Nouvelles de Mae Woei – Mai 2014

– Par Pauline, volontaire pour la coopérative de tisserandes de Mae Woei –

Un début de mois de mai à Maewe

Tako a ? (Tu as chaud ?)

Tako dodo ! (Oui, il fait très chaud !)

C’est le refrain qui entame chaques conversations en ces jours de mai, où la chaleur se fait de plus en plus lourde et moite, ici, à Maewoei.

Pourtant la vie du village bat son plein. Les allers-retours entre Maesot et Maewoei remplissent des voitures d’élèves en vacances, de jeunes en partance ailleurs, de professeurs de retour au village, d’invités aux mariages voisins… Les épiciers offrent toujours leur accueil amical, les femmes continuent à tisser à temps plein, et même Mokafé, l’éléphante du village, est mise à contribution pour la construction des maisons.

C’est que la saison des pluies approche – déjà des orages ont été aperçus dans les vallées voisines ! A présent, on n’attend plus que la première pluie. Elle rafraîchira pour un temps les terres desséchées. D’ici l’établissement des pluies régulières, les hommes et les femmes se hâtent aux rizières : tout doit être prêt au bon moment. Les travaux agricoles sont difficiles : en rizière plane comme en rizière de pente, brûlis, désherbage, labour et plantation des grains de riz.

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La coopérative de Terres Karens à Maewoei s’intègre dans l’activité générale. Le fil est vendu régulièrement, et souvent à des habitants de villages voisins qui profitent du magasin et de ses bas prix pour s’approvisionner. Les tissages vont bon train ; chaque dimanche, autour de Kitirot, la salle se remplit de femmes tenant leurs deux lés de tissu au bras ! Si la demande de travail est forte, ledit travail est toujours bien fait, et c’est un plaisir de voir sécher les beaux lés amidonnés en se promenant dans le village. De nouveaux motifs, lancés par Lily (volontaire styliste modéliste) sont en phase de test, et, au vu des premiers rangs tissés, très prometteurs !

 

Évolution de l’atelier de couture

Les couturières  bénéficieront bientôt d’une machine à coudre électrique, grâce aux travaux de Guillaume, volontaire MEP, qui a installé quatre panneaux solaires sur le toit du bâtiment ! La gérante, Bleshri, se forme désormais à l’anglais par les cours journaliers de Guillaume et moi, et apprend peu à peu à faire fonctionner l’atelier indépendamment de la coopérative-même.

De beaux projets en cours donc à Maewoei, pour lesquels les volontaires sont désormais accompagnés d’une nouvelle colocataire : Nathalie, gibbon de deux ans, a emménagé il y a peu parmi nous ! C’est par un de ses petits cris de joie, accompagné de son sourire (oui, elle sourit !) que j’aurais aimé terminer cet article… vous l’imaginerez !

 

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Nouvelle de Thaïlande – Avril 2014

– Par Pierre-Yves, secrétaire général de Terres Karens –

Les vacances sont arrivées dans la montagne.

Le village semble plus calme. Les enfants du pensionnat de Mae Woei sont repartis dans leurs villages. Le centre du village où se trouve l’école, fermée, semble bien vide. Les soirées de départs et de fin d’années se sont multipliées et les différents centre accueillant des enfants karens partout dans la région ont eux aussi fermés leurs portes pour un mois et demi.

A l’atelier de couture, d’autres ont cependant repris le chemin de l’école. Pauline donne en effet dorénavant des cours d’anglais à Bleschry. C’est elle qui lui a demandé. « J’aimerai bien pouvoir parler anglais, la communication avec les volontaires seraient tellement plus simple ».

Cette demande arrive à point nommé alors que l’atelier de couture se professionnalise en répondant à des commandes, écrites en anglais. Bleschry, désireuse d’apprendre se dit prête à relever le défi.

Pour fêter la fin de l’année, les couturières, professeurs, volontaires et salariés de Terres Karens et leurs familles sont partis 3 jours dans la jungle. Pêche, détente, balades ont rythmé ce long week-end placé sous le signe de l’amitié. Nous étions plus d’une trentaine ainsi à nous retrouver. Moment pour les volontaires pour faire plus ample connaissance avec les familles des personnes que nous côtoyons quotidiennement.

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A la rencontre des tisserandes.

Depuis plusieurs semaines, tchika bleu ciel et sac karen en bandoulière, Djo Wa, « le grand frère blanc », parcourt en long en large et en travers le village de Mae Woei Klo.

Je suis bien connu maintenant dans le village. Armé de mon bloc note rouge et de mon stylo bille noir, je vais de maison en maison à la rencontre des tisserandes. J’ai appris un nouveau mot : tackotackei : problème. Le but étant de connaitre le sentiment des tisserandes sur le fonctionnement de la coopérative, des éventuels problèmes qu’elles rencontreraient.

Banomiba est souvent la première réponse à laquelle j’ai droit. « Pas de problème ». Puis au fil de la conversation, les cœurs s’ouvrent, la confiance s’installe. Les problèmes il n’y en a pas tant que ça, heureusement. L’envi de parler en revanche est bien là. Les conditions de vie pas toujours évidentes, les petits problèmes de fonctionnement de la coopérative, les enfants qui rentrent des différentes écoles, autant de sujet de conversation qui me permettent de connaitre un peu mieux les tisserandes et leurs familles. Ces temps de discussions sont souvent entre coupés de fous rires, sur une incompréhension ou un défaut de prononciation de ma part.

« J’aime travailler avec la coopérative. Gagner de l’argent me permet de payer les études de ma fille à Patarawit (grande école privée). Les études coutent chères. Je tisse un à deux lès par semaine ».

Bledimoh.

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Au bout d’un chemin, je tombe sur un club des 5. Sœurs, tantes, nièces tissent ici ensemble. Moment privilégié pour discuter, se raconter les potins et surveiller ensemble les petits enfants qui jouent autour d’elles. Avec les activités journalières un lès est tissé en deux jours. Il faut d’abord préparer le métier à tisser. Le fil est ainsi déroulé autour du métier à tisser pour que le futur lès atteigne la largeur de 45 cm.

Installées sur une paillasse, le temps de tissage dépend de l’expérience des tisserandes. Aussi je remarque facilement les jeunes tisserandes, plus lentes, consciencieuses, à côté des femmes pleines d’expérience, pouvant suivre plusieurs conversations tout en tissant des lès compliqués.

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