Arrivée de Florian à Maetowo

Florian est arrivé lundi dans le village de Maetowo, dans un foyer de collégiens issus des villages de montagnes, nouveau « siège » de Terres Karens en Thaïlande. Il nous livre ses premières impressions :

« Après 4 heures de route depuis Mae Sot à l’arrière d’un pick up à braver la fraîcheur du matin, me voilà enfin arrivé à ma destination finale, celle du début de mon aventure Karen: Maetowo, petit village de quelques centaines d’habitants mélangés entre Thaïs et Karens.
Deux sœurs Karens, un volontaire sur place, Sébastien, et le Père Alain, m’accueillent avec le sourire pour me présenter les lieux, la salle de repas en plein air, la petite chapelle à l’étage, et les internats où sont accueillis en pension, une dizaine de garçons et une vingtaine de filles. Je prends le temps de découvrir ma petite chambre et le nouveau mode de vie qui va avec. Et là après quelques jours passés dans la frénésie de Bangkok, le choc est rude. Pas de connexion internet au centre, pas un Thaïlandais qui parle français ou anglais, une chambre où cohabitent geckos et moustiques, avec une douche froide au sceau juxtaposée, une nuit noire et silencieuse dès 18h, des transports lents qui nous font sentir bien loin de tout, ça change !
Les premières impressions et la fatigue du voyage sont vite dernière moi, et deux jours me suffisent à me mettre en forme pour commencer à me plonger à fond dans la mission, et à très vite m’habituer à mon nouveau décor, à modifier mon regard sur ce qui m’entoure, et à gommer petit à petit les quelques angoisses du début.
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La rivière est splendide, les villageois sont très accueillants, l’entente avec Sébastien est solidaire et bienveillante, les enfants mettent beaucoup de joie dans la maison, il y a tout ce qu’il faut (ou presque) dans les commerces à proximité… et il me reste encore beaucoup de richesses à découvrir je n’en doute pas ! L’aventure ne fait que commencer… »
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15 000 km pour la rencontre – A Cross in the World

Par Pierre-Yves, président de Terres Karens

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L’idée semble un peu folle, mais on se laisse séduire rapidement. Paul, volontaire MEP en Thaïlande depuis un an, et en charge de la coordination des projets de Terres Karens depuis 3 mois se lance un nouveau défi. Relier sa mission à son diocèse d’origine, Paris, … en vélo !

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« Le projet A cross in the world consiste à aller rencontrer les communautés chrétiennes parfois oubliées, situées sur la route entre la Thaïlande et la France, pour leur donner la parole […]

Tout au long de ces 8 mois et 15 000km de voyage pour rentrer dans son diocèse d’origine, Paul publiera régulièrement des nouvelles sur le site internet www.acrossintheworld.com qui sera la plate-forme centrale pour la diffusion des témoignages recueillis.

Des vidéos, des photos et interviews seront également mises en ligne, afin de faire vivre au plus grand nombre le quotidien de ces communautés vivant dans des régions reculées mais avec ferveur leur Foi. Vous pouvez le suivre sur sa page facebook !

« Après une année de service auprès de ces communautés chrétiennes si ferventes des montagnes du pays Karen et pourtant inconnues pour la majorité des Français, il me tenait à cœur de faire découvrir au plus grand nombre l’existence de ces communautés qui parsèment l’antique route de la Soie, lieu d’échanges culturels, économiques, sociaux et religieux depuis les temps immémoriaux. » »

/A Cross in the world

Jean, un grand merci !(1).png

Un défi sportif donc, mais aussi un périple spirituel et culturel, que Paul prépare depuis plusieurs mois !

Merci Paul pour tout le travail réalisé pour Terres Karens et pour les Karens. Bonne route, et belles rencontres ! Toute l’équipe de Terres Karens en France t’attend à Paris ! A dans 8 mois !

เดินทางบอน! โชคดี! Leiz mux mux !

Périple en Terres Karens.

— Paul, volontaire MEP en Thaïlande depuis 9 mois est arrivé en novembre dans le village de Maetowo. Il remplace ainsi Thaïs et Clément dans le suivi des projets de Terres Karens en Thaïlande, mais depuis un nouveau lieu de mission. Au revoir Maesot, welcome à Maetowo. Il vous fait part de ses premiers jours au service des Karens —

Mi-septembre, j’arrive à Maetowo pour prendre la suite de Clément et Thaïs sur le suivi des projets de Terres Karens en Thaïlande. La nuit en bus depuis Bangkok, l’arrivée au petit matin à Mae Sod puis les 3 heures de Songteo n’ont pas douché mon enthousiasme. Après 9 mois au Siam, c’est normal pour moi.

Maetowo, petit village qui borde la Moei, frontière avec la Birmanie qui est pour ainsi dire, au bout du jardin. C’est aussi le dernier point logistique avant de s’élancer vers Mae Sariang et les nombreux villages Karens qui parsèment les montagnes. Mae Woei Clo en fait partie, excentré, isolé, mais centre de gravité pour Terres Karens. L’épicentre de l’activité s’y trouve, bien que la mise en place de tissage à Ponouyapou suit son cours.

Me voici donc à passer du temps à Maetowo, découvrir ce nouvel environnement, et les enfants du centre. A peine quelques jours passent et le Père Alain (co-fondateur de Terres Karens) me récupère pour aller à Mae Woei, profitant ainsi de sa voiture pour aller travailler sur place. Ces dernières étant rares, il faut saisir les occasions à moins de faire les 13 km de piste à pied ! Voulant arriver dans la plus grande discrétion, le Pado s’est raté sur ce coup ! Le mystère entourant la date de sa venue a été éventée par les villageois, et ce sont les grands honneurs qui l’attendent. Arrivée à dos d’éléphants, tradition réservée aux grandes occasions, puis discours des différentes personnalités locales : le chef de village, le chef chrétien, les catéchistes, les professeurs, les enfants qui chantent… Grande joie de voir son pasteur de retour au bercail, pour s’occuper de ses ouailles.

Après une journée bien festive, le lendemain le travail commence. Il s’agit de mettre au clair un certain nombre de points avec Quentin, volontaire MEP sur place, et qui est en quelques sortes mes yeux et mes oreilles à Mae Woei. Le fonctionnement de Terres Karens n’est pas toujours très parlant puisqu’il s’agit de laisser les Karens gérer au maximum le projet, ce qui implique des procédures de prime abord peu orthodoxes, mais surtout adaptées au contexte local. Car c’est cela qui est important : Permettre aux Karens d’acquérir de l’autonomie sur le projet.

Quentin, jeté dans le bain rapidement, apprécie de pouvoir mieux comprendre son rôle et le fonctionnement plus général de Terres Karens. C’est pour moi l’occasion de toucher du doigt un certain nombre de réalités importantes à connaitre. L’atelier et ses machines à pédale, les types de fils, la technicité différente des lés, et mille autres contraintes inconnues pour le néophyte que je suis dans le tissage traditionnel. De longues discussions avec Philimo sur l’organisation de l’atelier, de la production de lés, en anglais – Karen – thaï ; on fait comme on peut ! Et puis des idées qui germent pour plus tard, les couturières qui me montrent comment elles réalisent tel ou tel article… Passionnant et indispensable que de passer plusieurs jours dans cet atelier à observer, questionner, écouter ces femmes qui ont un savoir-faire pour moi inaccessible ! Contrôles de la qualité, point sur la comptabilité, sur les besoins futurs, les accessoires, la production qui va arriver, tout y passe. Revue complète afin de s’assurer que tout le monde a les mêmes informations entre la coopérative / Quentin et moi. De ce fait, nous pouvons envisager la suite sereinement.

Le village de Mae Woei, niché au fond d’une vallée, baigné par une rivière, offre des panoramas somptueux. Quelle chance de se réveiller chaque matin avec cette vue à couper le souffle et le soleil qui perce doucement les fines rainures des volets de la maison. Baignade dans la rivière, au grand air pour se réveiller, c’est bien mieux que la douche à la maison. Pas de problème de débit ! Et puis le dénivelé pour se rendre vers les rizières à flanc de collines vous assurent une forme olympique. Quelques promenades avec Quentin agrémentent mon séjour et permettent de souffler entre le travail à l’atelier & les séances photos réclamées par Paris. Ajoutez à cela le Pado qui vous dresse une liste de choses à réparer impressionnante, il y en a un qui ne va pas chômer prochainement !

Un village Karen, c’est aussi une vie communautaire forte. Par 2 fois je suis invité à venir prier dans la maison de villageois, invitation large à laquelle une bonne cinquantaine de personnes répondent à chaque fois. Les motifs sont divers, mais obéissent à la même règle : lorsque l’on a un évènement particulier, on invite ses voisins à prier chez soi.

Dans la pénombre j’entre dans ces grandes maisons au volume impressionnant. L’entrée est haute, une ampoule faiblarde éclaire la pièce. A l’étage, un coin prière éclairé par des bougies, devant lequel l’assistance se rassemble. Chants en Karen, Je vous salue Marie, bénédiction par le Père. La simplicité avec toute la beauté que cela comporte. Et comme il suffit d’être rassemblé au nom du Seigneur pour qu’il soit là, rien n’empêche de prier avec simplicité.

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Après une semaine, il est temps de quitter Mae Woei, pour y revenir d’ici quelques semaines. Mae Sod m’appelle pour quelques jours de travail intensif ! Courses pour prendre contact avec les interlocuteurs ad hoc, réception de lés, envoi de certains lés pour production, envoi de produits, réflexions sur les futures commandes, jointure avec Esprit Karen Bangkok… Les journées sont intenses et je passe même 2 jours de plus sur place qu’imaginé. Je remonte ensuite à Mae Tan pour me diriger à Ponouyapou.

Ponouyapou est un village à quelques km de Mae Tan, à mi-chemin entre Mae Sod et Maetowo. Accessible en toutes saisons, le centre surplombe la vallée avec une vue à couper le souffle sur les rizières en contrebas. C’est ici qu’en avril, un second pool de tissage a été initié. La demande augmentant, il s’agit de trouver de nouvelles tisserandes puis, à terme, d’arriver à créer un atelier à Ponouyapou également. Guillaume, volontaire depuis 6 mois, achète chaque semaine les lés tissés puis les fait parvenir à Mae Sod. Il s’agit donc de contrôler la qualité et la taille, pour s’assurer que le prix payé correspond au travail demandé ! Un rôle important pour le développement de ce pool de tissage. Guillaume termine son temps de volontariat et est remplacé par Sébastien qui restera un an. Ce changement nous a permis de bien mettre d’équerre le fonctionnement et ce que j’attendais des tisserandes ici, ainsi que du futur. Inventaire du fil restant, reconstitution de pelotes, vérification des comptes et du mode de fonctionnement. Tout y passe et il n’y a rien à redire, tout comme à Mae Woei. Les volontaires passent, Terres Karens n’est pas aux abois.

Deux belles journées plus tard il est temps de rentrer à Maetowo, après un beau périple dans les différents endroits où Terres Karens soutient des projets. Le transport fait partie de mon quotidien mais les paysages fabuleux aident à voyager, je suis heureux de faire de la route !

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Assemblée générale de Terres Karens

Mardi 28 septembre a eu lieu l’Assemblée Générale ordinaire de Terres Karens. Depuis 2 ans Camille, Pauline et Amaury étaient respectivement Présidente, Trésorière et Secrétaire général de l’association. Tous anciens volontaires en Thaïlande ils ont eu a cœur de continuer une fois rentrée en France, leur mission. Pendant leurs mandats ils ont été la cheville ouvrière de l’association, entourée d’une belle équipe d’anciens volontaires, sans cesse renouvelée.

Encore une fois MERCI à eux trois pour leur dévotion ces deux dernières années au service de nos chers Karens de Thaïlande. Si Camille reste très investie dans Terres Karens, et qu’on ne doute pas de croiser régulièrement Pauline aux différents événements de l’association, Amaury nous quitte pour de nouveaux horizons. Il est parti hier pour un an de volontariat à Jérusalem. A très vite l’Ami !

Dans le nouveau bureau nous retrouvons des têtes connues, Pierre-Yves ancien volontaire à Ponouaypou, Président et Charlotte, volontaire à Kamphaeng Phet, Secrétaire général et nous accueillons Guillaume, le nouveau Trésorier. Investi depuis 2 ans chez Terres Karens, Guillaume a été volontaire dans le village de Mae Woei Clo. Il a notamment travaillé à l’électrification de la coopérative et de l’atelier de couture.

Nouvelle année dit des changements ! Il a été voté une nouvelle organisation de l’association. En plus du traditionnel bureau a été crée le poste de Délégué Général. Nommé par le bureau pour un an le Délégué Général sera entouré d’une petite équipe réunissant les différents pôle de l’association afin d’assurer au mieux les activités quotidiennes de Terres Karens. C’est Anne-Claire, ancienne volontaire dans le village de Chong Khaep qui a été nommé à ce poste. Autour d’elle, ils sont une douzaine engagés dans Terres Karens. Vous pourrez très vite retrouver tout l’organigramme de l’association sur notre site internet.

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Toute cette nouvelle équipe vous donne dès à présent rendez-vous le 15 octobre pour une grande vente privée avec une remise de 30% sur tous les produits en magasin.

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Terres Karens au plus grand triathlon du monde le 6 août !

— Petit mot de Florian après sa première course pour Terres Karens —

« Aujourd’hui petit topo sur un des projets du moment dont vous avez forcément entendu parler si vous nous suivez : la campagne de dons pour la création d’une nouvelle coopérative de tisserandes dans le village de Ponouaypou !

Pour le contexte, je suis ancien volontaire MEP parti en 2013-2014 pour suivre les projets de Terres Karens dans le village de Mae Wei Clo, lieu de la première coopérative de tisserandes et d’un des ateliers de couture de l’asso, situé au cœur des montagnes karens. Il se trouve aussi que je suis passionné de sport et que j’ai voulu relever le défi de participer à mon premier semi-IronMan cette année (un triathlon longue distance si vous n’en avez jamais entendu parler !), ainsi qu’à un triathlon distance Olympique plus tard dans l’été, le tout en portant les couleurs de l’association.

Terres Karens, qui se démène chaque jour avec les MEP pour développer, soutenir et mettre en avant des projets qui valorise le savoir-faire des Karens et leur permettre d’en vivre, a ce nouveau projet à Ponouaypou en tête depuis un moment et nous nous sommes donc dit que ces deux courses pourraient être l’occasion de donner un petit coup de boost au lancement !

Je vous fais donc ici un petit bilan à mi-chemin : le premier triathlon a eu lieu la semaine dernière et c’est très bien déroulé. La Moselle où nous devions nager était malheureusement inondée et les 2km de natation ont donc été remplacés par 5km de course à pieds : pas de chance, ce ne sera pas un « vrai » triathlon mais ça fait d’autant plus mal aux jambes et des kilomètres en plus ! Sur le vélo, le temps était capricieux, avec des grosses averses de grêle ce qui motive pour terminer les 90km en moins de 3h… Le semi-marathon final, pas mal redouté car la fatigue s’accumule et les jambes sont lourdes après le vélo, s’est bien déroulé sous un temps enfin clément : j’avais encore de la ressource pour doubler tous ceux qui avaient trop forcé sur le vélo ! Je fais le malin mais vous pouvez voir sur les photos avant et après la course (avec le t-shirt TK bien évidemment) qui montrent qu’il ne restait pas trop de ressources à la fin quand même…

Le 6 août ce sera direction Londres pour le plus grand triathlon au monde avec plus de 10,000 participants. Cette fois-ci ce sera un olympique (1.5km de natation, 40km de vélo, 10km de course), donc plus court mais aussi plus intense. Cela vous laisse le temps de faire un don sur la page HelloAsso du projet, ou bien de la partager avec vos amis et famille si vous nous avez déjà soutenus, pendant que moi je retourne m’entraîner pour continuer à porter fièrement les couleurs Karens !

« Tableu dodo » et à bientôt « 

Florian

Va et vient au fil du tissage et de la vie.

— par Thaïs & Clément, volontaire MEP pour Terres Karens à Maesot –

Faire son sac, partir, être accueillis, rencontrer des gens, vivre, rire, remercier, rentrer, défaire son sac, faire la lessive, être à deux, puis refaire son sac et repartir…

Telle est notre vie de ces dernières semaines avec 5 voyages et 70h de transport en bus, songtéo, motos, benne de pickup, tuktuk… ! Voilà un petit récapitulatif qui vous fera sans doute bien voyager ! Photos en fin d’article !

Après un petit séjour à Maewoei […] nous avons pris un bus longue distance pour Savannakhet, au Laos pour refaire nos visas. 30h de voyage aller-retour, 47°C ambiants, une nuit sur place chez un prêtre ami des MEP, de longues files d’attente au soleil, et un bon repas français, c’est ce qu’il faut pour valider nos 3 prochains mois au Royaume du Siam !

Après un repos bien mérité, nous voilà repartis pour… Ponouaypou ! Petit village Karen à 3 heures au nord de Maesot, avec un centre pour enfants sous la responsabilité d’un autre volontaire MEP, 3 sœurs de Maepon (une congrégation karen), une petite église en haut de la colline, et un prêtre MEP ! Un autre petit paradis où nous sommes accueillis comme des rois. Mais nous ne venons pas que pour profiter du paysage et des habitants ! C’est en effet Terres Karens qui nous envoie ici pour un nouveau projet : la mise en place d’une nouvelle activité de tissage pour l’association. Le challenge est grand, et les bénéfices humains encore plus ! Les femmes karens apprennent le tissage de mère en fille et notre but est le même qu’a Maewoei : Permettre aux femmes de rester dans leur village tout en gagnant leur vie sans avoir besoin de partir travailler en ville, tout en préservant le savoir-faire traditionnel. Nous voilà donc dans un nouveau village, avec 3 mots de karens, nos bobines de fils, toute notre volonté et surtout avec Pierre-Yves, ancien volontaire qui connait bien le village et la langue karen. Nous sommes donc allés chez Héprémo, une tisserande douée qui a l’habitude de travailler avec des blancs. C’est elle qui parlera du projet dans le village et qui mènera l’entreprise de l’intérieur. Une fois le fil et les explications données, nous lui donnons rendez vous 10 jours plus tard.

Le week-end dernier, nous avons donc refait nos sacs et nous sommes repartis pour Ponou, avec du nouveau fil et de l’argent pour payer la tisserande. Cette fois-ci, nous étions seuls avec les karens, personne pour traduire ! Nous avions donc appris quelques mots et les nombres en karens… ! Le rendez-vous était donné à Héprémo à la sortie de la messe. Dimanche matin, petite appréhension, et si elle ne venait pas ? Et si le contact ne passait pas, et si on n’arrivait pas à se comprendre ?

Mais elle est bien venue et après la messe, la transaction s’est transformée en effusion karen, toutes les femmes et les sœurs ont regardé le lé tissé avec nous, et il était parfait ! Un joli T226 d’une couleur vert-émeraude ! Nous avons donc payé la tisserande et amené les nouveaux fils : Deux autres tisserandes ont accepté de tisser pour nous et ont pris des pelotes que nous avions préparées. Héprémo a joué son rôle à merveille et leur a expliqué nos exigences et nos prix. Tout le monde s’est bien compris, dans un mélange de karen, de thaï, d’anglais et de français… Au fond, il ne pouvait pas en être autrement un dimanche de Pentecôte ! Nous repartons alors le cœur en joie, avec le premier lé de Pounouaypou, et 6 autres commandés ! Une nouvelle aventure commence pour Terres Karens qui soutient le projet, et pour nous qui allons aller toutes les semaines acheter des lés tissés, distribuer du fil à des tisserandes, et nouer des liens avec elles ! Avant de rentrer à Maesot, nous sommes allés cueillir des mangues dans le jardin du centre : bien jaune et gorgées de soleil, nous en avons emporté une belle quinzaine avec nous, de quoi tenir la semaine !

Visite des projets de Terres Karens en Thaïlande – suite

— par Pierre-Yves, membre de Terres Karens —

Après une semaine entre Mae Sot et Mae Woei pour visiter les projets de Terres Karens, je me dirige vers Ponouaypou le samedi 30 avril. Je fais un rapide passage à Mae Tan pour y visiter le chantier d’un nouveau centre, auquel Terres Karens apporte son soutien.

Ponouaypou est un petit village karen où j’ai effectué mon volontariat avec les MEP en 2011-2012. Il faut quitter la route principale 15 minutes avant d’arriver à Mae Tan en descendant de Mae Woei. La piste s’élance, bordée de nombreuses maisons de Karens ayant fui la guerre en Birmanie et installés depuis une quinzaine d’années. Je croise un premier pick-up qui me prend dans sa benne. La route descendant donne cette impression que l’on s’enfonce toujours plus profondément dans la montagne. La voiture me dépose un peu avant le village, aux premières habitations avant de prendre un autre chemin. Je continue ma route à pied avant d’être dépassé pars un second pick-up. Le conducteur me lance de grands « Hello! Where are you going ? ». Il me dépose ensuite devant le pensionnat de Ponouaypou, de l’autre côté du village, un peu à l’écart. Ce pensionnat, une ancienne école d’agriculture, accueille aujourd’hui sur un grand terrain et dans de magnifiques bâtiments, une vingtaine de jeunes élèves de primaires et de collégiens, issus de villages de montagne souvent sans école. Ils suivent leurs cours à l’école primaire du village puis au collège de Mae Tan, à 25 min en voiture. A Ponouaypou, mon objectif est de rencontrer de potentielles tisserandes et d’amorcer une nouvelle coopérative. Oui, rien que ça !

Le dimanche soir, je visite Héprémo (oui, il est normal que ce nom vous dise quelque chose, c’est le nom donné à une de nos pochettes). Héprémo est une amie. Elle à 4 grands enfants, et quand j’étais volontaire à Ponouaypou elle enseignait la couture dans un atelier que je gérais. Nous nous connaissons bien et après de belles retrouvailles je lui parle du tissage. Originaire de Mae Woei elle a cependant suivi son mari dans son village natal (ce qui ne se fait pas, en règle générale, chez les Karens, société matrilinéaire dans laquelle les hommes viennent habiter chez leurs femmes). Elle connait donc le projet de Terres Karens à Mae Woei. Rapidement elle se montre enthousiaste à l’idée de tisser. Je lui demande alors de réfléchir à quatre de ses amies qui pourraient répondre à une première commande de la part de la coopérative.

Je suis rejoint le lundi par Thaïs, Clément (volontaires pour Terres Karens à Maesot), Jean (volontaire de Mae Woei), et Guillaume, (nouveau volontaire pour Ponouaypou). L’après-midi, c’est réunion Terres Karens Thaïlande. Après un rapide résumé à Jean de nos précédents travaux avec Thaïs et Clément, nous passons en revue les derniers points : comptabilités, indépendance du projets, formation de la gérante de la coopérative et de l’atelier de couture. Un beau moment de travail. Il est décidé que Thaïs & Clément suivront le lancement du tissage à Ponouaypou.

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Le lendemain matin, nous allons à la rencontre d’Héprémo pour faire les présentations. Elle nous montre le stock de chemises et jupes karens qu’elles tissent sans pouvoir les vendre et les écouler rapidement. Elle se plaint aussi de son fil de mauvaise qualité. Nous lui réexpliquons le projet. Le soir-même je lui passerai la première commande. Finalement pour cette première, elle ne tissera qu’avec sa belle-sœur, n’ayant pu rencontrer les autres potentielles tisserandes. Nous avons en effet décidé de commencer petit et de développer au fur et à mesure cette nouvelle structure.

Je m’offre deux jours de vacances dans un village un peu perdu, Takodei, chez des amis. Le soir, en haut de cette montagne, regardant tisser les jeunes mariées de l’année comme les grands-mères, j’imagine le jour où nous pourrons aussi proposer de l’emploi dans ce village très reculé. Il y a encore beaucoup de travail et de belles perspectives !

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Vendredi je redescends à Mae Sot chez Thaïs & Clément. Dernière réunion puis je rends visite à Cynthia. Cynthia est une Karen. Elle habite à Mae Sot et a un petit commerce d’artisanat local de son ethnie. Elle est partie avec Terres Karens aux USA l’été dernier représenter l’artisanat karen au marché de l’IFAA. Partenaire de Terres Karens, elle revend sur Mae Sot des produits issus de la coopérative de tisserandes et de l’atelier de couture de Mae Woei. Nous vous en reparlons très bientôt. Elle nous fait découvrir les différences de tissages entre les groupes et les sous-groupes karens, et nous explique que le tissage de Mae Woei a quelque chose de particulier que ceux des autres villages n’ont pas.

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Le magasin de Cynthia, à Mae Sot

Le départ s’annonce pour Bangkok puis Paris avec plein d’images en tête. C’est toujours une grande joie de partager des moments avec les Karens, et donc forcément c’est avec un petit (énorme) pincement au cœur que l’on rentre en France (où nous vous donnons rendez-vous le 21 mai pour une nouvelle vente. L’occasion d’échanger directement avec vous sur les projets !!!)

Visite des projets de Terres Karens en Thaïlande

— par Pierre-Yves, membre de Terres Karens —

Arrivé le vendredi 22 avril au soir à Bangkok, je saute dans un taxi, traverse la cité des anges, pour attraper mon bus de nuit, direction Mae Sot. Le bureau m’a missionné pour visiter les projets de Terres Karens en Thaïlande et accompagner le lancement de nouveaux défis ! Deux semaines avec un programme bien ficelé ! J’arrive à 5h00 du matin à Mae Sot chez Thaïs et Clément, volontaires MEP et responsables de Terres Karens en Thaïlande.

Après une fin de nuit bien méritée, nous passons en revue l’ensemble des projets de l’association. Tout y passe : fiche de poste, comptabilité, processus, communication interne. Nous essayons d’identifier tous les problèmes comme les bonnes pratiques. L’après-midi, la chaleur nous oblige, si nous voulons être productifs, à aller travailler dans un café climatisé, avec pour seule boisson un grand café glacé ! Nous y parlons projets pour Terres Karens, et pour les Karens surtout. Projets dont, j’espère, nous pourrons vous parler très rapidement.

Lundi matin, après nous être mis d’accord sur nos objectifs à court et moyen terme et après avoir distribué les tâches à réaliser, je pars en songthaew (transport local, deux bancs à l’arrière d’un pick-up) pour rejoindre le village de Mae Woei, village des projets pilotes de la coopérative et de l’atelier de couture. Arrivé à Mae Tan, je trouve une voiture pour Mae Woei. J’y serai le soir même, avec plus de 200km de voiture derrière moi.

Commence alors une petite semaine de travail avec les couturières et les tisserandes.Ma première surprise est la maison de Sémouklémo. Sémouklémo est une des premières couturières de l’atelier de couture. Seule avec sa fille, abandonnée sans un sous par son mari, elle vivait jusqu’alors dans une toute petite cabane de bambou. Aujourd’hui, grâce à ses économies réalisées en travaillant à l’atelier de couture, elle a pu se payer une nouvelle maison, plus grande et plus résistante aux intempéries, et même un cochon, signe significatif de richesse chez les Karens.

Je retrouve Lily, ancienne volontaire MEP à Mae Woei pour notre projet, et styliste de Terres Karens (vous lui devez, entre autres, la trousse Olouti, ou encore le sac qui porte son nom karen, le sac Nauporé). Elle est arrivée il y a une semaine pour travailler sur de nouveaux produits et enseigner de nouvelles techniques aux couturières. Ses dernières sont ravies de (re)travailler avec elle. C’est beau d’observer la grande complicité qu’elle a avec chacune. Le bruit des machines à coudre à pédale est mêlé désormais à de grands éclats de rires. Les nouveaux produits seront disponibles en France en fin d’année et vous pourrez être assurés qu’ils ont été cousu dans un atelier débordant de joie. Très motivées pour apprendre à faire de nouveaux produits et acquérir de nouvelles techniques, les couturières ont même demandé à faire des heures supplémentaires plusieurs jours par semaine ! Nous avons hâte de vous présenter leur travail !

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Le mardi après-midi, je fais le point avec la responsable de la coopérative et de l’atelier de couture, une jeune maman, Philipmo qui travaille pour les projets de Terres Karens depuis maintenant 4 ans ! Toujours aussi motivée, elle se démène pour mener vie de famille et travail, ce qui ne l’empêche pas d’être pro-active et de proposer de nouvelles pistes de développement des projets qu’elle administre. Elle continue ses études, plusieurs week-end par an.

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Si le nombre de tisserandes régulières semble avoir un peu diminué, il semble être un signe que le besoin d’argent a diminué dans le village. Un rythme de croisière s’est installé et le projet fonctionne bien. L’indépendance recherchée approche, même si la présence d’un volontaire est toujours nécessaire. Cela nous permet de nous concentrer sur le développement de structures identiques dans des villages demandeurs et dans le besoin. Développement qui occupera la deuxième partie de mon déplacement.

Ici la saison chaude est à son paroxysme. Les premières pluies se font attendre, mais cela nous permet de justifier si il le fallait, de longues baignades en fin d’après-midi, baignade bien méritée par des journées de travail sous plus de 40°c.

Les grandes vacances se finissent tout doucement et les professeurs des écoles de montagnes viennent de passer quatre jours à préparer la rentrée et les objectifs de l’année.

Les enfants des couturières profitent de ce temps de vacances pour passer du temps à l’atelier et observent, attentifs, leurs « Mohmoh » travailler.

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Retour d’un volontaire à Mae Woei Clo deux ans après …

—- par Florian, ancien volontaire MEP —-

J’ai été volontaire MEP avec l’association Terres Karens dans le village de Mae Woei il y a deux ans. Expérience évidemment marquante s’il en est ! Le hasard des études et du début de la vie professionnelle m’ont donné l’opportunité d’effectuer un long voyage en Asie du sud-est récemment, l’occasion rêvée pour moi de refaire un petit passage dans mon village préféré.

Deux ans plus tard, ce retour se résume pour moi en deux mots : désemparement et espoir.

Désemparement, car plusieurs aspects de la vie et de la situation des Karens dans cette région sont toujours préoccupants et parfois révoltants. L’accès aux soins est toujours difficile pour les villages les plus reculés. Lors de mon passage chez les Filles de La Croix à Mae Tan – qui effectuent un travail extraordinaire auprès des villages de montagne alentour, je croise un homme atteint de la lèpre suivi depuis peu par Sœur Diane. Maladie d’un autre siècle pour nous français… Et pourtant, visiblement cela faisait trois ans qu’il était atteint et que l’hôpital de Mae Tan était incapable de le diagnostiquer et donc de le soigner en conséquence. La maladie a bien sûr eu le temps de progresser, jusqu’à atteindre un stade dramatique récemment, ce qui a nécessité toute l’efficacité des Sœurs et de leurs connaissances sur place pour réagir et tenter d’engendrer rapidement la progression de la maladie. La route est donc encore longue pour garantir des soins dignes de ce nom dans la région.

Désemparement encore, car l’accès à l’éducation et la possibilité d’étudier sont toujours un combat de tous les jours à cause de la difficulté à fournir aux enfants des montagnes les moyens d’étudier. Par exemple, il y aurait besoin de construire un centre d’hébergement à Mae Tan pour accueillir les jeunes villageois et ainsi leur permettre d’étudier dans les collèges et lycées de la ville. Sans cette capacité d’hébergement, les jeunes sont bien souvent obligés de stopper leurs études après la dernière année représentant le minimum légal (équivalent de la 3e chez nous). Un tel centre a bien évidemment un coût et pour le moment les ressources manquent.

Désemparement toujours, car malgré la bonne volonté, de l’intelligence dans la direction des projets, une connaissance des besoins locaux et une vraie efficacité, il n’est pas toujours facile de mener à bien ou de maintenir certains développements. Concrètement, l’Etat Thaï met parfois quelques bâtons dans les roues ou tente de récupérer à son profit des initiatives pour faire un peu de démagogie et montrer les effets de ses politiques de développement. Ce n’est pas plus le grave, mais il y a déjà tant à faire pour ne pas en plus perdre du temps en soucis administratifs.

Dans le même temps, ce retour m’a aussi rempli d’espoir car en seulement deux ans beaucoup de belles choses se sont produites et de nets changements sont à relever, notamment à Mae Woei. Tout d’abord, la coopérative Terres Karens s’est nettement développée. Il y a désormais des couturières supplémentaires et leur niveau technique et leur efficacité se sont nettement améliorés. Cela permet de réaliser plus de produits sur place au lieu de les faire produire dans d’autres ateliers, et le « débit » de production est plus élevé ce qui fait que les volontaires se retrouvent même parfois en pénurie de lés pour confectionner les produits ! Cela est d’une certaine façon problématique, mais c’était pour moi une grande surprise, plutôt positive, car à l’époque de ma mission, le rythme de tissage dépassait largement la demande de produits et la capacité de production de l’atelier, et nous étions débordés par les rachats de lés qui s’accumulaient. Cela n’était pas pérenne et nous avions parfois l’impression d’acheter les lés par charité, sans réel sens économique. De cette façon, je pense que le projet s’est pérennisé et équilibré. Ensuite, des panneaux solaires ont été posés sur les bâtiments de la coopérative, ce qui facilite la vie des volontaires pour la gestion qui se fait essentiellement sur ordinateur.

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De plus, grâce à un formidable effort de démarchage, un projet de petite centrale hydroélectrique alimentée par une rivière alentour est à l’étude avec une entreprise française et une ONG américaine. Le projet est en bonne voie et il permettra à terme d’alimenter le village pour améliorer les conditions de vie mais aussi, sans doute, des machines à coudre électriques pour la coopérative, ce qui fera encore progresser la qualité et la quantité de confection (et oui, pour rappel tout est encore fait à la force du mollet à Mae Woei, avec un petit plateau sur lequel on « pédale » pour faire tourner les vieilles Singer d’une autre époque !).

Enfin, pour le village en général, notamment grâce à la présence d’Enfants du Mékong, l’école fonctionne toujours bien : les enfants y suivent le début de leur scolarité avec des professeurs de Mae Woei avant d’aller la poursuivre en ville. Le pensionnat de l’école permet également l’accès à cette chance aux enfants de villages autour de Mae Woei.

J’ai également été personnellement touché, car Semouklemo, une couturière que j’adorais particulièrement pour sa gentillesse et sa joie de vivre, a enfin pu faire construire une maison décente grâce à son salaire Terres Karens. Vivant seule avec sa fille depuis le départ de son mari, elles partageaient un taudis en bambou à peine vivable. Elles ont désormais une petite maison qui, même si elle reste modeste même au regard des standards karens, offre un peu plus de confort et surtout de sécurité et de salubrité. Une belle illustration d’impact positif concret du projet qui encourage à continuer de le soutenir !

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Comme toujours, il y a beaucoup de joie à voir les rires et les sourires des villageois, toujours aussi chaleureux et accueillants, qui vous offrent souvent le peu qu’ils ont et vous font partager des moments qui semblent faire tomber toutes les barrières de langue, de culture et de tradition. Les Karens sont définitivement des personnes qui méritent notre attention, notre soutien et notre amour.

Continuez donc à soutenir Terres Karens et Enfants du Mékong ! L’impact sur place est réel car les projets sont ancrés dans la vie locale, voués à donner les clés de leur propre réussite aux villageois, respectueux du mode de vie et des traditions karens et porteurs d’avenir pour les enfants. Mais les besoins sont toujours bien présents, donc pas le temps de se reposer sur ses lauriers. Finalement, le désemparement doit laisser la place au goût du défi pour nous pousser à agir toujours et à aider autour de nous ceux qui en ont besoin !

Entretien avec Edouard, de retour de 3 mois en Thaïlande

Edouard Amayon a passé l’été 2015 en mission comme volontaire MEP au sein du village de Mae Woei Clo, en Thaïlande, il était alors le principal gestionnaire de l’association Terres Karens, à la source de notre projet : le tissage des femP1230623mes Karens.

  • Quel était le fonctionnement de ta mission à Mae Woei ?

La Mission se situe au nord de la Thaïlande à la frontière Bimane. C’est après 1h de piste à travers la jungle que l’on découvre le petit village de Mae Woei Clo, perdu entre deux montagnes. Ma mission de 3 mois était la gestion de la coopérative de tissus. Cela comprend plusieurs volets : le premier est la gestion d’un magasin de fil où l’on vend du fil acrylique, coton ou des pelotes de laine aux femmes du village et de la vallée. J’avais ensuite la charge d’une cinquantaine de tisserandes à qui je demandais des tissus spécifiques chaque dimanche et à qui je rachetais les tissus. Enfin, l’atelier de couture de Mae Woei comprend quatre couturières et une responsable de l’atelier de couture. Je leur donnais régulièrement les consignes de production (tapis de bain, trousse de toilette) ainsi que les tissus correspondants.

  • Comment résumerais-tu l’impact de Terres Karens dans les villages alentours ?

L’association Terres Karens sert indéniablement au développement économique dans une région du monde très pauvre. Je pense notamment à Seimoucleimo, une des couturières, qui a pu financer sa « maison », c’est à dire 4 planches de bois mises bouts à bouts sur pilotis, grâce à l’atelier de couture. Outre l’aspect financier, l’association permet également de perpétrer un savoir-faire ancestral de la région : le tissage.

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  • Que définirais-tu comme « ta plus belle rencontre » au cours de ton séjour ?

Il est difficile de nommer « la » plus belle rencontre tellement le cadre extraordinaire, au sens premier du mot, vous amène à faire de belles rencontres. J’en citerai néanmoins deux : la première est celle de Tchi-Tchi, un enfant du pensionnat qui m’a tout de suite accueilli, à peine arrivé au village et que j’ai pris rapidement en affection. Malgré la barrière de la langue, nous avons partagé de beaux moments à travers des balades dans les rizières, des parties de foot ou encore de mikado et de uno.

La seconde est celle de mes voisins, Tchrissamo et Tchrissapa, qui bien qu’ayant un fort penchant pour l’alcool, sont des gens bienveillants avec un réel souci de l’accueil. Très peu de temps après mon installation au village, ils m’ont invité chez eux et m’ont demandé de les considérer comme mes parents karens. C’est avec eux que j’ai passé des soirées interminables, que j’allais pêché, et que j’ai fêté la fête des mères selon un cérémonial très spécifique.

  • Quel lien penses-tu garder avec Terres Karens maintenant que tu es de retour ?

Le lien que je garderai avec TK est celui de la prière pour les volontaires qui, en France, consacrent énormément de temps à cette association ainsi que pour les Karens du village de Mae Woei qui vivent à l’autre bout du monde et dont les visages resterons gravés dans ma mémoire.

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