alexis pour la coordination de la coopérative. Un jeu de chaises musicales délicat mais qu’il faut espérer enrichissant. Une belle mission les attend : bienvenue à tous les deux !