Nouvelle vente TERRES KARENS – Samedi 11 juin, métro Sèvres-Babylone

Pour cet été, Terres Karens pense à vous ! Le soleil a du mal à s’installer ? Rien ne nous empêche de préparer l’été, avec des produits gorgés de soleil de Thaïlande.

Venez découvrir les nombreux produits tissés par les femmes Karens du village de Mae Woei Clo : pochettes, housses de coussins, poufs, sacs week-end, sacs plage, cartables, sacs à main, foutahs, écharpes, housses d’ordinateur, etc. le SAMEDI 11 JUIN de 10h à 19h au 124 rue du Bac, métro Sèvres-Babylone.

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Va et vient au fil du tissage et de la vie.

— par Thaïs & Clément, volontaire MEP pour Terres Karens à Maesot –

Faire son sac, partir, être accueillis, rencontrer des gens, vivre, rire, remercier, rentrer, défaire son sac, faire la lessive, être à deux, puis refaire son sac et repartir…

Telle est notre vie de ces dernières semaines avec 5 voyages et 70h de transport en bus, songtéo, motos, benne de pickup, tuktuk… ! Voilà un petit récapitulatif qui vous fera sans doute bien voyager ! Photos en fin d’article !

Après un petit séjour à Maewoei […] nous avons pris un bus longue distance pour Savannakhet, au Laos pour refaire nos visas. 30h de voyage aller-retour, 47°C ambiants, une nuit sur place chez un prêtre ami des MEP, de longues files d’attente au soleil, et un bon repas français, c’est ce qu’il faut pour valider nos 3 prochains mois au Royaume du Siam !

Après un repos bien mérité, nous voilà repartis pour… Ponouaypou ! Petit village Karen à 3 heures au nord de Maesot, avec un centre pour enfants sous la responsabilité d’un autre volontaire MEP, 3 sœurs de Maepon (une congrégation karen), une petite église en haut de la colline, et un prêtre MEP ! Un autre petit paradis où nous sommes accueillis comme des rois. Mais nous ne venons pas que pour profiter du paysage et des habitants ! C’est en effet Terres Karens qui nous envoie ici pour un nouveau projet : la mise en place d’une nouvelle activité de tissage pour l’association. Le challenge est grand, et les bénéfices humains encore plus ! Les femmes karens apprennent le tissage de mère en fille et notre but est le même qu’a Maewoei : Permettre aux femmes de rester dans leur village tout en gagnant leur vie sans avoir besoin de partir travailler en ville, tout en préservant le savoir-faire traditionnel. Nous voilà donc dans un nouveau village, avec 3 mots de karens, nos bobines de fils, toute notre volonté et surtout avec Pierre-Yves, ancien volontaire qui connait bien le village et la langue karen. Nous sommes donc allés chez Héprémo, une tisserande douée qui a l’habitude de travailler avec des blancs. C’est elle qui parlera du projet dans le village et qui mènera l’entreprise de l’intérieur. Une fois le fil et les explications données, nous lui donnons rendez vous 10 jours plus tard.

Le week-end dernier, nous avons donc refait nos sacs et nous sommes repartis pour Ponou, avec du nouveau fil et de l’argent pour payer la tisserande. Cette fois-ci, nous étions seuls avec les karens, personne pour traduire ! Nous avions donc appris quelques mots et les nombres en karens… ! Le rendez-vous était donné à Héprémo à la sortie de la messe. Dimanche matin, petite appréhension, et si elle ne venait pas ? Et si le contact ne passait pas, et si on n’arrivait pas à se comprendre ?

Mais elle est bien venue et après la messe, la transaction s’est transformée en effusion karen, toutes les femmes et les sœurs ont regardé le lé tissé avec nous, et il était parfait ! Un joli T226 d’une couleur vert-émeraude ! Nous avons donc payé la tisserande et amené les nouveaux fils : Deux autres tisserandes ont accepté de tisser pour nous et ont pris des pelotes que nous avions préparées. Héprémo a joué son rôle à merveille et leur a expliqué nos exigences et nos prix. Tout le monde s’est bien compris, dans un mélange de karen, de thaï, d’anglais et de français… Au fond, il ne pouvait pas en être autrement un dimanche de Pentecôte ! Nous repartons alors le cœur en joie, avec le premier lé de Pounouaypou, et 6 autres commandés ! Une nouvelle aventure commence pour Terres Karens qui soutient le projet, et pour nous qui allons aller toutes les semaines acheter des lés tissés, distribuer du fil à des tisserandes, et nouer des liens avec elles ! Avant de rentrer à Maesot, nous sommes allés cueillir des mangues dans le jardin du centre : bien jaune et gorgées de soleil, nous en avons emporté une belle quinzaine avec nous, de quoi tenir la semaine !

Visite des projets de Terres Karens en Thaïlande – suite

— par Pierre-Yves, membre de Terres Karens —

Après une semaine entre Mae Sot et Mae Woei pour visiter les projets de Terres Karens, je me dirige vers Ponouaypou le samedi 30 avril. Je fais un rapide passage à Mae Tan pour y visiter le chantier d’un nouveau centre, auquel Terres Karens apporte son soutien.

Ponouaypou est un petit village karen où j’ai effectué mon volontariat avec les MEP en 2011-2012. Il faut quitter la route principale 15 minutes avant d’arriver à Mae Tan en descendant de Mae Woei. La piste s’élance, bordée de nombreuses maisons de Karens ayant fui la guerre en Birmanie et installés depuis une quinzaine d’années. Je croise un premier pick-up qui me prend dans sa benne. La route descendant donne cette impression que l’on s’enfonce toujours plus profondément dans la montagne. La voiture me dépose un peu avant le village, aux premières habitations avant de prendre un autre chemin. Je continue ma route à pied avant d’être dépassé pars un second pick-up. Le conducteur me lance de grands « Hello! Where are you going ? ». Il me dépose ensuite devant le pensionnat de Ponouaypou, de l’autre côté du village, un peu à l’écart. Ce pensionnat, une ancienne école d’agriculture, accueille aujourd’hui sur un grand terrain et dans de magnifiques bâtiments, une vingtaine de jeunes élèves de primaires et de collégiens, issus de villages de montagne souvent sans école. Ils suivent leurs cours à l’école primaire du village puis au collège de Mae Tan, à 25 min en voiture. A Ponouaypou, mon objectif est de rencontrer de potentielles tisserandes et d’amorcer une nouvelle coopérative. Oui, rien que ça !

Le dimanche soir, je visite Héprémo (oui, il est normal que ce nom vous dise quelque chose, c’est le nom donné à une de nos pochettes). Héprémo est une amie. Elle à 4 grands enfants, et quand j’étais volontaire à Ponouaypou elle enseignait la couture dans un atelier que je gérais. Nous nous connaissons bien et après de belles retrouvailles je lui parle du tissage. Originaire de Mae Woei elle a cependant suivi son mari dans son village natal (ce qui ne se fait pas, en règle générale, chez les Karens, société matrilinéaire dans laquelle les hommes viennent habiter chez leurs femmes). Elle connait donc le projet de Terres Karens à Mae Woei. Rapidement elle se montre enthousiaste à l’idée de tisser. Je lui demande alors de réfléchir à quatre de ses amies qui pourraient répondre à une première commande de la part de la coopérative.

Je suis rejoint le lundi par Thaïs, Clément (volontaires pour Terres Karens à Maesot), Jean (volontaire de Mae Woei), et Guillaume, (nouveau volontaire pour Ponouaypou). L’après-midi, c’est réunion Terres Karens Thaïlande. Après un rapide résumé à Jean de nos précédents travaux avec Thaïs et Clément, nous passons en revue les derniers points : comptabilités, indépendance du projets, formation de la gérante de la coopérative et de l’atelier de couture. Un beau moment de travail. Il est décidé que Thaïs & Clément suivront le lancement du tissage à Ponouaypou.

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Le lendemain matin, nous allons à la rencontre d’Héprémo pour faire les présentations. Elle nous montre le stock de chemises et jupes karens qu’elles tissent sans pouvoir les vendre et les écouler rapidement. Elle se plaint aussi de son fil de mauvaise qualité. Nous lui réexpliquons le projet. Le soir-même je lui passerai la première commande. Finalement pour cette première, elle ne tissera qu’avec sa belle-sœur, n’ayant pu rencontrer les autres potentielles tisserandes. Nous avons en effet décidé de commencer petit et de développer au fur et à mesure cette nouvelle structure.

Je m’offre deux jours de vacances dans un village un peu perdu, Takodei, chez des amis. Le soir, en haut de cette montagne, regardant tisser les jeunes mariées de l’année comme les grands-mères, j’imagine le jour où nous pourrons aussi proposer de l’emploi dans ce village très reculé. Il y a encore beaucoup de travail et de belles perspectives !

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Vendredi je redescends à Mae Sot chez Thaïs & Clément. Dernière réunion puis je rends visite à Cynthia. Cynthia est une Karen. Elle habite à Mae Sot et a un petit commerce d’artisanat local de son ethnie. Elle est partie avec Terres Karens aux USA l’été dernier représenter l’artisanat karen au marché de l’IFAA. Partenaire de Terres Karens, elle revend sur Mae Sot des produits issus de la coopérative de tisserandes et de l’atelier de couture de Mae Woei. Nous vous en reparlons très bientôt. Elle nous fait découvrir les différences de tissages entre les groupes et les sous-groupes karens, et nous explique que le tissage de Mae Woei a quelque chose de particulier que ceux des autres villages n’ont pas.

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Le magasin de Cynthia, à Mae Sot

Le départ s’annonce pour Bangkok puis Paris avec plein d’images en tête. C’est toujours une grande joie de partager des moments avec les Karens, et donc forcément c’est avec un petit (énorme) pincement au cœur que l’on rentre en France (où nous vous donnons rendez-vous le 21 mai pour une nouvelle vente. L’occasion d’échanger directement avec vous sur les projets !!!)

Visite des projets de Terres Karens en Thaïlande

— par Pierre-Yves, membre de Terres Karens —

Arrivé le vendredi 22 avril au soir à Bangkok, je saute dans un taxi, traverse la cité des anges, pour attraper mon bus de nuit, direction Mae Sot. Le bureau m’a missionné pour visiter les projets de Terres Karens en Thaïlande et accompagner le lancement de nouveaux défis ! Deux semaines avec un programme bien ficelé ! J’arrive à 5h00 du matin à Mae Sot chez Thaïs et Clément, volontaires MEP et responsables de Terres Karens en Thaïlande.

Après une fin de nuit bien méritée, nous passons en revue l’ensemble des projets de l’association. Tout y passe : fiche de poste, comptabilité, processus, communication interne. Nous essayons d’identifier tous les problèmes comme les bonnes pratiques. L’après-midi, la chaleur nous oblige, si nous voulons être productifs, à aller travailler dans un café climatisé, avec pour seule boisson un grand café glacé ! Nous y parlons projets pour Terres Karens, et pour les Karens surtout. Projets dont, j’espère, nous pourrons vous parler très rapidement.

Lundi matin, après nous être mis d’accord sur nos objectifs à court et moyen terme et après avoir distribué les tâches à réaliser, je pars en songthaew (transport local, deux bancs à l’arrière d’un pick-up) pour rejoindre le village de Mae Woei, village des projets pilotes de la coopérative et de l’atelier de couture. Arrivé à Mae Tan, je trouve une voiture pour Mae Woei. J’y serai le soir même, avec plus de 200km de voiture derrière moi.

Commence alors une petite semaine de travail avec les couturières et les tisserandes.Ma première surprise est la maison de Sémouklémo. Sémouklémo est une des premières couturières de l’atelier de couture. Seule avec sa fille, abandonnée sans un sous par son mari, elle vivait jusqu’alors dans une toute petite cabane de bambou. Aujourd’hui, grâce à ses économies réalisées en travaillant à l’atelier de couture, elle a pu se payer une nouvelle maison, plus grande et plus résistante aux intempéries, et même un cochon, signe significatif de richesse chez les Karens.

Je retrouve Lily, ancienne volontaire MEP à Mae Woei pour notre projet, et styliste de Terres Karens (vous lui devez, entre autres, la trousse Olouti, ou encore le sac qui porte son nom karen, le sac Nauporé). Elle est arrivée il y a une semaine pour travailler sur de nouveaux produits et enseigner de nouvelles techniques aux couturières. Ses dernières sont ravies de (re)travailler avec elle. C’est beau d’observer la grande complicité qu’elle a avec chacune. Le bruit des machines à coudre à pédale est mêlé désormais à de grands éclats de rires. Les nouveaux produits seront disponibles en France en fin d’année et vous pourrez être assurés qu’ils ont été cousu dans un atelier débordant de joie. Très motivées pour apprendre à faire de nouveaux produits et acquérir de nouvelles techniques, les couturières ont même demandé à faire des heures supplémentaires plusieurs jours par semaine ! Nous avons hâte de vous présenter leur travail !

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Le mardi après-midi, je fais le point avec la responsable de la coopérative et de l’atelier de couture, une jeune maman, Philipmo qui travaille pour les projets de Terres Karens depuis maintenant 4 ans ! Toujours aussi motivée, elle se démène pour mener vie de famille et travail, ce qui ne l’empêche pas d’être pro-active et de proposer de nouvelles pistes de développement des projets qu’elle administre. Elle continue ses études, plusieurs week-end par an.

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Si le nombre de tisserandes régulières semble avoir un peu diminué, il semble être un signe que le besoin d’argent a diminué dans le village. Un rythme de croisière s’est installé et le projet fonctionne bien. L’indépendance recherchée approche, même si la présence d’un volontaire est toujours nécessaire. Cela nous permet de nous concentrer sur le développement de structures identiques dans des villages demandeurs et dans le besoin. Développement qui occupera la deuxième partie de mon déplacement.

Ici la saison chaude est à son paroxysme. Les premières pluies se font attendre, mais cela nous permet de justifier si il le fallait, de longues baignades en fin d’après-midi, baignade bien méritée par des journées de travail sous plus de 40°c.

Les grandes vacances se finissent tout doucement et les professeurs des écoles de montagnes viennent de passer quatre jours à préparer la rentrée et les objectifs de l’année.

Les enfants des couturières profitent de ce temps de vacances pour passer du temps à l’atelier et observent, attentifs, leurs « Mohmoh » travailler.

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