Giving Tree : un Noël pour chaque enfant

Giving Tree

Cette année, l’association Terres Karens est heureuse de soutenir Giving Tree, un projet mené par des expatriés français à Bangkok et les volontaires des Missions Etrangères de Paris présents en Thaïlande.

Le concept est simple : recueillir auprès de donateurs le contenu d’un sac-cadeau qui sera distribué à Noël aux enfants de 3 villages karens. Giving Tree spécifie le contenu du sac cadeau prévu avant tout pour faire face à la rigueur de l’hiver en montagne et le succès scolaire, sans oublier ce moment particulier de Noël chez tous les enfants ! Tous les articles doivent être achetés neufs et correspondre au profil de l’enfant, ses gouts et préférence.

Cette année, le sac-cadeau contiendra :

  1. Un sweet chaud, une polaire ou un anorak
  2. Un t-shirt
  3. Fournitures scolaires : 4 stylos, 4 crayons, gomme, règle, taille-crayon, ciseaux et des crayons de couleurs dans un boitier !
  4. Un jeu ou un petit cadeau (éviter les jeux uniquement en plastique)
  5. Un livre en langue thaïe

Quel est la nature du soutien de Terres Karens ?

Les volontaires des Missions Etrangères de Paris envoyés pour la gestion des projets de Terres Karens sont très impliqués dans la vie de la montagne et des villages qu’ils visitent. Leur connaissance du terrain permet de faire le lien avec Giving Tree et les expatriés à Bangkok. Les volontaires Terres Karens visitent les villages et collectent les informations sur les enfants (âge, taille, couleur préférée, etc.) qui permettront à Giving Tree de personnaliser les sacs.

Ils participeront de plus à l’organisation logistique pour la distribution, autour de Noël, des cadeaux.

Merci à eux ! Et merci aux bénévoles de Giving Tree pour leur initiative ! Joyeux Noël !

สุขสันต์วันคริสต์มาส (Thaï)

Plus d’infos ici : Giving Tree – Projet

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Les origines du peuple Karen

L’ethnie karen est un peuple de tradition nomade originaire des régions tibéto-birmanes. Probablement originaires du Yunnan et des hauts-plateaux birmans, le peuple se fixe au Nord de la Birmanie aux alentours du VIIIème siècle avant Jésus-Christ dans les contreforts de l’Himalaya.

Rainy Season

La première mention archéologique fait état en 1235 d’un peuple appelé Karian, ayant fourni des esclaves offerts pour des cérémonies religieuses. La stèle appartient aux restes des royaumes conquérants de Bagan, qui se livrent aux déportations des ethnies minoritaires. Il semble que l’ethnie ait vécu en Birmanie comme peuple minoritaire depuis sa fixation, vivant de culture sur brûlis, de chasse et de pêche, changeant régulièrement d’emplacement dans les vallées des contreforts de l’Himalaya.

Les publications universitaires distinguent plusieurs sous-groupes de karens ayant des traditions et des évolutions géographiques légèrement dissemblables, mais conservant entre eux un sentiment communautaire et identitaire fort.

Les Karens de la province de Tak (où est née Terres Karens), vivant aux abords de la frontière birmane sont très probablement issus du sous-groupe des Sgaws.

Premières migrations de karens en Thaïlande au XVIIème siècle

Les premières migrations de Karens vers le royaume de Siam interviennent au XVIIème siècle, pendant les conflits entre Birmans et Thaïs, à l’occasion desquels de nombreuses exactions sont commises contre le peuple minoritaire.

Fuyant leurs résidences, ils sont finalement contraints par les thaïs d’assurer la sécurité du Nord de la frontière entre le Siam et la Birmanie, et s’installent donc dans les montagnes du Sud de Chang Maï.

L’ethnie des Sgaws essaime dans les régions inhabitées du Sud, encouragée par le royaume de Siam, notamment par le roi Rama Ier à la fin du XVIIIème siècle.

Assimilation au peuple de Thaïlande à la fin du XIXème siècle

La dynastie des Rama poursuit sa politique en faveur du peuple karen, au point que le roi Rama IV se proclame “Roi des Karens” au milieu du XIXème siècle. À la fin du XIXème siècle, plusieurs colonies karens acquièrent la nationalité thaïe et s’enrichissent en développant des réseaux de vente de produits rares comme le bois précieux, les cornes de rhinocéros ou les défenses d’éléphants.

Les Karens citoyens de Thaïlande payent l’impôt, élisent leurs chefs de village et de sous-districts. Certains gagnent les villes où ils sont formés et entrent dans la police ou dans l’armée.

Détérioration de la situation au XXème siècle

Au début du XXème siècle, l’attractivité de la frontière et son rôle stratégique diminuent, et l’intérêt des dirigeants thaïs pour l’ethnie s’en ressent. Rama V renforce la centralisation du pouvoir de Bangkok, ce qui provoque la nomination de fonctionnaires thaïs pour administrer les villages karens.

D’aucuns refusent cette autorité exogène, se révoltent et se réfugient dans les montagnes du Nord-Ouest du pays. Une politique nationaliste exalte en outre le sentiment de supériorité de l’ethnie thaï sur les autres groupes ethniques, stigmatisés comme tribus primitives et hostiles.

La politique est cependant nuancée dans les années 1960 à l’aune de la menace communiste du Viêt-Nam et des mesures économiques en faveur de Hmongs, qui profitent aussi aux Karens.

Plus récemment, l’arrivée massive de réfugiés en provenance de Birmanie a concentré l’attention de la communauté internationale sur les camps de réfugiés, et ce depuis le milieu des années 1990.

Tiré de l’Etude culturelle du peuple Karen de Terres Karens

Entretien avec Edouard, de retour de 3 mois en Thaïlande

Edouard Amayon a passé l’été 2015 en mission comme volontaire MEP au sein du village de Mae Woei Clo, en Thaïlande, il était alors le principal gestionnaire de l’association Terres Karens, à la source de notre projet : le tissage des femP1230623mes Karens.

  • Quel était le fonctionnement de ta mission à Mae Woei ?

La Mission se situe au nord de la Thaïlande à la frontière Bimane. C’est après 1h de piste à travers la jungle que l’on découvre le petit village de Mae Woei Clo, perdu entre deux montagnes. Ma mission de 3 mois était la gestion de la coopérative de tissus. Cela comprend plusieurs volets : le premier est la gestion d’un magasin de fil où l’on vend du fil acrylique, coton ou des pelotes de laine aux femmes du village et de la vallée. J’avais ensuite la charge d’une cinquantaine de tisserandes à qui je demandais des tissus spécifiques chaque dimanche et à qui je rachetais les tissus. Enfin, l’atelier de couture de Mae Woei comprend quatre couturières et une responsable de l’atelier de couture. Je leur donnais régulièrement les consignes de production (tapis de bain, trousse de toilette) ainsi que les tissus correspondants.

  • Comment résumerais-tu l’impact de Terres Karens dans les villages alentours ?

L’association Terres Karens sert indéniablement au développement économique dans une région du monde très pauvre. Je pense notamment à Seimoucleimo, une des couturières, qui a pu financer sa « maison », c’est à dire 4 planches de bois mises bouts à bouts sur pilotis, grâce à l’atelier de couture. Outre l’aspect financier, l’association permet également de perpétrer un savoir-faire ancestral de la région : le tissage.

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  • Que définirais-tu comme « ta plus belle rencontre » au cours de ton séjour ?

Il est difficile de nommer « la » plus belle rencontre tellement le cadre extraordinaire, au sens premier du mot, vous amène à faire de belles rencontres. J’en citerai néanmoins deux : la première est celle de Tchi-Tchi, un enfant du pensionnat qui m’a tout de suite accueilli, à peine arrivé au village et que j’ai pris rapidement en affection. Malgré la barrière de la langue, nous avons partagé de beaux moments à travers des balades dans les rizières, des parties de foot ou encore de mikado et de uno.

La seconde est celle de mes voisins, Tchrissamo et Tchrissapa, qui bien qu’ayant un fort penchant pour l’alcool, sont des gens bienveillants avec un réel souci de l’accueil. Très peu de temps après mon installation au village, ils m’ont invité chez eux et m’ont demandé de les considérer comme mes parents karens. C’est avec eux que j’ai passé des soirées interminables, que j’allais pêché, et que j’ai fêté la fête des mères selon un cérémonial très spécifique.

  • Quel lien penses-tu garder avec Terres Karens maintenant que tu es de retour ?

Le lien que je garderai avec TK est celui de la prière pour les volontaires qui, en France, consacrent énormément de temps à cette association ainsi que pour les Karens du village de Mae Woei qui vivent à l’autre bout du monde et dont les visages resterons gravés dans ma mémoire.

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